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Incoterm FCA : qui charge, qui dédouane et quand le risque bascule 2026

Incoterm FCA : qui charge, qui dédouane et quand le risque bascule 2026

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Vous vendez en FCA et vous ne savez pas si vous devez charger le camion. La réponse dépend d’un seul mot dans votre contrat : le lieu que vous avez écrit après le sigle.

Que signifie l’incoterm FCA ?

FCA signifie Free Carrier, traduit en français par Franco Transporteur. Le vendeur remplit son obligation quand il remet la marchandise, dédouanée à l’export, au transporteur désigné par l’acheteur, au lieu convenu. À partir de cette remise, les risques et les frais passent à l’acheteur.

Parmi les onze règles que recense la liste des incoterms, c’est l’un des sept incoterms multimodaux, utilisable quel que soit le mode de transport : route, rail, air, mer, ou une combinaison des trois. Cette polyvalence explique qu’il soit devenu la référence pour le transport conteneurisé, là où les incoterms maritimes traditionnels posent des difficultés que nous détaillons plus loin.

Le FCA dans les onze incoterms 2020

La règle FCA appartient au groupe des incoterms où le vendeur livre dans son pays ou à proximité, par opposition aux règles où il achemine la marchandise jusqu’à destination. Elle se situe juste après EXW dans l’ordre croissant d’obligations du vendeur, et elle en corrige les deux principaux défauts : en FCA, c’est le vendeur qui accomplit les formalités d’export, et selon le lieu retenu, c’est lui qui charge.

Incoterm Modes de transport Lieu de livraison Dédouanement export
EXW Tous Locaux du vendeur, non chargé À la charge de l’acheteur
FCA Tous Locaux du vendeur ou autre lieu convenu À la charge du vendeur
CPT Tous Remise au premier transporteur À la charge du vendeur
CIP Tous Remise au premier transporteur À la charge du vendeur
DAP Tous Destination convenue, non déchargé À la charge du vendeur
DPU Tous Destination convenue, déchargé À la charge du vendeur
DDP Tous Destination convenue, droits acquittés À la charge du vendeur
FAS, FOB, CFR, CIF Maritime uniquement Port d’embarquement À la charge du vendeur

Fiche synthétique de l’incoterm FCA

Élément FCA
Nom complet Free Carrier, Franco Transporteur
Version en vigueur Incoterms 2020
Modes de transport Tous, y compris multimodal
Transfert de risque À la remise au transporteur désigné par l’acheteur
Dédouanement export Vendeur
Dédouanement import Acheteur
Transport principal Acheteur
Assurance Aucune obligation pour l’une ou l’autre partie
Mention contractuelle FCA suivi du lieu précis, puis Incoterms 2020

Les deux visages du FCA selon le lieu convenu

C’est le point que les litiges FCA viennent trancher, et il mérite d’être compris avant tout le reste. Le FCA se comporte différemment selon que le lieu convenu est celui du vendeur ou un autre lieu.

Premier cas : le lieu convenu est l’établissement du vendeur. La livraison est réputée effectuée quand la marchandise est chargée sur le moyen de transport envoyé par l’acheteur. Le chargement incombe donc au vendeur, et le risque bascule une fois le chargement terminé.

Second cas : le lieu convenu est un autre endroit, un terminal, un entrepôt de groupage, les locaux du transitaire. La livraison est réputée effectuée quand la marchandise est mise à disposition sur le moyen de transport du vendeur, prête pour le déchargement, mais non déchargée. Le déchargement incombe alors à l’acheteur ou au transporteur, et le risque bascule avant lui.

La conséquence pratique est directe : la même mention FCA fait supporter le chargement au vendeur dans un cas, et le déchargement à l’acheteur dans l’autre. Écrire simplement FCA sans préciser le lieu revient à laisser ce partage indéterminé, ce qui est la première source de désaccord.

Point FCA locaux du vendeur FCA autre lieu convenu
Qui charge Le vendeur Le vendeur charge sur son propre véhicule
Qui décharge au lieu convenu Sans objet L’acheteur ou son transporteur
Moment du transfert de risque Chargement terminé sur le véhicule de l’acheteur Mise à disposition sur le véhicule du vendeur, avant déchargement
Mention à écrire FCA suivi de l’adresse complète du vendeur FCA suivi du terminal ou de l’entrepôt exact

Qui paie quoi en FCA : la répartition des coûts

La répartition est nette, à condition de se souvenir qu’elle bascule au point de remise et pas ailleurs.

