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Mise en demeure de payer : quand l’envoyer, modèle et suites

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La mise en demeure est le dernier acte amiable avant la procédure judiciaire, et le point de départ des intérêts moratoires. Voici quand l’envoyer, ce qu’elle doit contenir et un modèle complet.

La relance amiable, qu’elle soit par e-mail, par courrier simple ou par téléphone, vise à maintenir la relation commerciale et à obtenir le paiement sans formalisme. Elle ne génère aucune conséquence légale automatique. La mise en demeure, elle, marque le passage d’une démarche commerciale à une démarche juridique. Elle constitue la dernière étape du recouvrement amiable avant la saisine d’un tribunal.

Concrètement, pour qu’une mise en demeure soit valable, la créance doit remplir trois conditions cumulatives :

  • Être certaine : la dette ne peut pas être raisonnablement contestée.
  • Être liquide : son montant est déterminé ou déterminable.
  • Être exigible : le délai de paiement prévu est dépassé.

Par ailleurs, si votre client a fait l’objet d’une procédure collective (redressement ou liquidation judiciaire), la mise en demeure ne s’applique plus : vous devez déclarer votre créance auprès du mandataire judiciaire dans les délais légaux.

À quel moment envoyer une mise en demeure dans le parcours de recouvrement

La mise en demeure ne s’envoie pas à la première minute de retard. Elle intervient après un cycle de relances amiables resté sans résultat. En pratique, le parcours de recouvrement recommandé pour une TPE ou une PME suit cette séquence :

  • Première relance, quelques jours après l’échéance : un e-mail courtois rappelant la facture impayée et son montant.
  • Deuxième relance, plus ferme, une à deux semaines après : mention explicite des pénalités de retard et de l’indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 euros prévue par la loi pour tout retard entre professionnels.
  • Troisième relance, téléphonique ou écrite, si les deux premières sont restées sans réponse ou sans paiement effectif.
  • Mise en demeure, lorsque le client ne réagit pas, multiplie les promesses non tenues ou adopte une attitude dilatoire.

Il n’existe pas de délai légal imposé entre la fin du délai de paiement et l’envoi de la mise en demeure. Toutefois, envoyer une mise en demeure dès le premier jour de retard serait perçu comme disproportionné et pourrait nuire à votre position en cas de litige. À l’inverse, attendre plusieurs mois fragilise votre créance et rapproche inutilement du délai de prescription.

Un cas particulier mérite attention : si vous avez des informations sérieuses sur les difficultés financières de votre client (retards répétés sur d’autres factures, rumeurs de procédure collective imminente), il peut être stratégique d’envoyer la mise en demeure plus tôt, pour vous positionner rapidement comme créancier actif.

Les effets juridiques de la mise en demeure

La mise en demeure produit plusieurs effets juridiques qui la rendent indispensable dans toute stratégie de recouvrement.

Le point de départ des intérêts moratoires

Selon l’article 1344-1 du Code civil, la mise en demeure fait courir les intérêts moratoires lorsque ceux-ci n’étaient pas déjà dus de plein droit. Autrement dit, si votre contrat ou votre facture ne prévoit pas de clause de pénalités de retard automatiques à l’échéance, c’est la réception de la mise en demeure qui déclenche le calcul des intérêts. Cette date est donc précieuse : elle est attestée par l’accusé de réception de votre lettre recommandée.

La preuve de la réclamation et de la tentative amiable

La mise en demeure constitue la preuve que vous avez formellement réclamé le paiement et tenté de résoudre le litige à l’amiable avant de saisir un tribunal. Les juges apprécient cette démarche et la considèrent comme un gage de bonne foi du créancier. Sans elle, votre action judiciaire peut être fragilisée ou retardée.

La caractérisation officielle du retard

En recevant la mise en demeure, le débiteur ne peut plus prétendre ignorer sa dette ou invoquer un simple oubli. L’acte documente officiellement sa connaissance de l’obligation et son refus ou sa négligence à s’exécuter. Cette preuve peut s’avérer décisive devant le tribunal.

L’activation de certaines clauses contractuelles

Si votre contrat contient une clause résolutoire, la mise en demeure restée sans réponse peut permettre de mettre fin au contrat de plein droit. Elle est également le préalable nécessaire pour réclamer des dommages et intérêts au titre de l’inexécution contractuelle.

