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Incoterm CFR : le vendeur paie le fret, personne n’assure 2026

Incoterm CFR : le vendeur paie le fret, personne n’assure 2026

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En CFR, le vendeur paie la traversée mais n’assure rien, et l’acheteur porte le risque sans avoir choisi le navire. C’est la règle où l’oubli d’assurance se paie le plus cher.

Que signifie l’incoterm CFR ?

CFR signifie Cost and Freight, traduit en français par Coût et Fret. Le vendeur conclut le contrat de transport maritime jusqu’au port de destination convenu et en paie le fret. Mais il remplit son obligation de livraison beaucoup plus tôt : quand la marchandise est placée à bord du navire au port d’embarquement.

C’est une règle exclusivement maritime et fluviale. Aucune obligation d’assurance ne pèse sur l’une ou l’autre partie, et c’est précisément ce qui la distingue du CIF, sa jumelle assurée.

Le décalage entre risque et frais

Le CFR sépare deux points que l’on confond spontanément. Le vendeur paie jusqu’au port d’arrivée, mais il cesse d’être exposé dès la mise à bord au port de départ.

Une avarie survenue en pleine traversée est donc au risque de l’acheteur, alors que c’est le vendeur qui a réservé le navire et réglé le fret. L’acheteur reste redevable du prix convenu, et il n’a d’autre recours que sa propre assurance, s’il en a une, ou une action contre une compagnie qu’il n’a pas choisie.

Élément CFR
Nom complet Cost and Freight, Coût et Fret
Version en vigueur Incoterms 2020
Modes de transport Maritime et fluvial uniquement
Transfert de risque À bord du navire, au port d’embarquement
Transfert de frais Au port de destination convenu
Dédouanement export Vendeur
Dédouanement import Acheteur
Fret maritime Payé par le vendeur
Assurance Aucune obligation pour l’une ou l’autre partie

Le CFR parmi les quatre règles maritimes

Le CFR occupe la troisième position dans l’ordre croissant d’obligations du vendeur. Le classement complet des onze règles figure dans le guide des incoterms.

Règle Transfert de risque Qui paie le fret Assurance obligatoire
FAS Le long du navire Acheteur Non
FOB À bord du navire Acheteur Non
CFR À bord du navire Vendeur Non
CIF À bord du navire Vendeur Oui, vendeur

Qui paie quoi en CFR

Ce que le vendeur prend en charge

Le vendeur supporte l’emballage adapté au transport maritime, le marquage, l’acheminement jusqu’au port d’embarquement, la manutention portuaire au départ, le chargement à bord, ainsi que les formalités et frais de dédouanement export.

Il conclut le contrat de transport jusqu’au port de destination et en règle le fret. Il remet enfin à l’acheteur le document de transport habituel, soit un connaissement, qui permettra à ce dernier de retirer la marchandise.

Ce que l’acheteur prend en charge

L’acheteur supporte les risques dès la mise à bord. Il paie le déchargement au port d’arrivée lorsqu’il n’est pas inclus au contrat de transport, les frais de terminal à destination, le dédouanement import, les droits et taxes, et l’acheminement terrestre final.

Il supporte aussi son assurance, s’il choisit d’en souscrire une, ce qu’aucune règle ne l’oblige à faire mais que la prudence commande.

Poste Vendeur Acheteur
Emballage maritime et marquage
Pré-acheminement jusqu’au port
Dédouanement export
Manutention au départ et chargement à bord
Fret maritime
Risques pendant la traversée
Assurance Aucune obligation Aucune obligation, mais recommandée
Déchargement au port d’arrivée ✔ si inclus au contrat de fret ✔ sinon
Dédouanement import, droits et taxes
Acheminement terrestre final

Le trou d’assurance, principal danger du CFR

Pourquoi personne ne souscrit

La configuration du CFR crée une répartition psychologique trompeuse. Le vendeur a réservé le navire, payé le fret, remis le connaissement : il se considère comme l’organisateur du transport et suppose que la couverture suit. L’acheteur, lui, n’a rien organisé ni rien payé au titre du transport, et ne se sent donc pas concerné par son assurance.

Le résultat est une zone où chacun croit que l’autre s’en charge. Elle ne se révèle qu’au sinistre, moment où l’on découvre que la responsabilité du transporteur maritime est plafonnée par les conventions applicables, à des niveaux sans rapport avec la valeur d’un chargement.

Ce qu’il faut faire

La règle pratique est nette : en CFR, c’est à l’acheteur de souscrire, puisque c’est lui qui porte le risque. Le vendeur a intérêt à le lui rappeler par écrit, non par générosité mais par intérêt : un acheteur non assuré qui subit une perte totale devient un acheteur qui conteste la facture, et le litige coûte plus que le rappel.

Si l’acheteur préfère que le vendeur assure, la règle appropriée n’est pas le CFR mais le CIF, qui impose cette couverture. Le périmètre restreint de cette assurance minimale est détaillé dans l’article consacré à l’incoterm CIF.