Ce que le vendeur prend en charge

Le vendeur supporte l’emballage adapté au transport prévu, le marquage des colis, les contrôles de qualité et de mesurage nécessaires à la mise à disposition, ainsi que le pré-acheminement jusqu’au lieu convenu lorsque ce lieu n’est pas son établissement. Il supporte également l’intégralité des formalités et frais de dédouanement export : déclaration, licences éventuelles, contrôles de sécurité liés à la sortie du territoire.

Il doit enfin fournir à l’acheteur la preuve que la marchandise a bien été remise au transporteur, à ses frais. Cette preuve prend la forme d’un document de transport ou d’un récépissé, et sa nature dépend du mode retenu.

Ce que l’acheteur prend en charge

L’acheteur désigne le transporteur, conclut le contrat de transport principal et en supporte le coût. Il paie le déchargement au lieu convenu quand ce lieu n’est pas l’établissement du vendeur, puis l’ensemble des frais d’acheminement, les frais de manutention intermédiaires, le dédouanement import, les droits et taxes à l’importation, et la livraison finale.

Il supporte aussi tous les frais supplémentaires provoqués par ses propres manquements : si le transporteur qu’il a désigné ne se présente pas au jour convenu, ou s’il n’a pas donné à temps les instructions nécessaires, les frais d’immobilisation et de stockage lui incombent, et le risque peut basculer par anticipation.

Poste Vendeur Acheteur
Emballage et marquage
Chargement aux locaux du vendeur ✔ si le lieu convenu est son établissement
Pré-acheminement jusqu’au lieu convenu ✔ si le lieu est ailleurs
Dédouanement export et frais associés
Déchargement au lieu convenu ✔ si le lieu n’est pas l’établissement du vendeur
Transport principal
Assurance Aucune obligation Aucune obligation
Dédouanement import, droits et taxes
Acheminement final

L’assurance en FCA : personne n’est obligé, quelqu’un doit y penser

Ni le vendeur ni l’acheteur n’a d’obligation d’assurer la marchandise en FCA. Cette absence d’obligation est une source de mauvaise surprise, parce qu’elle ne signifie pas absence de besoin : entre la remise au transporteur et l’arrivée à destination, la marchandise voyage aux risques de l’acheteur, souvent sur de longues distances et avec plusieurs ruptures de charge.

La position raisonnable pour l’acheteur consiste à souscrire une police adaptée dès la conclusion du contrat, et à en vérifier la date de prise d’effet : elle doit couvrir à partir du moment exact où le risque lui est transféré, pas à partir du départ du navire ou de l’avion. Un décalage de quelques heures entre le transfert de risque et le début de la couverture crée un trou d’assurance dont personne ne se souvient tant qu’il ne s’y passe rien.

Le transfert de risque en FCA

Le transfert de risque est la notion la plus lourde de conséquences, et la plus mal comprise. Elle ne coïncide ni avec le transfert de propriété, ni avec le paiement, ni avec l’arrivée de la marchandise.

Le moment exact du basculement

Le risque passe à l’acheteur au moment de la livraison telle que définie plus haut, c’est-à-dire à la remise au transporteur qu’il a désigné. Concrètement, si la marchandise est endommagée ou volée après ce moment, l’acheteur reste tenu de payer le prix convenu, même s’il ne reçoit jamais les biens. C’est son assurance, ou son recours contre le transporteur, qui doit prendre le relais.

Cette règle a une contrepartie que les vendeurs oublient parfois : avant la remise, tout est pour eux. Une avarie survenue pendant le pré-acheminement vers le terminal, un sinistre dans leur entrepôt la veille de l’enlèvement, une casse pendant le chargement aux locaux du vendeur restent à leur charge.

Le transfert anticipé quand l’acheteur défaille

Le risque peut basculer avant la livraison effective dans deux situations, toutes deux imputables à l’acheteur. Première situation : il n’a pas désigné de transporteur, ou ne l’a pas fait à temps. Seconde situation : le transporteur désigné ne prend pas la marchandise en charge au moment convenu.

