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Compte bancaire professionnel en ligne

Compte pro en ligne : obligations, critères de choix et ouverture

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Je dispose maintenant de toutes les informations nécessaires pour rédiger un article complet, dense et bien documenté. Voici l’article :

Ouvrir un compte bancaire professionnel est l’une des premières décisions concrètes que vous prenez en tant que dirigeant ou indépendant. Pourtant, elle est souvent traitée à la va-vite, au milieu d’une dizaine d’autres formalités de création. Résultat : des frais sous-estimés, un établissement mal adapté à votre activité, et parfois des complications comptables ou fiscales qui auraient pu être évitées dès le départ. Cet article vous donne les clés pour choisir avec méthode, ouvrir sereinement, et connecter votre compte à vos outils de gestion pour en tirer le meilleur parti au quotidien.

Compte pro : obligatoire ou pas selon votre statut juridique

La réponse à cette question dépend entièrement de la forme juridique sous laquelle vous exercez. Confondre les régimes est l’une des erreurs les plus fréquentes, et elle peut coûter cher.

Pour les sociétés commerciales (SARL, EURL, SAS, SASU, SA, SNC…), l’ouverture d’un compte bancaire professionnel est une obligation légale dès la création. Sans ce compte, il est impossible de déposer le capital social, et sans attestation de dépôt des fonds, le greffe du tribunal de commerce refuse l’immatriculation. Votre société n’existe juridiquement qu’à partir du moment où elle est immatriculée au Registre National des Entreprises (RNE). Le compte pro n’est donc pas une option : c’est une condition de naissance de la personne morale.

Pour les entrepreneurs individuels, micro-entrepreneurs, artisans, commerçants et professions libérales, la situation est différente. La loi n’impose pas l’ouverture d’un compte bancaire professionnel en tant que tel. Elle impose en revanche un compte bancaire dédié à l’activité professionnelle dès lors que le chiffre d’affaires annuel dépasse 10 000 euros pendant deux années civiles consécutives, conformément à l’article 39 de la loi PACTE du 22 mai 2019, codifié à l’article L. 133-6-8-4 du Code de la sécurité sociale. Ce compte dédié peut théoriquement être un simple compte courant personnel réservé à l’activité, à condition qu’il soit clairement identifié au nom de l’entreprise.

Pour les commerçants, l’article L. 123-24 du Code de commerce impose la détention d’un compte bancaire, sans préciser qu’il doit être professionnel. Mais en pratique, la plupart des établissements bancaires refusent qu’un compte personnel soit utilisé à des fins commerciales.

Ce que la loi n’impose pas, la pratique le recommande fortement. En pratique, beaucoup de dirigeants commencent par mélanger leurs flux professionnels et personnels, ce qui génère systématiquement des problèmes de traçabilité comptable, un risque de redressement URSSAF ou fiscal, et une incapacité à piloter correctement la trésorerie. Ouvrir un compte dédié dès le premier jour, même sans obligation légale, est donc un réflexe de gestion saine.

Compte pro, compte courant dédié, compte de dépôt : les distinctions utiles

Ces trois notions sont souvent confondues, alors qu’elles désignent des réalités différentes avec des implications pratiques bien distinctes.

Le compte de dépôt est la catégorie juridique de base. C’est le compte bancaire classique, ouvert auprès d’un établissement de crédit, sur lequel vous déposez et retirez des fonds. Tout compte bancaire, qu’il soit personnel ou professionnel, est techniquement un compte de dépôt au sens du Code monétaire et financier.

Le compte courant dédié est un compte de dépôt ordinaire, ouvert à votre nom en tant que personne physique, mais réservé exclusivement aux flux de votre activité professionnelle. Il satisfait l’obligation légale imposée aux micro-entrepreneurs et entrepreneurs individuels qui franchissent les seuils de la loi PACTE. Il ne s’agit pas d’un compte professionnel au sens commercial du terme : il n’est pas ouvert au nom de votre entreprise, et il ne donne pas nécessairement accès aux services professionnels (terminal de paiement, découvert autorisé, crédit professionnel, etc.).

