Un bon devis se comprend mieux en le voyant qu’en lisant des règles. Voici trois exemples de devis complets et commentés (bâtiment, prestation de services, micro-entrepreneur), l’anatomie du document et les mentions à ne jamais oublier.
L’anatomie d’un devis : les quatre zones du document
Tous les devis professionnels, du peintre au consultant, s’organisent en quatre zones, et les exemples plus bas les suivent à la lettre :
- L’en-tête : l’identité complète de l’émetteur (nom ou raison sociale, adresse, SIREN/SIRET, forme juridique, contact, numéro de TVA le cas échéant), celle du client, la mention « Devis » bien visible, un numéro unique, la date d’émission et la durée de validité de l’offre.
- Le corps : le détail chiffré, ligne par ligne : désignation précise de chaque prestation ou fourniture, quantité, unité (heure, jour, m², forfait), prix unitaire hors taxes, total de ligne. C’est la zone qui fait la différence entre un devis rassurant et un devis flou : plus le découpage est lisible, moins le client imagine de mauvaises surprises.
- Le pied : les totaux (HT, TVA par taux, TTC), les conditions de règlement (acompte, échéances, moyens de paiement), les conditions d’exécution (délai, modalités) et les mentions particulières du métier.
- La zone de signature : la formule « bon pour accord », la date et la signature du client : c’est elle qui transforme l’offre en engagement réciproque.
Les mentions obligatoires d’un devis
Le devis est encadré : certaines mentions sont exigées par la réglementation générale, d’autres par des règles sectorielles. La check-list de base :
| Mention | Détail |
|---|---|
| La mention « Devis » et un numéro | Le document doit s’identifier comme une offre, numérotée pour le suivi |
| Date d’émission et durée de validité | « Devis valable 30 jours » : au-delà, vous n’êtes plus tenu par les prix |
| Identité complète de l’émetteur | Nom ou raison sociale, adresse, SIREN/SIRET, forme juridique et capital pour les sociétés, numéro de TVA intracommunautaire le cas échéant |
| Identité du client | Nom et adresse ; pour les professionnels, la raison sociale |
| Détail des prestations | Désignation, quantité, unité, prix unitaire HT pour chaque ligne : le forfait global opaque est source de litiges |
| Totaux et TVA | Total HT, taux et montant de TVA (par taux s’il y en a plusieurs), total TTC |
| Conditions de règlement | Acompte demandé, échéances, moyens de paiement acceptés |
| Date ou délai d’exécution | Début et durée de la prestation, ou délai de livraison |
| Caractère gratuit ou payant du devis | Le devis est gratuit sauf mention contraire annoncée d’avance |
Trois cas particuliers reviennent sans cesse : le micro-entrepreneur en franchise de TVA remplace les lignes de TVA par la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » (l’exemple 3 le montre) ; les métiers réglementés (bâtiment, déménagement, dépannage à domicile, services à la personne) ont des obligations renforcées, notamment le devis obligatoire au-delà de certains montants et des mentions propres (taux horaire, frais de déplacement, caractère payant ou non) ; et l’assurance professionnelle (décennale en tête) doit figurer sur les devis des artisans avec les coordonnées de l’assureur et la zone de couverture. En cas de doute sur votre secteur, la fiche de votre fédération professionnelle fait foi ; le socle ci-dessus, lui, vaut partout.
Exemple 1 : devis de peinture (bâtiment, rénovation)
L’entreprise Ravel Peinture (SARL, 4 salariés) chiffre la remise en peinture d’un appartement occupé de 68 m² : deux chambres, un séjour, un couloir. Logement de plus de deux ans : la TVA à taux réduit de la rénovation s’applique sur travaux et fournitures posées.
En-tête : Ravel Peinture SARL, 12 rue des Ateliers, 69003 Lyon, SIRET, TVA FR…, assurance décennale [assureur, contrat, couverture France], devis n° D-2026-0212 du 12 mars, valable 45 jours. Client : M. et Mme Sauvat, 8 cours Vitton, 69006 Lyon.
