Lorsqu’une salariée part en congé maternité, l’employeur doit gérer la suspension du contrat, respecter une protection stricte contre le licenciement, accomplir les démarches d’indemnisation et préparer le retour. Voici, côté employeur de TPE et PME, ce que prévoit la loi et les points de vigilance. Les durées légales sont stables et rappelées ici ; les montants d’indemnisation, en revanche, relèvent de la Sécurité sociale et de la paie, et sont donc renvoyés aux sources compétentes.
Qu’est-ce que le congé maternité ?
Le congé maternité est une période pendant laquelle le contrat de travail de la salariée est suspendu à l’occasion de la grossesse et de la naissance. Le contrat n’est pas rompu : il reprend à l’issue du congé. Ce congé est un droit, entouré de garanties fortes pour la salariée, en particulier une protection renforcée contre le licenciement.
Pour l’employeur, il s’agit d’anticiper une absence d’une durée connue à l’avance, d’accomplir les bonnes démarches et de préparer un retour dans le respect des droits de la salariée.
La durée du congé maternité
La durée légale du congé maternité dépend du nombre d’enfants à naître et du nombre d’enfants déjà à charge. Elle se répartit entre une période prénatale (avant la date présumée de l’accouchement) et une période postnatale (après) :
- 1er ou 2e enfant : 16 semaines (6 semaines avant, 10 semaines après).
- À partir du 3e enfant : 26 semaines (8 semaines avant, 18 semaines après).
- Jumeaux : 34 semaines (12 semaines avant, 22 semaines après).
- Triplés ou plus : 46 semaines (24 semaines avant, 22 semaines après).
Sous conditions et avec l’accord d’un professionnel de santé, la salariée peut reporter une partie de son congé prénatal sur la période postnatale, dans une limite fixée par la loi. Par ailleurs, un congé pathologique peut s’ajouter, sur prescription médicale, avant ou après le congé maternité. L’employeur ne peut ni réduire ni négocier ces durées : elles s’imposent.
La protection contre le licenciement
C’est l’un des points les plus sensibles pour l’employeur. La salariée bénéficie d’une protection contre le licenciement qui s’articule en deux temps :
- Pendant le congé maternité lui-même, le licenciement est totalement interdit : aucun motif ne peut être invoqué pour rompre le contrat durant cette période.
- Avant et après le congé (pendant la grossesse et pendant une période protégée qui suit le retour), la protection est relative : le licenciement n’est possible que dans des cas très limités, à savoir une faute grave sans lien avec la grossesse, ou l’impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à la grossesse ou à la maternité.
Un licenciement prononcé en violation de cette protection est nul, avec des conséquences lourdes (réintégration possible, indemnisation). C’est un domaine où l’erreur ne pardonne pas : en cas de doute sur la possibilité de rompre un contrat dans cette période, prenez un conseil juridique avant d’agir.
L’indemnisation pendant le congé
Pendant le congé maternité, la salariée perçoit des indemnités journalières de la Sécurité sociale, sous conditions d’ouverture de droits. Comme pour un arrêt de travail, l’employeur doit établir une attestation de salaire pour permettre le calcul et le versement de ces indemnités.
Selon la convention collective, l’employeur peut être tenu de maintenir tout ou partie du salaire en complément, et peut alors demander la subrogation pour percevoir directement les indemnités. Les montants, plafonds et conditions relevant de la Sécurité sociale et de la paie, faites confirmer le régime applicable par votre gestionnaire de paie ou votre expert-comptable, et vérifiez les règles en vigueur auprès de l’Assurance maladie. Le principe à retenir, côté employeur, est double : accomplir l’attestation sans tarder, et vérifier une éventuelle obligation de maintien.
Les obligations de l’employeur
Au-delà de l’attestation de salaire, l’employeur doit notamment :
- Autoriser les absences de la salariée pour se rendre aux examens médicaux obligatoires liés à la grossesse, sans que cela n’entraîne de perte de rémunération ni ne s’impute sur les congés.
- Ne prendre aucune mesure discriminatoire liée à l’état de grossesse ou à la maternité, que ce soit en matière d’embauche, de rémunération, de formation ou d’évolution.
- Respecter la suspension du contrat et la protection contre le licenciement.
Ces obligations sont d’ordre public : elles ne peuvent pas être écartées, même avec l’accord de la salariée.
Le retour de congé maternité
Le retour est encadré par plusieurs garanties. La salariée a le droit de retrouver son emploi précédent ou un emploi similaire, assorti d’une rémunération au moins équivalente. Elle bénéficie en outre des augmentations générales et, le cas échéant, de la moyenne des augmentations individuelles intervenues pendant son absence, selon les règles applicables.
Le retour de congé maternité ouvre également droit à un entretien professionnel consacré aux perspectives d’évolution. Enfin, la période de congé maternité étant assimilée à du temps de travail effectif, elle génère des congés payés : la salariée continue d’acquérir ses droits à congés pendant son absence. Selon la durée et la situation, une visite médicale de reprise peut par ailleurs être requise.