Les mentions indispensables pour qu’une mise en demeure soit valable

Une mise en demeure mal rédigée peut être contestée sur la forme et perdre une partie de sa portée juridique. Voici les mentions obligatoires à inclure systématiquement :

Mention Détail et importance
Identité complète du créancier Raison sociale, adresse du siège social, numéro SIREN. Permet d’identifier sans ambiguïté l’expéditeur et de donner une base légale à la démarche.
Identité complète du débiteur Raison sociale ou nom et prénom, adresse complète. L’erreur d’adresse peut invalider la signification.
Références des factures impayées Numéro de facture, date d’émission, date d’échéance. Ces références permettent d’identifier précisément la créance et d’éviter toute contestation sur l’objet de la demande.
Montant total dû Principal, intérêts de retard éventuels, indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 euros en B2B. Le montant doit être chiffré avec précision, en chiffres et en lettres.
Délai imparti pour payer Délai raisonnable, généralement 8 à 15 jours après réception. Il doit être précis et non vague.
Mention expresse « mise en demeure » L’expression doit figurer explicitement dans l’objet ou le corps de la lettre. Elle lève toute ambiguïté sur la nature et la portée juridique du courrier.
Conséquences en cas de non-paiement Mention de l’intention d’engager une procédure judiciaire à l’expiration du délai. Cela renforce le caractère dissuasif de l’acte.
Date et signature Date de rédaction et signature manuscrite du créancier ou de son représentant légal. Sans signature, la lettre peut être contestée.

Modèle de lettre de mise en demeure de payer

Voici un modèle complet, rédigé intégralement, que vous pouvez adapter à votre situation. Remplacez les éléments entre crochets par vos informations réelles.

[Raison sociale du créancier]

[Adresse du siège social]

[Code postal, Ville]

[Numéro SIREN]

[Raison sociale ou Nom Prénom du débiteur]

[Adresse complète du débiteur]

[Code postal, Ville]

[Ville], le [date]

Objet : Mise en demeure de payer

Envoi par lettre recommandée avec accusé de réception

Madame, Monsieur,

Malgré nos relances en date du [date de la première relance] et du [date de la deuxième relance], nous constatons qu’à ce jour la somme de [montant en chiffres] euros ([montant en lettres] euros) correspondant à la facture n° [numéro de facture] du [date d’émission], échue le [date d’échéance], demeure impayée.

Par la présente, nous vous mettons formellement en demeure de nous régler la somme totale de [montant en chiffres] euros ([montant en lettres] euros), comprenant le principal de la facture susmentionnée, les intérêts de retard au taux légal en vigueur à compter de la réception du présent courrier en application de l’article 1344-1 du Code civil, ainsi que l’indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 euros prévue par l’article D. 441-5 du Code de commerce.

Vous disposez d’un délai de [8 ou 15] jours à compter de la réception de la présente lettre pour procéder au règlement intégral de cette somme par virement bancaire sur le compte suivant : [coordonnées bancaires].

À défaut de paiement dans ce délai, nous nous verrons contraints de saisir la juridiction compétente afin d’obtenir le recouvrement forcé de notre créance, sans autre avertissement préalable. Les frais de procédure seront alors mis à votre charge.

Nous demeurons néanmoins ouverts à tout échange amiable permettant de trouver une solution adaptée à votre situation.

Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de nos salutations distinguées.

[Nom, prénom et qualité du signataire]

[Signature manuscrite]

Comment envoyer une mise en demeure et pourquoi la preuve d’envoi est décisive

Le mode d’envoi de la mise en demeure n’est pas un détail : il conditionne directement sa valeur probatoire en cas de litige.

La lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR)

C’est le mode d’envoi de référence. Elle génère une preuve d’expédition et un accusé de réception signé par le destinataire, qui fait foi de la date de réception. C’est à partir de cette date que court le délai accordé au débiteur et que se calculent les intérêts moratoires. Si le destinataire refuse de récupérer le courrier, la jurisprudence considère généralement que la mise en demeure produit tout de même ses effets.

La lettre recommandée électronique (LRE)

Encadrée par le règlement européen eIDAS, la lettre recommandée électronique a la même valeur juridique qu’une LRAR papier, à condition d’être acheminée par un prestataire de services de confiance qualifié. Elle génère des preuves horodatées de dépôt, d’acheminement et de réception. Le destinataire doit s’identifier pour ouvrir le courrier, ce qui garantit son identité. C’est une alternative rapide, moins coûteuse et tout aussi solide juridiquement que la LRAR papier.

