Une facture d’auto-entrepreneur obéit à des règles précises, et l’oubli d’une seule mention peut la rendre contestable. Ce modèle gratuit les contient toutes, il ne vous reste qu’à remplir vos informations.
Téléchargez-le au format qui vous arrange, Word, Excel, PDF ou Google Docs, et servez-vous en autant de fois que nécessaire.
L’administration décrit cinq blocs d’informations. Ils sont tous nécessaires, et le modèle les reprend dans l’ordre.
Votre nom, précédé ou suivi immédiatement des mots « entrepreneur individuel » ou des initiales « EI ». Cette mention est obligatoire depuis la réforme du statut d’entrepreneur individuel. Ajoutez votre nom commercial si vous en avez un, votre adresse professionnelle, votre téléphone, votre adresse électronique, votre site internet le cas échéant, et votre numéro SIRET.
Deux compléments selon votre activité. Si vous êtes commerçant, indiquez votre numéro RCS suivi de la ville du greffe d’immatriculation. Si vous êtes artisan, indiquez votre numéro au répertoire des métiers et votre département d’immatriculation.
Son nom ou sa raison sociale, et son adresse. Pour un client professionnel, la raison sociale exacte compte : c’est elle qui figurera dans sa comptabilité.
La date d’émission, et un numéro. Ce numéro doit suivre une séquence chronologique continue, sans trou et sans doublon. Un format courant combine l’année, le mois et le rang dans le mois, par exemple 20260901 puis 20260902.
La désignation précise des produits vendus ou des prestations réalisées, la quantité, le prix unitaire, le prix total hors taxes, la date d’exécution de la vente ou de la prestation, la date de règlement et le montant total hors taxes.
Puis, selon votre situation au regard de la TVA, soit le montant de TVA due si vous y êtes redevable, soit la mention exacte « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » si vous relevez de la franchise en base.
Vous pouvez également indiquer le taux des pénalités de retard et la date à partir de laquelle elles s’appliquent, ainsi que les conditions d’escompte en cas de paiement anticipé. Si vous n’en accordez pas, la mention « Néant » convient.
Si vous exercez une activité artisanale pour laquelle une assurance est obligatoire, garantie décennale pour les artisans du bâtiment ou responsabilité civile professionnelle, vous devez mentionner votre assureur ou votre garant, ainsi que la couverture géographique du contrat.
Tant que vous relevez de la franchise en base, vous ne facturez pas de TVA et vous ne la récupérez pas. Votre facture affiche des montants hors taxes uniquement, et porte la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ».
Deux précautions valent d’être rappelées. La première est de reprendre la formulation telle quelle : une reformulation approximative fait perdre à la mention sa valeur. La seconde est de surveiller vos seuils, car le dépassement fait basculer votre facturation en cours d’année. À partir de ce basculement, vos factures doivent faire apparaître le taux et le montant de la TVA, et la mention 293 B disparaît.
Deux habitudes posent problème lors d’un contrôle : repartir de 1 chaque année sans préfixe, et sauter un numéro quand une facture est annulée.
La séquence doit être continue. Une facture émise par erreur ne se supprime pas, elle s’annule par une facture d’avoir qui reprend ses références. Le numéro reste consommé, et la chronologie reste lisible.
Repartir de 1 au 1er janvier est possible à condition d’utiliser un préfixe d’année, par exemple 2026-001. Ce qui compte est qu’aucun numéro ne manque à l’intérieur d’une même série.
La réforme concerne aussi les auto-entrepreneurs, et son calendrier se déroule en deux temps.
Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises, y compris les plus petites, doivent être en mesure de recevoir leurs factures sous forme électronique dès lors que leur fournisseur est tenu de les émettre sous ce format.
À compter du 1er septembre 2027, l’obligation d’émettre ses factures au format électronique s’étendra aux petites et moyennes entreprises ainsi qu’aux microentreprises.