| Désignation | Qté | Unité | PU HT | Total HT |
|---|---|---|---|---|
| Protection des sols et mobiliers, bâchage, adhésifs | 1 | forfait | 180,00 € | 180,00 € |
| Préparation des supports : lessivage, rebouchage, ponçage (murs et plafonds) | 196 | m² | 6,50 € | 1 274,00 € |
| Impression murs et plafonds, peinture acrylique | 196 | m² | 4,20 € | 823,20 € |
| Finition 2 couches, peinture mate blanche (plafonds) | 68 | m² | 9,80 € | 666,40 € |
| Finition 2 couches, peinture satinée teintée (murs) | 128 | m² | 11,40 € | 1 459,20 € |
| Boiseries : portes (5) et plinthes, laque satinée | 1 | forfait | 640,00 € | 640,00 € |
| Nettoyage de fin de chantier et évacuation des déchets | 1 | forfait | 150,00 € | 150,00 € |
Pied : Total HT 5 192,80 € · TVA 10 % (rénovation, attestation client jointe) 519,28 € · Total TTC 5 712,08 €. Acompte de 30 % à la commande (1 713,62 €), solde à réception de chantier. Début des travaux : semaine 16, durée 8 jours ouvrés, en site occupé (pièces traitées l’une après l’autre). Devis gratuit. « Bon pour accord », date, signature.
Ce qui rend ce devis efficace : le découpage par étape technique (le client comprend ce qu’il paie et peut comparer poste à poste), les quantités vérifiables (196 m² de développé se recalculent), la TVA réduite justifiée par l’attestation (au taux normal, l’écart serait de plus de 500 € : l’afficher protège des malentendus), et les conditions d’exécution en site occupé, qui montrent que l’entreprise a vu le chantier.
Exemple 2 : devis de prestation de services (création de site web)
Studio Nane (EURL, 2 personnes) répond à une demande de site vitrine pour un cabinet d’ostéopathie. Prestation intellectuelle : le découpage se fait par phases, pas par m².
| Désignation | Qté | Unité | PU HT | Total HT |
|---|---|---|---|---|
| Atelier de cadrage : objectifs, arborescence, contenus (compte rendu remis) | 0,5 | jour | 640,00 € | 320,00 € |
| Conception graphique : 2 pistes, 2 allers-retours de corrections inclus | 2 | jour | 640,00 € | 1 280,00 € |
| Développement et intégration : 6 pages, formulaire de contact, prise de RDV en ligne (outil tiers) | 4 | jour | 640,00 € | 2 560,00 € |
| Optimisation de base pour les moteurs de recherche et temps de chargement | 1 | jour | 640,00 € | 640,00 € |
| Formation à la mise à jour (visio 1 h 30 + support PDF) | 1 | forfait | 240,00 € | 240,00 € |
Pied : Total HT 5 040,00 € · TVA 20 % 1 008,00 € · Total TTC 6 048,00 €. Règlement : 40 % à la commande, 30 % à la validation des maquettes, 30 % à la mise en ligne. Délai : 6 semaines à compter de la réception des contenus. Sont exclus : la rédaction des textes, les photographies, l’hébergement et le nom de domaine (souscrits par le client, accompagnement inclus), toute page ou fonctionnalité supplémentaire (sur avenant). Validité : 30 jours. « Bon pour accord ».
Ce qui rend ce devis efficace : les allers-retours de corrections comptés (la source n°1 de dérive des projets créatifs est bornée d’avance), l’échéancier calé sur des jalons validés, et surtout la rubrique des exclusions : ce que le prix ne comprend pas, écrit noir sur blanc, épargne la négociation pénible du « je pensais que c’était inclus ». Sur les affaires plus complexes, ce devis s’accompagne d’une proposition commerciale qui raconte la compréhension du besoin ; le devis reste la pièce chiffrée qui engage.
Exemple 3 : devis de micro-entrepreneur (nettoyage de bureaux)
Samia L., micro-entrepreneuse en franchise de TVA, propose l’entretien hebdomadaire des bureaux d’une agence immobilière (110 m²).
| Désignation | Qté | Unité | PU | Total |
|---|---|---|---|---|
| Entretien hebdomadaire complet : sols, sanitaires, cuisine, corbeilles, points de contact (3 h/passage) | 4,33 | passage/mois | 84,00 € | 363,72 € |
| Vitrerie intérieure et extérieure accessible (1 passage par trimestre, inclus au forfait mensuel lissé) | 1 | forfait/mois | 26,00 € | 26,00 € |
| Produits et consommables techniques fournis | 1 | forfait/mois | 18,00 € | 18,00 € |
Pied : Total mensuel : 407,72 € · TVA non applicable, art. 293 B du CGI. Facturation mensuelle à terme échu, règlement à 15 jours par virement. Engagement de 3 mois puis tacite reconduction mensuelle, résiliable avec un préavis de 30 jours. Intervention le mardi de 18 h à 21 h, clés confiées contre décharge. Devis gratuit, valable 30 jours. « Bon pour accord ».