La signification par commissaire de justice

Pour les dossiers sensibles ou les montants élevés, la mise en demeure peut être signifiée par un commissaire de justice (anciennement huissier de justice). Il dresse un procès-verbal de signification qui fait pleine foi jusqu’à preuve du contraire. C’est la méthode offrant la sécurité probatoire maximale.

Pourquoi ne jamais envoyer une mise en demeure par e-mail simple

Un e-mail ordinaire ne constitue pas une preuve suffisante de réception. Il est facile de contester sa réception ou son authenticité. En cas de litige, un juge ne lui accordera qu’une valeur probante très limitée. Réservez l’e-mail simple aux relances amiables préalables, pas à la mise en demeure.

Le délai raisonnable à accorder avant d’agir

La loi n’impose pas de délai précis, mais le délai accordé au débiteur dans la mise en demeure doit être raisonnable et proportionné à la nature de la créance. En pratique :

  • 8 jours : délai habituel lorsque plusieurs relances ont déjà été envoyées et que le débiteur est clairement de mauvaise foi.
  • 15 jours : délai standard dans la majorité des situations commerciales courantes.
  • 30 jours : délai à envisager en l’absence de toute relance préalable ou pour des créances complexes nécessitant des vérifications de la part du débiteur.

Un délai excessivement court (24 ou 48 heures) pourrait être qualifié de déraisonnable par un juge et affaiblir votre dossier. À l’inverse, un délai trop long retarde inutilement votre action et rapproche de la prescription. Une fois le délai expiré sans paiement ni réponse satisfaisante, vous pouvez engager une procédure judiciaire.

Que faire si le client ne répond pas après la mise en demeure

L’expiration du délai sans paiement ni proposition sérieuse ouvre la voie aux procédures judiciaires. Plusieurs options s’offrent à vous selon le montant de la créance et le comportement du débiteur.

L’injonction de payer

C’est la procédure la plus connue pour les créances certaines, liquides et exigibles. Elle se fait par requête écrite déposée auprès du tribunal compétent (tribunal de commerce pour les créances commerciales entre professionnels, tribunal judiciaire dans les autres cas), sans audience préalable. Si le juge accepte la requête, il rend une ordonnance d’injonction de payer qui doit être signifiée au débiteur par un commissaire de justice dans un délai de six mois (trois mois pour les ordonnances rendues à compter du 1er septembre 2026). Le débiteur dispose ensuite d’un mois pour faire opposition. En l’absence d’opposition, l’ordonnance devient un titre exécutoire permettant le recouvrement forcé. Attention : si le débiteur fait opposition, la procédure bascule vers une instance contradictoire classique, ce qui allonge considérablement les délais.

Le référé provision

Le référé provision est une procédure d’urgence contradictoire fondée sur l’article 835 du Code de procédure civile. Elle permet d’obtenir une décision de justice en quelques semaines lorsque la créance n’est pas sérieusement contestable. Contrairement à l’injonction de payer, le débiteur est convoqué à l’audience dès le départ, ce qui limite les manoeuvres dilatoires. L’ordonnance rendue est exécutoire de plein droit, même en cas d’appel : vous pouvez donc lancer les saisies immédiatement. C’est souvent la procédure privilégiée par les avocats pour les créances importantes ou face à des débiteurs de mauvaise foi.

L’assignation au fond

Lorsque le débiteur conteste sérieusement l’existence ou le montant de la créance, une procédure au fond devient nécessaire. Elle permet un débat complet devant le tribunal, mais elle est plus longue et plus coûteuse. Elle s’impose lorsque le litige porte sur la qualité de la prestation, la conformité des travaux ou l’existence même du contrat.

La procédure simplifiée de recouvrement des petites créances

Pour les créances inférieures à 5 000 euros (intérêts inclus) d’origine contractuelle ou statutaire, il existe une procédure simplifiée mise en oeuvre par un commissaire de justice. Celui-ci envoie au débiteur une invitation à participer à la procédure. Si le débiteur accepte et qu’un accord est trouvé sur le montant et les modalités de paiement, le commissaire de justice délivre un titre exécutoire sans passer par un juge. Si le débiteur refuse ou ne répond pas dans le délai d’un mois, la procédure s’arrête et vous devez vous tourner vers une autre voie judiciaire. Cette procédure est simple et accessible en ligne, mais elle est inefficace face aux débiteurs de mauvaise foi.