Dans ces deux cas, le risque passe à l’acheteur à la date convenue pour la livraison, ou à l’expiration de la période convenue. La marchandise reste physiquement chez le vendeur, mais elle voyage désormais aux risques de l’acheteur. Encore faut-il, pour que cette règle joue, que la marchandise ait été clairement identifiée comme étant celle du contrat : marquée, mise à part, individualisée.

Pourquoi le lieu doit être écrit avec précision

Écrire FCA Lyon ne suffit pas. Lyon compte plusieurs terminaux, des dizaines d’entrepôts de groupage, et l’établissement du vendeur peut s’y trouver aussi. Or c’est ce lieu qui détermine à la fois qui charge, qui décharge, et à quel instant précis le risque bascule.

La formulation à retenir comporte trois éléments : le sigle, l’adresse la plus précise possible, et la version des règles. Par exemple, FCA 12 rue des Acacias, 69007 Lyon, France, Incoterms 2020. Ou FCA Terminal 3, Port de Marseille-Fos, France, Incoterms 2020. Cette précision paraît excessive tant que rien ne se passe, et devient la seule chose qui compte dès qu’un désaccord survient.

La nouveauté 2020 : le connaissement à bord en FCA

La révision 2020 des règles a introduit une possibilité qui répond à un problème récurrent du commerce international financé par crédit documentaire.

Le problème que cela résout

Un vendeur qui livre en FCA remet la marchandise au transporteur avant l’embarquement. Il ne peut donc pas, en principe, obtenir un connaissement portant la mention à bord, puisque la marchandise n’est pas encore à bord au moment où sa prestation s’achève. Or les banques exigent fréquemment ce type de document pour libérer les fonds d’un crédit documentaire.

Le vendeur se trouvait ainsi coincé entre une règle commerciale qui lui convenait et une exigence bancaire qu’elle l’empêchait de satisfaire. Beaucoup basculaient alors sur un incoterm maritime moins adapté, uniquement pour obtenir le bon papier.

Le mécanisme prévu

Les parties peuvent convenir que l’acheteur donnera instruction à son transporteur d’émettre, au profit du vendeur, un document de transport portant la mention à bord. Le vendeur remet ensuite ce document à l’acheteur, par le circuit bancaire.

Trois précisions comptent. Ce mécanisme est facultatif : il ne s’applique que si les parties l’ont expressément prévu au contrat. Il ne modifie pas le lieu de livraison ni le moment du transfert de risque, qui restent fixés à la remise au transporteur. Et il ne fait pas peser sur le vendeur d’obligation de résultat quant à l’obtention du document, puisque c’est le transporteur de l’acheteur qui l’émet.

FCA contre EXW : pourquoi FCA est presque toujours préférable à l’export

La comparaison mérite d’être faite avec soin, parce que EXW reste largement utilisé par habitude alors qu’il place les deux parties dans une situation inconfortable dès qu’il y a passage de frontière.

En EXW, le vendeur met simplement la marchandise à disposition dans ses locaux, non chargée, et le dédouanement export incombe à l’acheteur. Cela pose deux difficultés concrètes. D’abord, un acheteur étranger n’est souvent pas en mesure d’accomplir les formalités d’export dans le pays du vendeur, faute d’y être établi ou identifié. Ensuite, le vendeur reste seul à disposer du matériel et du personnel pour charger, alors que la règle ne l’y oblige pas, ce qui crée une zone grise systématique au moment de l’enlèvement.

Le FCA aux locaux du vendeur résout les deux points d’un coup : le vendeur dédouane, ce qu’il sait faire, et il charge, ce qu’il est le seul à pouvoir faire. L’acheteur conserve la maîtrise du transport principal et donc du coût, qui est la raison pour laquelle il voulait EXW. Les obligations détaillées de la règle EXW et ses conséquences en matière de preuve de sortie sont traitées dans l’article consacré à l’incoterm EXW.

Point de comparaison EXW FCA
Chargement chez le vendeur À la charge de l’acheteur, en pratique impossible À la charge du vendeur
Dédouanement export Acheteur, souvent inapplicable Vendeur
Preuve de sortie du territoire Difficile à obtenir pour le vendeur Le vendeur maîtrise sa déclaration
Maîtrise du transport par l’acheteur Totale Totale
Adapté à l’export Peu recommandé Recommandé

FCA contre FOB : la question des conteneurs

C’est l’autre comparaison décisive, et celle qui coûte le plus cher quand elle est mal tranchée.