Le transfert de risque en CFR

La mise à bord au port de départ

Le risque bascule quand la marchandise se trouve à bord du navire au port d’embarquement. Toute la phase antérieure, y compris l’attente au terminal et la manutention portuaire, reste au vendeur.

Comme pour les autres règles maritimes, cette définition convient à une marchandise chargée directement du quai au navire et devient problématique pour un conteneur, remis au terminal plusieurs jours avant l’escale.

La période aveugle pour le vendeur

Entre le dépôt au terminal et l’embarquement effectif, le vendeur porte un risque qu’il ne peut ni surveiller ni maîtriser. Il ignore la position exacte de son conteneur, les conditions de stockage, et le moment précis de la mise à bord.

Pour un envoi conteneurisé, la règle multimodale équivalente est le CPT, qui transfère le risque à la remise au premier transporteur, c’est-à-dire au moment du dessaisissement réel. Le fonctionnement de cette règle et son double jeu de lieux sont traités dans l’article consacré à l’incoterm CPT.

Configuration maritime Règle historique Règle multimodale équivalente
Acheteur paie le fret FOB FCA
Vendeur paie le fret, sans assurance CFR CPT
Vendeur paie le fret et assure CIF CIP

CFR contre CIF : la seule différence

Ces deux règles sont rigoureusement identiques sur le transport, le point de transfert de risque et la répartition des frais. Seule l’assurance les sépare : obligatoire à la charge du vendeur en CIF, absente en CFR.

Le choix se joue donc sur une question de gestion. Un acheteur qui importe régulièrement dispose souvent d’une police annuelle sur facultés, mieux calibrée et moins chère qu’une couverture souscrite au coup par coup par le vendeur. Dans ce cas, le CFR est plus rationnel, et le CIF ferait payer deux fois la même protection.

À l’inverse, un acheteur occasionnel sans police et sans réflexe d’assurance sera mieux protégé par un CIF, même avec sa couverture minimale, que par un CFR où il n’assurera rien du tout.

Point de comparaison CFR CIF
Transfert de risque À bord du navire À bord du navire
Qui paie le fret Vendeur Vendeur
Assurance obligatoire Non Oui, à la charge du vendeur
Qui choisit le niveau de couverture L’acheteur, librement Le vendeur, au minimum de la règle
Convient à l’acheteur avec police annuelle Oui Redondant
Convient à l’acheteur occasionnel Risqué Oui

CFR contre FOB : qui réserve le navire

Ces deux règles transfèrent le risque au même endroit. Elles se distinguent sur qui conclut le contrat de transport et paie le fret.

En FOB, c’est l’acheteur : il choisit sa compagnie, négocie son taux, et voit le coût du fret séparément du prix de la marchandise. En CFR, c’est le vendeur, et le fret disparaît dans un prix rendu port de destination.

Cette opacité est le principal reproche adressé au CFR par les acheteurs réguliers, car elle empêche de comparer deux fournisseurs sur la seule valeur de la marchandise. Le raisonnement complet sur le transfert à bord et ses conséquences figure dans l’article consacré à l’incoterm FOB.

Point de comparaison FOB CFR
Qui conclut le contrat de transport Acheteur Vendeur
Transfert de risque À bord À bord
Lisibilité du coût de fret Totale Noyée dans le prix
Qui subit une hausse du fret L’acheteur Le vendeur, sauf clause de révision
Convient à l’acheteur régulier Oui Moins

Le risque de hausse du fret pour le vendeur

Un point mérite l’attention des vendeurs qui pratiquent le CFR sur des devis à validité longue. Le prix annoncé inclut un fret estimé au moment du devis. Si les taux montent entre l’acceptation et l’expédition, l’écart sort de la marge.

La parade tient en une clause : limiter la validité du devis, ou prévoir une révision du prix au-delà d’un certain seuil de variation du fret. Sur des liaisons dont les taux bougent fortement, cette précaution vaut mieux qu’une marge rognée sans recours.

Ce qu’il faut écrire sur le devis, la facture et le contrat

La mention comporte le sigle, le port de destination précis, et la version des règles. Par exemple, CFR Port de Casablanca, Maroc, Incoterms 2020.

Comme pour le CIF, le lieu nommé est le port d’arrivée, puisque c’est jusque-là que le vendeur paie. Écrire le port d’embarquement inverse le sens de l’engagement, erreur qui se remarque rarement avant le désaccord.

La mention doit figurer à l’identique sur le devis, la facture et le contrat. Les autres informations obligatoires du document sont récapitulées dans les mentions obligatoires d’une facture.