Le compte bancaire professionnel est un compte ouvert au nom de votre entreprise ou de votre activité professionnelle, auprès d’un établissement bancaire ou d’un établissement de paiement. Il est conçu pour répondre aux besoins spécifiques des professionnels : cartes de paiement professionnelles, plafonds adaptés, outils de facturation intégrés, accès aux crédits et aux découverts autorisés, gestion multi-utilisateurs, synchronisation comptable. C’est ce type de compte qui est obligatoire pour les sociétés commerciales, et que la quasi-totalité des établissements bancaires recommandent (voire imposent) à leurs clients professionnels.

La distinction entre compte dédié et compte professionnel a une incidence directe sur la déductibilité des frais bancaires. Sous le régime réel, les frais liés à la gestion d’un compte professionnel constituent des charges déductibles, à condition qu’ils soient clairement imputables à l’activité. Un compte mixte ou mal identifié rend cette démonstration laborieuse en cas de contrôle.

Banque traditionnelle, banque en ligne, établissement de paiement : ce qui les différencie vraiment

Choisir son compte pro implique d’abord de comprendre à qui vous avez affaire. Trois grandes catégories d’acteurs coexistent sur le marché, avec des statuts juridiques, des garanties et des capacités de service très différentes.

Les établissements de crédit sont les banques traditionnelles au sens plein du terme. Selon l’article L. 511-1 du Code monétaire et financier, ce sont les entreprises dont l’activité consiste à recevoir des fonds remboursables du public et à octroyer des crédits. Ils sont agréés par l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR), institution intégrée à la Banque de France. Leur champ d’action est le plus large : dépôts, crédits, change, conseil en gestion de patrimoine, placement de valeurs mobilières, mise à disposition de moyens de paiement. Ils sont adhérents au Fonds de Garantie des Dépôts et de Résolution (FGDR), qui garantit les dépôts jusqu’à 100 000 euros par déposant et par établissement, conformément à la directive européenne 2014/49/UE transposée en droit français. Les banques en ligne adossées à de grands groupes bancaires (filiales numériques d’établissements de crédit) bénéficient du même statut et de la même garantie.

Les établissements de paiement sont apparus en France à partir de 2010, suite à la Directive européenne sur les services de paiement (DSP1). Ils disposent d’un agrément de paiement délivré par l’ACPR, mais ne sont pas des banques au sens plein. Ils ne peuvent pas octroyer de crédits directement, ni recevoir des dépôts au sens juridique du terme. En revanche, ils proposent des services de paiement complets : virements, prélèvements, cartes, gestion de comptes. Les fonds de leurs clients ne sont pas couverts par le FGDR, mais ils sont protégés par un mécanisme de cantonnement : les sommes sont déposées sur un compte séparé ouvert auprès d’un établissement de crédit. En cas de défaillance de l’établissement de paiement, les fonds cantonnés sont restitués aux clients. En cas de défaillance de la banque qui héberge ce cantonnement, le FGDR intervient à hauteur de 100 000 euros. La protection est donc réelle, mais le mécanisme est différent d’une garantie directe.

Les néobanques est un terme générique qui désigne les acteurs 100 % numériques. Certains sont des établissements de crédit à part entière (avec licence bancaire), d’autres sont des établissements de paiement ou des établissements de monnaie électronique (EME). La distinction est importante pour la garantie des dépôts : seuls les établissements de crédit sont directement adhérents au FGDR. Avant d’ouvrir un compte, vous pouvez vérifier le statut exact d’un établissement sur le registre REGAFI de l’ACPR, disponible en ligne.

Pour résumer : si vous avez besoin d’un crédit professionnel, d’un découvert autorisé important ou d’une relation bancaire de financement, les établissements de crédit restent incontournables. Pour la gestion courante, les virements, la facturation et les outils numériques, les établissements de paiement offrent souvent des interfaces plus modernes, des tarifs plus transparents et une ouverture de compte plus rapide.