FOB est un incoterm strictement maritime. La livraison y est réputée effectuée quand la marchandise est placée à bord du navire au port d’embarquement convenu. Cette définition avait un sens quand on chargeait des marchandises en vrac directement du quai au navire.

Elle n’en a plus pour un conteneur. Un conteneur est remis plusieurs jours avant l’embarquement à un terminal ou à un entrepôt de groupage, il y est empoté, stocké, manutentionné, puis embarqué sans que le vendeur ait la moindre visibilité sur le moment exact. Si le contrat dit FOB, le vendeur reste juridiquement porteur du risque pendant toute cette période où il n’a plus aucun contrôle sur la marchandise et où il ignore même où elle se trouve précisément.

Le FCA règle le problème en fixant la livraison à la remise au transporteur, c’est-à-dire au moment où le vendeur se dessaisit réellement. C’est la raison pour laquelle le FCA est recommandé pour tout transport conteneurisé, et le FOB réservé au vrac et aux marchandises chargées directement à bord.

Point de comparaison FCA FOB
Modes de transport Tous, y compris multimodal Maritime et fluvial uniquement
Lieu de livraison Remise au transporteur au lieu convenu À bord du navire au port d’embarquement
Période de risque non maîtrisée par le vendeur Aucune Du dépôt au terminal jusqu’à l’embarquement
Adapté aux conteneurs Oui Non recommandé
Adapté au vrac Possible Oui

FCA contre CPT, CIP et DAP : où s’arrête l’obligation du vendeur

Ces trois règles sont multimodales comme le FCA, mais elles déplacent la charge du transport principal, et pour deux d’entre elles le lieu où le risque bascule ne coïncide plus avec celui où les frais s’arrêtent.

En CPT et en CIP, le vendeur paie le transport jusqu’à la destination convenue, mais le risque passe à l’acheteur dès la remise au premier transporteur. Ce décalage entre point de transfert de risque et point de transfert de frais est propre à ces deux règles et surprend régulièrement : une marchandise perdue en cours de route l’est aux risques de l’acheteur, alors même que c’est le vendeur qui a payé le voyage. La CIP ajoute une obligation d’assurance à la charge du vendeur, ce que la CPT ne prévoit pas.

En DAP, le vendeur va jusqu’au bout : il supporte les frais et les risques jusqu’à la destination convenue, et en DDP il acquitte en plus les droits à l’importation, la marchandise restant à décharger par l’acheteur. Le partage exact des coûts et le moment du transfert dans cette configuration sont détaillés dans l’article dédié à l’incoterm DAP.

Règle Transfert de risque Qui paie le transport principal Assurance obligatoire
FCA Remise au transporteur Acheteur Non
CPT Remise au premier transporteur Vendeur Non
CIP Remise au premier transporteur Vendeur Oui, à la charge du vendeur
DAP À destination, avant déchargement Vendeur Non
DDP À destination, droits acquittés Vendeur Non

Le choix entre ces règles ne relève pas de la préférence mais de la réponse à deux questions : qui a le meilleur accès au transport sur cet axe, et qui est capable d’accomplir les formalités à chaque extrémité. Un vendeur qui expédie peu à l’étranger et un acheteur qui importe toutes les semaines n’ont pas la même capacité à négocier du fret. Le FCA laisse cette main à l’acheteur, ce qui est souvent le bon choix quand c’est lui le plus gros expéditeur des deux.

Ce qu’il faut écrire sur le devis, la facture et le contrat

Un incoterm mal mentionné produit exactement le même résultat qu’un incoterm absent. Trois documents doivent porter la mention, de façon identique.

La formulation exacte

La mention se compose du sigle, du lieu précis, et de la version des règles. La version compte : les règles ont changé entre 2010 et 2020, notamment sur DAT devenu DPU et sur le connaissement à bord en FCA. Une mention sans millésime laisse planer un doute sur la version applicable, qu’un tribunal tranchera peut-être autrement que vous.

Sur la facture, la mention se place dans les conditions de vente ou juste sous le total, pas noyée dans les mentions légales. Elle doit être strictement identique à celle du devis accepté et du contrat : une facture qui porte FCA alors que le devis disait EXW crée une contradiction que l’acheteur peut opposer au paiement. Les autres informations qui doivent obligatoirement figurer sur le document sont récapitulées dans les mentions obligatoires d’une facture.