Le recours à un commissaire de justice ou à une société de recouvrement

Vous n’êtes pas obligé de gérer seul le recouvrement de vos créances. Deux types d’intervenants peuvent vous accompagner.

Le commissaire de justice

Officier public ministériel, le commissaire de justice (anciennement huissier de justice) peut intervenir à deux titres distincts. En recouvrement amiable, il peut rédiger et signifier la mise en demeure, mener des négociations avec le débiteur et mettre en oeuvre la procédure simplifiée pour les petites créances. En recouvrement judiciaire, il exécute les décisions de justice : saisies bancaires, saisies de biens mobiliers, saisies sur rémunération. Sa double casquette peut parfois créer une confusion chez le débiteur sur la nature de l’intervention : n’hésitez pas à préciser dans quel cadre il agit.

La société de recouvrement amiable

Une société de recouvrement prend en charge le processus de relances et de mise en demeure pour votre compte. Elle doit respecter des règles de forme spécifiques dans ses courriers, notamment mentionner ses coordonnées, le nom du créancier, le montant détaillé de la dette et les modalités de paiement. Les frais de recouvrement restent à la charge du créancier, sauf mauvaise foi prouvée du débiteur. Externaliser le recouvrement permet de préserver votre temps et parfois la relation commerciale, en interposant un tiers entre vous et votre client.

Les erreurs à éviter absolument

Envoyer la mise en demeure trop tôt

Une mise en demeure envoyée avant l’expiration du délai de paiement est juridiquement prématurée. Votre client n’est pas encore en retard, et le courrier pourrait être contesté sur ce fondement. Attendez toujours que l’échéance soit dépassée et qu’au moins une relance amiable ait été envoyée.

Envoyer la mise en demeure sans preuve d’envoi

Une mise en demeure envoyée par courrier simple ou par e-mail ordinaire ne vous offre aucune garantie de réception. Si le débiteur conteste l’avoir reçue, vous ne pourrez pas prouver le contraire. Sans preuve de réception, vous ne pouvez pas établir la date de départ des intérêts moratoires ni démontrer votre tentative amiable devant un juge.

Formuler des menaces disproportionnées ou non fondées

La mise en demeure doit être ferme, mais professionnelle. Des formulations agressives, des menaces vagues ou des affirmations juridiquement inexactes (par exemple, menacer d’une procédure pénale pour une simple dette commerciale) peuvent se retourner contre vous et ternir votre crédibilité devant un tribunal. Restez factuel, précis et mesuré.

Omettre des mentions obligatoires

L’absence de la mention expresse « mise en demeure », d’un délai précis ou des références de la facture peut permettre au débiteur de contester la validité de l’acte sur la forme. Utilisez un modèle vérifié et relisez chaque mention avant l’envoi.

Laisser dormir une créance sans agir

Une mise en demeure n’interrompt pas le délai de prescription. En matière commerciale, la prescription est de cinq ans à compter de la date d’exigibilité de la créance. Passé ce délai, vous ne pouvez plus agir en justice pour obtenir le paiement, quelle que soit la qualité de votre dossier. Si vous souhaitez interrompre la prescription, il faut engager une action judiciaire ou obtenir une reconnaissance de dette écrite de la part du débiteur.

La prescription : pourquoi il ne faut pas laisser dormir une créance

Le délai de prescription commerciale est de cinq ans. Ce délai court à compter du jour où le créancier a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant d’agir, c’est-à-dire en pratique à compter de la date d’échéance de la facture impayée. Une fois ce délai écoulé, la créance est prescrite et toute action judiciaire est irrecevable, même si la dette est incontestable sur le fond.

Certains actes interrompent la prescription et font repartir le délai de cinq ans à zéro : une reconnaissance de dette écrite et signée par le débiteur, une citation en justice, une requête en injonction de payer ou tout acte d’exécution forcée. La mise en demeure seule n’interrompt pas la prescription, sauf si elle est effectuée dans les formes d’un acte interruptif (par exemple, une signification par commissaire de justice dans certains cas).