Les pauses d’allaitement
À son retour, la salariée qui allaite bénéficie, pendant une durée fixée par la loi (jusqu’au premier anniversaire de l’enfant), d’un temps quotidien réservé à l’allaitement, réparti dans la journée de travail. L’employeur doit permettre l’exercice de ce droit et, dans certaines conditions d’effectif, peut être tenu de prévoir un local dédié. C’est un point d’organisation à anticiper avec la salariée.
Les erreurs à éviter
- Licencier pendant la période protégée. C’est nul, sauf les rares exceptions prévues par la loi. Ne rompez jamais un contrat dans cette période sans conseil.
- Oublier l’attestation de salaire. Sans elle, l’indemnisation de la salariée est bloquée.
- Négliger le retour. Réintégration sur l’emploi précédent ou similaire, rémunération au moins équivalente, entretien professionnel : ces droits ne sont pas optionnels.
- Refuser les absences pour examens médicaux. Elles sont autorisées de plein droit, sans perte de salaire.
- Traiter la grossesse comme un critère de décision. Toute mesure fondée sur la grossesse ou la maternité est discriminatoire.
Congé maternité et gestion de l’entreprise
Le congé maternité a un avantage de gestion : sa durée est connue à l’avance, ce qui permet d’anticiper sereinement l’organisation, un éventuel remplacement et le retour. La difficulté est ailleurs : ne pas manquer une échéance (attestation, examens, date de retour, entretien professionnel) et sécuriser la période protégée.
Un outil de gestion d’entreprise comme Djaboo aide à centraliser le suivi des absences et des échéances liées à chaque congé, et à préparer le retour sans rien oublier, sans se substituer au calcul de la paie (indemnités, maintien, subrogation), qui reste du ressort du gestionnaire de paie. Cette anticipation s’inscrit dans une bonne gestion des temps de travail et des absences. Pour la mécanique de la suspension du contrat et de l’attestation de salaire, commune à d’autres situations, voir aussi notre guide de l’arrêt maladie côté employeur. Côté second parent, le congé de paternité et d’accueil de l’enfant obéit à une logique voisine. Pour prolonger l’accompagnement de l’enfant, le congé parental d’éducation prend ensuite le relais.
Questions fréquentes sur le congé maternité
Quelle est la durée du congé maternité ?
16 semaines pour un premier ou deuxième enfant (6 avant, 10 après), 26 semaines à partir du troisième (8 avant, 18 après), 34 semaines pour des jumeaux (12 avant, 22 après) et 46 semaines pour des triplés ou plus (24 avant, 22 après). Une partie du congé prénatal peut, sous conditions, être reportée sur la période postnatale.
Peut-on licencier une salariée en congé maternité ?
Non pendant le congé, où le licenciement est totalement interdit. Avant et après (grossesse et période protégée suivant le retour), il n’est possible que dans des cas très limités : faute grave sans lien avec la grossesse, ou impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger. Tout licenciement en violation de cette protection est nul.
Qui paie la salariée pendant le congé ?
La Sécurité sociale verse des indemnités journalières, sous conditions ; l’employeur établit l’attestation de salaire nécessaire. Selon la convention collective, l’employeur peut devoir maintenir tout ou partie du salaire, avec possibilité de subrogation. Les montants relèvent de la paie et de l’Assurance maladie.
La salariée acquiert-elle des congés payés pendant son congé maternité ?
Oui. La période de congé maternité est assimilée à du temps de travail effectif et continue de générer des droits à congés payés.
Que se passe-t-il au retour ?
La salariée retrouve son emploi précédent ou un emploi similaire, avec une rémunération au moins équivalente, bénéficie des augmentations intervenues selon les règles applicables, et a droit à un entretien professionnel. Une visite de reprise peut être requise selon la situation.
L’employeur doit-il autoriser les absences pour examens médicaux ?
Oui, les absences pour les examens médicaux obligatoires liés à la grossesse sont autorisées de plein droit, sans perte de rémunération et sans s’imputer sur les congés.
L’essentiel à retenir
Le congé maternité suspend le contrat pour une durée légale connue à l’avance (16 semaines pour un premier ou deuxième enfant, davantage au-delà et en cas de naissances multiples), pendant laquelle la salariée est indemnisée par la Sécurité sociale, l’employeur établissant l’attestation de salaire et, selon la convention, maintenant une partie du salaire. La salariée est protégée contre le licenciement, de façon absolue pendant le congé et encadrée avant et après : une rupture irrégulière est nulle. Au retour, elle retrouve son emploi ou un emploi similaire, à rémunération au moins équivalente, avec un entretien professionnel et des congés payés acquis pendant l’absence. Pour l’employeur, la bonne pratique consiste à anticiper l’organisation, accomplir les démarches à temps, sécuriser la période protégée et confier le calcul de l’indemnisation au gestionnaire de paie.
Ce sujet fait partie des obligations de l’employeur : retrouvez-les toutes, de la santé-sécurité à la rupture du contrat, dans notre guide RH pour TPE et PME.