Ce qu’il faut préciser en plus du sigle

Le sigle seul laisse plusieurs questions ouvertes que le contrat gagne à trancher explicitement : qui supporte les frais de manutention au terminal, quelle est la date ou la période d’enlèvement, question qui rejoint celle du délai de livraison annoncé au client, quel document de transport le vendeur doit fournir, si le mécanisme du connaissement à bord s’applique, et à qui incombent les frais d’immobilisation en cas de retard du transporteur.

Ces points ne contredisent pas la règle, ils la complètent là où elle reste silencieuse. Les laisser ouverts revient à s’en remettre à l’usage, ce qui fonctionne jusqu’au premier désaccord.

Les documents à réunir côté vendeur

Le vendeur en FCA doit produire ou obtenir un petit nombre de pièces, et l’expérience montre que c’est la preuve de remise qui manque au moment où on en a besoin.

La facture commerciale et la liste des marchandises constituent le socle. La liste de colisage détaille le contenu, les poids et les dimensions de chaque colis, et sert autant au transporteur qu’à la douane. La déclaration d’exportation, que le vendeur dépose lui-même en FCA, produit la preuve de sortie du territoire, pièce indispensable pour justifier l’exonération de taxe sur une livraison hors Union.

Vient enfin la preuve de remise au transporteur : récépissé, lettre de voiture, bon de prise en charge du transitaire. C’est le document qui matérialise le moment du transfert de risque, et donc celui qu’il faut conserver avec soin. Un vendeur qui ne peut pas prouver la date de remise se retrouve à devoir démontrer que l’avarie est postérieure, ce qui est exactement l’inverse de la position confortable.

Document Émis par À quoi il sert
Facture commerciale Vendeur Base du dédouanement et du paiement
Liste de colisage Vendeur Détail des colis, poids et dimensions
Déclaration d’exportation Vendeur Sortie du territoire et justification de l’exonération
Preuve de remise au transporteur Transporteur ou transitaire Matérialise le transfert de risque
Document de transport à bord Transporteur de l’acheteur Seulement si les parties l’ont prévu au contrat

Trois situations concrètes et l’incoterm qui convient

Les règles prennent leur sens sur des cas réels. Voici trois configurations courantes en TPE et PME exportatrices, et le raisonnement qui mène au choix.

Un envoi conteneurisé vers un client qui a son propre transitaire

Une entreprise expédie deux palettes vers un client asiatique qui travaille depuis des années avec un transitaire et obtient de meilleurs tarifs de fret que vous n’en obtiendrez jamais. Le bon choix est FCA au terminal désigné par ce transitaire, ou FCA à vos locaux si son camion vient charger chez vous. Vous dédouanez à l’export, ce qui vous donne la preuve de sortie dont vous avez besoin pour votre taxe, et vous vous arrêtez là.

Le réflexe à éviter est de partir en FOB parce que le transport est maritime. Le conteneur passera plusieurs jours au terminal avant l’embarquement, période pendant laquelle vous porteriez le risque sans rien pouvoir surveiller.

Un client européen qui envoie son propre camion

Un acheteur allemand vient enlever la marchandise avec son transporteur habituel. FCA à vos locaux décrit exactement ce qui se passe : vous chargez son camion, le risque bascule une fois le chargement terminé, il paie le trajet. La livraison étant intracommunautaire, la question du dédouanement export ne se pose pas, mais la preuve de l’expédition reste indispensable pour justifier l’exonération de taxe.

Ici, la différence avec EXW est mince en apparence et lourde en pratique : en EXW, le chargement ne vous incombe pas, alors que c’est vous qui avez le quai et le chariot. La zone grise se règle au moment de l’incident, jamais avant.

Un premier export vers un pays où vous n’avez aucun repère

Vous vendez pour la première fois hors Union, l’acheteur ne connaît pas mieux la logistique que vous, et personne ne veut porter le transport. La tentation du DDP est forte parce qu’elle simplifie le discours commercial, elle est aussi la plus risquée : elle vous rend redevable des droits et des formalités d’importation dans un pays dont vous ignorez les règles.

Le FCA reste le point d’équilibre : vous maîtrisez ce que vous savez faire, votre déclaration d’export, et vous laissez à l’acheteur ce qu’il est le seul à pouvoir faire correctement, l’importation chez lui. Si l’acheteur refuse d’organiser le transport, la marche suivante est CPT ou DAP, pas DDP.