Ce qui rend ce devis efficace : la mention de franchise de TVA à la place exacte où le client cherche la TVA (un professionnel sait ainsi qu’il ne récupérera rien : mieux vaut l’assumer que le laisser découvrir), le passage mensuel moyen calculé honnêtement (52 semaines/12 mois = 4,33), et les modalités pratiques (créneau, clés, préavis) qui font office de mini-contrat. Les spécificités de la facturation qui suivra sont détaillées dans notre guide de la facturation du micro-entrepreneur.
Adapter l’exemple à votre métier : six déclinaisons express
La structure ne change jamais ; ce qui change d’un métier à l’autre, c’est le découpage des lignes et deux ou trois mentions propres :
- Électricien, plombier, menuisier : même logique que l’exemple peinture, avec la distinction fournitures/main-d’œuvre encore plus marquée (les clients comparent le prix des équipements sur internet : un ballon d’eau chaude se chiffre à part de sa pose), le taux de TVA rénovation sous conditions et l’attestation associée, et la décennale en en-tête.
- Consultant et formateur : découpage en jours ou en livrables, comme l’exemple web ; le formateur ajoute ses mentions propres (numéro de déclaration d’activité si le client mobilise un financement, objectifs et modalités de la formation, souvent en annexe au devis).
- Photographe, vidéaste, créatif : deux blocs distincts : la prestation (prise de vue, retouche, montage) et la cession de droits (usages, supports, durée, territoire), chiffrée à part : c’est elle qui évite les litiges d’utilisation, et beaucoup l’oublient.
- Traiteur, événementiel : chiffrage par personne et par poste (repas, boissons, service, matériel), acompte fort (souvent 50 %) justifié par les achats engagés, et conditions d’annulation dégressives écrites : c’est la ligne qui sauve la saison.
- Atelier et fabrication sur mesure : lignes par phase (étude, matières, fabrication, pose), un acompte qui couvre les matières, et le renvoi aux plans validés (« selon plan V2 du 4 mai joint ») : le devis et le plan forment un tout.
- Maintenance et contrats récurrents : comme l’exemple nettoyage : un montant périodique, la durée d’engagement, le préavis, et ce que le forfait couvre ou non (les pièces ? les déplacements ? les urgences ?) : un devis de récurrent est un mini-contrat, autant le rédiger comme tel.
Construire votre devis en quinze minutes : le pas-à-pas
- Reprenez la demande en une phrase en tête de devis : quoi, où, dans quel contexte. C’est votre garde-fou : chaque ligne qui suit doit servir cette phrase.
- Listez les lignes en suivant le déroulé réel de la prestation, de la préparation à la finition : c’est l’ordre le plus naturel pour le client, et le meilleur moyen de ne rien oublier (la protection, le déplacement, le nettoyage final sont les oublis classiques).
- Chiffrez chaque ligne : quantité mesurée ou estimée prudemment, unité explicite, prix unitaire à jour. Au moindre doute sur une quantité, une visite ou une question au client vaut mieux qu’une hypothèse silencieuse.
- Passez la check-list des mentions : identités, numéro, dates, validité, TVA (le bon taux, ou la franchise), conditions de règlement et d’exécution, exclusions, mentions du métier.
- Relisez en client : comprendrait-il chaque ligne sans vous au téléphone ? Verrait-il ce qui n’est pas compris ? Saurait-il quoi faire pour accepter ? Ces trois oui obtenus, envoyez, et notez la relance à J+7 dans votre outil.
Ce qui fait accepter un devis (au-delà du prix)
À prestation égale, certains devis signent et d’autres dorment. Les leviers observables chez ceux qui signent :
- La vitesse d’envoi. Le devis envoyé dans les 24 à 48 heures arrive pendant que le besoin est chaud et que la concurrence rédige encore. C’est le levier le moins cher de tous, et le premier argument des outils de devis : partir d’un catalogue et d’un modèle plutôt que d’une page blanche.
- Le miroir du besoin. Une phrase d’introduction qui reformule la demande (« Suite à notre visite du 12 mars, remise en peinture de votre appartement en site occupé… ») prouve l’écoute et personnalise un document par nature standardisé.