La règle pratique est simple : ne laissez jamais une créance sans action pendant plus de deux ou trois ans. Plus le temps passe, plus il devient difficile de retrouver les pièces justificatives, de localiser le débiteur et d’obtenir un paiement effectif. Agir tôt, c’est agir efficacement.

Ne pas en arriver là

La mise en demeure est le signe que le suivi client a failli quelque part. La grande majorité des impayés se règlent bien avant ce stade, à condition qu’une relance soit envoyée au bon moment, avec le bon ton et les bonnes informations. Un client qui reçoit un rappel automatique deux jours après l’échéance réagit bien plus vite qu’un client relancé trois semaines plus tard, après que la facture soit tombée dans l’oubli.

Djaboo suit les échéances de vos factures, déclenche des relances échelonnées et conserve l’historique complet des échanges par client. Vous savez à tout moment quelle facture est en retard, combien de relances ont été envoyées et ce que le client a répondu. Quand une mise en demeure devient nécessaire, votre dossier est déjà constitué.

Questions fréquentes

Une mise en demeure est-elle obligatoire avant d’aller en justice ?

Elle n’est pas systématiquement obligatoire sur le plan légal pour toutes les procédures, mais elle est fortement recommandée et souvent attendue par les juges. Elle démontre que vous avez tenté de résoudre le litige à l’amiable avant de saisir le tribunal. Pour certaines procédures contractuelles (résolution de contrat, exécution forcée en nature), elle constitue un préalable indispensable. Pour l’injonction de payer, la Cour de cassation a précisé dans un avis du 25 septembre 2025 que cette procédure n’est pas soumise à l’obligation de tentative amiable préalable, mais disposer d’une mise en demeure renforce toujours votre dossier.

Quel délai accorder au débiteur dans la mise en demeure ?

Le délai doit être raisonnable et proportionné à la situation. En pratique, 8 jours suffisent lorsque plusieurs relances ont déjà été envoyées. 15 jours est le délai standard dans la majorité des cas. 30 jours peut se justifier en l’absence de relances préalables ou pour des créances complexes. Un délai trop court peut être critiqué par un juge comme abusif. Un délai trop long retarde inutilement votre action.

Que se passe-t-il si le débiteur ne va pas chercher le courrier recommandé ?

Si le destinataire ne retire pas son courrier recommandé à la poste, la jurisprudence considère généralement que la mise en demeure produit quand même ses effets, car le défaut de retrait est imputable au débiteur. Vous conservez la preuve de la tentative de remise. En cas de doute, vous pouvez mandater un commissaire de justice pour signifier la mise en demeure directement au débiteur, ce qui offre une sécurité probatoire maximale.

Peut-on envoyer une mise en demeure par e-mail ?

Un e-mail simple ne constitue pas une preuve suffisante de réception et n’a qu’une valeur probatoire très limitée devant un tribunal. Il est possible d’utiliser un service de lettre recommandée électronique (LRE) qualifié au sens du règlement eIDAS, qui a la même valeur juridique qu’une LRAR papier. En dehors de ce cadre, privilégiez toujours la lettre recommandée avec accusé de réception ou la signification par commissaire de justice pour garantir la valeur de votre démarche.

La mise en demeure interrompt-elle la prescription ?

Non, dans la grande majorité des cas, la mise en demeure seule n’interrompt pas le délai de prescription commerciale de cinq ans. Pour interrompre la prescription, il faut engager une action judiciaire (requête en injonction de payer, assignation), obtenir une reconnaissance de dette écrite du débiteur, ou procéder à un acte d’exécution forcée. N’attendez donc pas qu’une créance approche de la prescription pour agir : plus vous tardez, plus votre position se fragilise.

Faut-il faire appel à un avocat pour rédiger une mise en demeure ?

Aucune obligation légale n’impose le recours à un avocat pour rédiger une mise en demeure. Vous pouvez la rédiger vous-même à partir d’un modèle vérifié, à condition de respecter toutes les mentions obligatoires. Toutefois, pour des créances importantes, des situations juridiquement complexes (contestation de la créance, procédure collective du débiteur, clause résolutoire à activer) ou lorsque vous envisagez de passer rapidement à une procédure judiciaire, l’assistance d’un avocat spécialisé en recouvrement de créances est vivement recommandée. Une mise en demeure rédigée par un avocat a également un impact psychologique plus fort sur le débiteur.

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