Concrètement, un modèle Word ou Excel reste parfaitement valable aujourd’hui pour émettre. Il ne le sera plus lorsque l’obligation d’émission vous concernera, car une facture électronique au sens de la réforme est un fichier structuré, transmis par une plateforme agréée, et non un document mis en forme puis exporté en PDF.
Deux ressources pour anticiper : le simulateur vous indique en quelques questions ce qui s’applique à votre situation et à quelle date, et l’article consacré à Peppol explique le réseau par lequel ces factures circuleront.
Oublier la mention « EI ». Elle est obligatoire depuis la réforme du statut d’entrepreneur individuel, et son absence est le manquement le plus courant sur les factures que l’on voit circuler.
Confondre date d’émission et date d’exécution. Les deux doivent figurer. La première est celle où vous établissez le document, la seconde celle où la prestation a été réalisée ou la vente conclue.
Facturer sans SIRET. Une facture sans numéro SIRET est incomplète, et un client professionnel peut légitimement la refuser.
Écrire un montant TTC en franchise en base. Si vous ne facturez pas de TVA, il n’y a pas de TTC. Afficher un total TTC égal au total HT sème le doute chez le client et son comptable.
Ne pas conserver ses factures. Le double de chaque facture émise doit être conservé, et cette obligation ne dépend ni de votre chiffre d’affaires ni de votre statut fiscal.
Le fichier est structuré en quatre zones, dans l’ordre où un client les lit.
L’en-tête regroupe vos coordonnées complètes, la mention « EI », votre SIRET et, selon votre activité, votre numéro RCS ou votre numéro au répertoire des métiers. Vous le remplissez une fois, il ne bouge plus ensuite.
Le bloc client reçoit la raison sociale et l’adresse du destinataire, ainsi que la date d’émission et le numéro de facture.
Le tableau des lignes accueille la désignation, la quantité, le prix unitaire et le total hors taxes, une ligne par produit ou par prestation.
Le pied de page porte le total, la mention de TVA applicable à votre situation, les conditions de règlement, les pénalités de retard et l’escompte, ainsi que les informations d’assurance lorsqu’elles sont exigées.
Trois conseils tirés de ce qui fait perdre du temps aux indépendants.
Faites-vous une version de base. Remplissez une fois l’en-tête et le pied de page, puis enregistrez ce fichier comme votre gabarit. Chaque nouvelle facture part de cette copie, ce qui supprime le risque d’oublier une mention.
Tenez un registre de vos numéros. Un simple onglet ou une feuille listant numéro, date, client et montant vous évite les doublons et les trous dans la séquence. C’est aussi ce que l’on vous demandera en cas de contrôle.
Envoyez en PDF, jamais en fichier modifiable. Un document Word ou Excel transmis tel quel peut être altéré après envoi, volontairement ou non. L’export PDF fige le contenu et facilite l’archivage des deux côtés.
Quand le volume augmente, le modèle atteint sa limite : la numérotation devient difficile à tenir à la main, les relances se perdent et le suivi des paiements repose sur la mémoire. C’est le moment de passer à un outil qui numérote, archive et relance à votre place.
Puis-je facturer sans être immatriculé ? Non. Le numéro SIRET est une mention obligatoire, et il suppose une immatriculation préalable.
Dois-je facturer un particulier comme un professionnel ? Les mentions obligatoires sont les mêmes. La différence porte sur la remise du document, qui est systématique pour un professionnel et conditionnée au montant ou à la demande pour un particulier.
Que faire si je me suis trompé sur une facture déjà envoyée ? Vous établissez une facture d’avoir qui annule tout ou partie de la première, en reprenant ses références, puis vous émettez une nouvelle facture correcte. On ne modifie pas une facture déjà transmise.
Le modèle convient-il si je dépasse le seuil de la franchise ? Oui, il suffit de remplacer la mention 293 B par les lignes de TVA, taux et montant. Le reste de la structure ne change pas.
Ce modèle est-il valable pour un artisan ? Oui, en ajoutant le numéro au répertoire des métiers, le département d’immatriculation et, si votre activité l’exige, les informations d’assurance professionnelle.
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