- Le découpage qui rassure. Des lignes détaillées avec quantités et unités vérifiables ; les forfaits réservés à ce qui est réellement forfaitaire. Le client compare toujours ; autant qu’il compare sur vos lignes claires plutôt que sur le total opaque d’un concurrent.
- L’option qui donne le choix. Une variante (« finition standard / finition premium ») transforme la question « ce prix ou rien ? » en « laquelle je choisis ? ». Une seule option bien pensée suffit ; trois noient la décision.
- La relance organisée. Un devis sans réponse à J+7 mérite un appel, pas un silence gêné : la moitié des devis « perdus » sont simplement des devis oubliés sous une pile. Cadence et formulations sont détaillées dans notre guide de la relance commerciale.
Ce que le devis engage, juridiquement
Le devis signé n’est pas un papier commercial : c’est un contrat. Les points de droit à connaître avant d’envoyer :
- Côté professionnel : le devis vous engage sur les prix et prestations décrits, pendant toute sa durée de validité. D’où l’importance de cette durée (30 à 90 jours selon la volatilité de vos coûts) et de la précision des désignations : ce qui n’est pas écrit se plaidera.
- Côté client : la signature avec « bon pour accord » vaut acceptation de l’offre et forme le contrat. Les arrhes et l’acompte n’ont pas le même régime : l’acompte engage définitivement les deux parties (le client qui renonce peut devoir le solde), c’est le régime le plus courant et celui de nos exemples.
- Les travaux supplémentaires découverts en cours d’exécution ne se facturent pas d’office : ils s’actent par un devis complémentaire ou un avenant signé avant exécution. Le litige type du bâtiment naît précisément du « on a fait en plus » jamais formalisé.
- Le devis payant est légal s’il est annoncé avant son établissement (pratique courante quand le chiffrage demande une étude réelle) ; beaucoup le remboursent en cas de commande, ce qui se mentionne aussi.
Faire ses devis : du modèle au logiciel
Pour la mise en forme, deux chemins. Le modèle bureautique (Word, Excel) dépanne au démarrage : notre guide des modèles de devis gratuits compare les formats et fournit la base. Ses limites arrivent avec le volume : numérotation manuelle, catalogue recopié, aucune traçabilité des relances, et une ressaisie complète au moment de facturer. Le logiciel de gestion inverse la logique : dans Djaboo, le devis se compose depuis le catalogue de produits et services (prix et TVA justes par construction), part par email avec suivi de son statut, se relance à temps, et devient facture en un clic une fois signé, sans ressaisie : les exemples de cet article s’y reconstruisent en quelques minutes. Le guide de la gestion des devis couvre le circuit complet, du premier envoi à la conversion en facture ; et pour les métiers du bâtiment, le choix d’un logiciel devis-factures dédié a ses critères propres.
Les erreurs qui coûtent des signatures (ou des litiges)
- Le forfait global sans détail. « Rénovation appartement : 12 000 € » n’inspire pas confiance et interdit toute discussion constructive : le client refuse le tout au lieu de négocier une ligne.
- Les quantités approximatives. Le métré non vérifié ou l’oubli d’un poste se paie deux fois : en marge si vous absorbez, en conflit si vous refacturez.
- La validité absente. Sans date limite, un client peut exiger vos prix de l’an dernier : la mention « valable X jours » est votre protection contre la hausse de vos propres coûts.
- Les conditions de règlement muettes. Pas d’acompte prévu = trésorerie qui finance le chantier ; pas d’échéancier = solde négocié à la fin, en position faible.
- Les exclusions implicites. Tout ce que le prix ne comprend pas s’écrit : c’est la ligne la plus rentable du document.
- La TVA fausse. Taux réduit appliqué sans attestation, franchise oubliée, taux mélangés sans détail : l’erreur de TVA transforme un devis signé en casse-tête de facturation.
- Le devis jamais relancé. L’envoi n’est pas la fin du travail commercial, c’est le début de la période de décision : la relance en fait partie.
Questions fréquentes sur les exemples de devis
Un devis est-il obligatoire ?
Pour les particuliers, le professionnel doit fournir une information claire sur les prix avant l’achat, et le devis devient obligatoire dans plusieurs secteurs (travaux et dépannage au-delà de certains montants, déménagement, services à la personne, santé pour certains actes…). Entre professionnels, il n’est pas imposé par principe mais reste l’usage : c’est la pièce qui protège les deux parties. Dans le doute, faites-en un systématiquement : un devis clair coûte dix minutes et évite des litiges qui coûtent des semaines.