Situation Règle conseillée Pourquoi
Conteneur, acheteur avec transitaire FCA terminal ou locaux vendeur Évite de porter le risque pendant l’attente au terminal
Client européen qui enlève FCA locaux vendeur Décrit la réalité : c’est vous qui chargez
Premier export, aucun repère FCA, à défaut CPT ou DAP Ne jamais s’engager sur une importation qu’on ne maîtrise pas
Vrac chargé directement à bord FOB La définition maritime correspond alors à la réalité physique

Les erreurs qui reviennent et comment chacune se corrige

Erreur Conséquence Correction
Écrire FCA sans lieu précis Impossible de savoir qui charge et quand le risque bascule Indiquer l’adresse ou le terminal exact, puis la version des règles
Utiliser FOB pour un conteneur Le vendeur porte le risque pendant plusieurs jours sans maîtrise Basculer en FCA, qui fixe la livraison à la remise au transporteur
Conserver EXW à l’export L’acheteur ne peut pas dédouaner, le chargement reste indéterminé Passer en FCA locaux du vendeur, sans changer qui paie le transport
Omettre la version des règles Doute sur le millésime applicable en cas de litige Ajouter systématiquement la mention Incoterms 2020
Ne pas archiver la preuve de remise Le vendeur ne peut pas dater le transfert de risque Classer le récépissé avec la facture, dès l’enlèvement
Supposer qu’une assurance existe Marchandise non couverte pendant le transport principal L’acheteur souscrit et vérifie la date de prise d’effet

Une septième erreur mérite d’être signalée à part parce qu’elle ne se voit qu’à la comptabilité : facturer une livraison intracommunautaire ou une exportation sans avoir sécurisé la preuve de sortie. L’incoterm ne change rien au régime de taxe applicable, il change seulement qui accomplit les formalités. En FCA, c’est le vendeur qui dépose la déclaration, donc c’est lui qui détient la preuve, ce qui est plutôt une bonne nouvelle par rapport à EXW.

FCA et Djaboo : ce que l’outil enregistre

Djaboo est un logiciel de gestion tout-en-un pour TPE et PME. Sur une facture, l’adresse de livraison se saisit séparément de l’adresse de facturation, avec sa rue, sa ville, son code postal, son département et son pays. Un champ de conditions et une note client permettent de porter la mention de l’incoterm et du lieu convenu sur le document envoyé. Le module entrepôt gère par ailleurs des bons de livraison, avec un code, un entrepôt de départ, un client, une date de livraison, une adresse, un statut et un rattachement à la facture correspondante, ainsi que des listes de colisage détaillées, dans la même logique que le bon de réception côté entrant.

Trois limites doivent être dites clairement. Djaboo ne comporte aucun champ dédié à l’incoterm : la mention se saisit en texte libre dans les conditions, et rien ne vérifie qu’elle est cohérente entre le devis et la facture. L’outil ne calcule aucun droit de douane, aucune taxe à l’importation et aucun coût de transport. Et il ne produit aucune déclaration d’exportation ni aucun document douanier.

Ce que l’outil apporte se situe donc en amont et en aval de la règle, pas dans la règle elle-même : conserver au même endroit la facture, l’adresse de livraison réelle, le bon de livraison et la liste de colisage, de sorte que la preuve de ce qui a été expédié, à qui et quand, se retrouve sans fouiller. C’est précisément ce dont on a besoin le jour où un acheteur conteste une avarie survenue après la remise au transporteur.

Le FCA n’a pas un seul comportement, il en a deux, et c’est le lieu écrit après le sigle qui décide lequel s’applique. Aux locaux du vendeur, celui-ci charge et le risque bascule une fois le chargement terminé. Ailleurs, il livre sur son véhicule sans décharger, et le risque bascule avant le déchargement.

C’est aussi la règle qui corrige les deux défauts des incoterms qu’on lui préfère encore par habitude : elle évite à l’acheteur étranger de devoir dédouaner à l’export comme en EXW, et elle évite au vendeur de porter le risque d’un conteneur qu’il ne maîtrise plus comme en FOB. Pour un envoi conteneurisé où l’acheteur choisit son transporteur, c’est presque toujours le bon choix.

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