Point ouvert Pourquoi il faut le trancher
Qui souscrit l’assurance Aucune obligation en CFR, donc risque que personne ne le fasse
Le déchargement au port d’arrivée À la charge du vendeur seulement s’il est inclus au contrat de fret
Les frais de terminal à destination Ils échappent souvent au contrat et surprennent à l’arrivée
La révision du prix en cas de hausse du fret Le vendeur supporte l’écart sans clause de révision
Le type de connaissement attendu Les crédits documentaires exigent la mention à bord

Un cas concret, chiffré

Une entreprise française vend trente-cinq mille euros de marchandises à un client sénégalais, en CFR Dakar. Le conteneur est remis au terminal de Marseille le 8 juin, embarqué le 12 juin, et le navire arrive le 24 juin.

Le 18 juin, en pleine traversée, une partie du chargement est endommagée par une infiltration d’eau de mer.

La marchandise était à bord depuis le 12 juin : le risque est donc à l’acheteur. Il doit payer les trente-cinq mille euros. Il n’a pas souscrit d’assurance, parce qu’il pensait que le vendeur, ayant réservé le navire, s’en était occupé. Il se retourne alors vers la compagnie maritime, dont la responsabilité est plafonnée par la convention applicable, à un montant qui couvre une fraction de la perte.

Le vendeur, lui, a rempli ses obligations. Il a payé le fret, la marchandise a été mise à bord, il peut réclamer le paiement intégral. Commercialement, la relation est abîmée, et il aurait suffi d’une phrase au contrat pour l’éviter : préciser que l’assurance incombe à l’acheteur, ou basculer en CIF.

Étape Date Risque Qui a payé le transport
Remise au terminal de Marseille 8 juin Vendeur Vendeur
Attente sur le parc 8 au 12 juin Vendeur, sans maîtrise Vendeur
Mise à bord 12 juin Bascule vers l’acheteur Vendeur
Infiltration en traversée 18 juin Acheteur Vendeur
Arrivée à Dakar 24 juin Acheteur Fin du fret payé

Les erreurs qui reviennent et comment chacune se corrige

Erreur Conséquence Correction
Supposer que le vendeur assure parce qu’il paie le fret Perte non couverte pour l’acheteur Écrire au contrat qui souscrit, ou passer en CIF
Utiliser CFR pour un conteneur Le vendeur porte le risque plusieurs jours à l’aveugle Basculer en CPT, qui transfère à la remise au transporteur
Écrire le port d’embarquement après le sigle Le sens de l’engagement est inversé Nommer le port de destination
Employer CFR pour un envoi aérien ou routier Règle inapplicable, contrat incohérent Utiliser CPT, qui est multimodale
Devis à validité longue sans clause de révision Une hausse du fret sort de la marge du vendeur Limiter la validité ou prévoir une révision
Supposer le déchargement inclus Facture de manutention imprévue à l’arrivée Demander la liste des prestations couvertes par le fret

Une septième erreur mérite d’être isolée : comparer une offre CFR et une offre FOB sur le prix affiché. L’une inclut le fret, l’autre non. La comparaison n’a de sens qu’après avoir ramené les deux à une base commune, ce qui suppose de chiffrer le fret de l’offre FOB avant de décider. Sans ce travail, l’offre qui paraît la moins chère est parfois la plus coûteuse.

CFR et Djaboo : ce que l’outil enregistre

Djaboo est un logiciel de gestion tout-en-un pour TPE et PME. Sur une facture, l’adresse de livraison se saisit séparément de l’adresse de facturation, avec sa rue, sa ville, son code postal, son département et son pays. Un champ de conditions et une note client permettent d’y porter la mention de la règle et du port de destination. Le module entrepôt gère des bons de livraison rattachés à la facture, avec un code, une date, une adresse et un statut, ainsi que des listes de colisage détaillées, dans la même logique que le bon de réception côté entrant.

Trois limites doivent être dites clairement. Djaboo ne comporte aucun champ dédié à l’incoterm : la mention se saisit en texte libre, et rien ne contrôle sa cohérence entre le devis et la facture. L’outil ne calcule aucun droit de douane, aucune taxe à l’importation et aucun coût de fret, ce qui compte particulièrement en CFR où le fret est intégré au prix de vente. Et il ne gère ni connaissement, ni police d’assurance, ni aucun document maritime.

Ce qu’il apporte se situe donc autour de la règle : conserver au même endroit la facture, l’adresse réelle d’expédition, le bon de livraison daté et la liste de colisage. Sur une opération CFR, où le prix inclut un fret estimé, garder trace de ce qui a été facturé et de ce qui est effectivement parti aide aussi à vérifier après coup si la marge tenait.

Le CFR est la règle où l’assurance manque, non par négligence mais par une répartition trompeuse des rôles : celui qui paie le transport n’est pas celui qui porte le risque, et chacun suppose que l’autre s’en occupe.

Une phrase au contrat suffit à fermer ce trou : désigner explicitement qui souscrit. Et si l’acheteur ne veut pas s’en charger, la réponse n’est pas de laisser le sujet ouvert mais de basculer en CIF, quitte à en discuter la couverture. Pour un envoi conteneurisé, le CPT reste de toute façon préférable, car il évite au vendeur une période de risque qu’il ne maîtrise pas.

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