Quelle différence entre un devis et une facture ?
Le moment et la fonction : le devis est une offre, avant la prestation, qui engage sur les prix proposés ; la facture constate, après (ou en cours), ce qui est dû, avec ses propres mentions obligatoires et sa valeur comptable et fiscale. Le devis signé sert de référence à la facture : mêmes lignes, mêmes prix, ce qui plaide pour un outil où l’un se transforme en l’autre sans ressaisie.
Quelle différence entre un devis et une proposition commerciale ?
Le devis est la pièce chiffrée et engageante ; la proposition commerciale est le document de conviction qui l’entoure sur les affaires complexes : compréhension du besoin, démarche, équipe, références, puis le chiffrage. Pour une prestation simple, le devis seul suffit ; dès que plusieurs décideurs ou plusieurs options entrent en jeu, la proposition porte l’argumentation et le devis reste l’annexe qui se signe.
Combien de temps un devis est-il valable ?
La durée que vous y écrivez : 30 jours est l’usage courant, 45 à 90 jours pour les affaires longues à décider, moins en période de coûts volatils. Passé ce délai, vous n’êtes plus tenu par l’offre : un client qui revient tard se voit rééditer un devis à jour. Et si aucune durée n’est mentionnée, l’offre reste valable un « délai raisonnable », notion floue qui se plaide : écrivez la durée, toujours.
Peut-on modifier un devis signé ?
Uniquement par accord des deux parties : un avenant signé (ou un devis complémentaire) pour tout ajout, retrait ou changement de prix. Unilatéralement, non : le professionnel ne peut pas majorer un devis accepté, et le client ne peut pas exiger plus que ce qui y figure. C’est toute la valeur du document : il fige l’accord, dans les deux sens.
Faut-il facturer un acompte sur devis ?
C’est recommandé dès que la prestation engage des achats ou du temps significatif : 20 à 40 % à la commande selon les usages du métier. L’acompte teste aussi l’engagement du client, finance le démarrage et donne lieu, depuis la généralisation de la facturation électronique, à une facture d’acompte en bonne et due forme au moment de l’encaissement.
Peut-on faire signer un devis par voie électronique ?
Oui : la signature électronique a la même valeur juridique que la signature manuscrite dès lors que le procédé identifie le signataire et garantit l’intégrité du document, ce que les solutions du marché assurent. En pratique, elle accélère nettement la décision : le devis reçu par email se signe au téléphone en deux minutes, au lieu d’attendre une impression et un scan. La plupart des logiciels de devis l’intègrent, avec l’horodatage et l’archivage de la preuve.
Quel taux de TVA appliquer sur un devis ?
Celui de la prestation, au moment où elle sera réalisée : 20 % en règle générale, 10 % pour la rénovation de logements de plus de deux ans (avec attestation du client), 5,5 % pour certains travaux de rénovation énergétique, et des taux propres à quelques secteurs. Deux réflexes protègent : détailler la TVA par taux quand plusieurs coexistent sur le même devis, et conditionner le taux réduit à l’attestation dans le texte même du devis, pour que le bénéfice du taux repose sur la déclaration du client, pas sur la vôtre.
Comment numéroter ses devis ?
Une série chronologique continue et sans trous, distincte de celle des factures : D-2026-0001, D-2026-0002… Le numéro sert au suivi (quelle version le client a-t-il signée ?), aux relances et à la conversion en facture. Les logiciels numérotent seuls ; en bureautique, tenez un registre, car les doublons de numéros sont le premier symptôme des devis faits à la va-vite.
L’essentiel à retenir
Un exemple de devis en 2026 vaut tous les discours : quatre zones (en-tête identifié, corps détaillé ligne à ligne, pied avec totaux et conditions, signature « bon pour accord »), les mentions obligatoires de votre situation (TVA, secteur réglementé, assurance), et les trois réflexes qui font signer : envoyer vite, détailler ce qui rassure, écrire les exclusions. Les trois modèles de cet article (bâtiment, services, micro-entrepreneur) couvrent l’essentiel des cas : adaptez les lignes à votre métier, gardez la structure, et outillez la suite : un devis qui se transforme en facture sans ressaisie, se suit et se relance à temps, c’est autant de marge commerciale récupérée sur le seul document que tous vos clients lisent en entier.