Les 8 critères de choix : tarifs, découvert, dépôt d’espèces et de chèques, moyens de paiement, service client, garantie des dépôts

Comparer les offres de comptes professionnels ne se résume pas à regarder le prix de l’abonnement mensuel. Voici les huit critères à examiner avec rigueur avant de vous engager.

1. Le coût total réel. L’abonnement mensuel affiché n’est que la partie visible. Il faut également prendre en compte les commissions sur mouvements (facturées à chaque opération dans certains établissements), les frais de virement instantané, les frais d’incidents (rejet de prélèvement, découvert non autorisé), le coût de la carte bancaire, les frais de retrait, et les commissions sur les paiements par carte si vous utilisez un terminal. Calculez le coût total annuel en fonction de votre volume d’opérations réel, pas sur la base du seul abonnement.

2. Le découvert autorisé. Si votre activité connaît des décalages de trésorerie entre encaissements et décaissements, la disponibilité d’un découvert autorisé peut être déterminante. Les établissements de paiement ne proposent généralement pas cette option, contrairement aux établissements de crédit. Vérifiez les conditions (plafond, taux d’intérêt, durée maximale) avant de signer.

3. Le dépôt d’espèces. Si votre activité génère des encaissements en numéraire (commerce de détail, restauration, artisanat), la possibilité de déposer des espèces est indispensable. Les banques en ligne et la plupart des établissements de paiement ne proposent pas ce service, ou le proposent via un réseau de partenaires avec des frais supplémentaires. Une banque traditionnelle avec réseau d’agences reste souvent la seule option viable pour les activités à fort volume de cash.

4. Le dépôt et l’encaissement de chèques. Le chèque reste un moyen de paiement utilisé en France, notamment dans certains secteurs (BTP, professions libérales, associations). Tous les établissements ne proposent pas l’encaissement de chèques, et ceux qui le font peuvent le facturer ou le limiter en volume. Vérifiez ce point si votre clientèle règle régulièrement par chèque.

5. Les moyens de paiement disponibles. Cartes physiques et virtuelles, terminal de paiement mobile, virements instantanés, prélèvements SEPA, paiements internationaux en devises : chaque activité a ses besoins spécifiques. Un e-commerçant qui facture à l’international n’a pas les mêmes exigences qu’un prestataire de services local. Listez vos besoins avant de comparer.

6. La qualité du service client. En cas de virement bloqué, de carte compromise ou d’une question urgente, la réactivité de votre établissement peut avoir des conséquences directes sur votre activité. Renseignez-vous sur les canaux disponibles (téléphone, chat, e-mail), les horaires d’accessibilité et les délais de réponse moyens. Un test simple : posez une question avant d’ouvrir votre compte et chronométrez la réponse.

7. La garantie des dépôts. Comme expliqué dans la section précédente, vérifiez le statut de l’établissement (établissement de crédit ou établissement de paiement) et le mécanisme de protection applicable à vos fonds. Pour des montants significatifs, la distinction entre garantie FGDR directe et cantonnement mérite attention.

8. La réversibilité et la portabilité. Changer de banque professionnelle n’est pas aussi simple que pour un particulier. La mobilité bancaire encadrée par la loi Macron s’applique aux comptes de dépôt des personnes physiques, ce qui couvre les entrepreneurs individuels, mais pas les sociétés. Pour une société, le transfert est manuel : il faut reprendre un à un les prélèvements, les mandats et les coordonnées bancaires communiquées aux clients et fournisseurs. Anticipez cette contrainte dès le choix initial.

Le dépôt de capital pour une création de société

Si vous créez une société commerciale (SARL, EURL, SAS, SASU, SA), le dépôt du capital social est une étape obligatoire avant l’immatriculation. Sans attestation de dépôt des fonds, le greffe refuse l’enregistrement de votre société.

Le principe est simple. Les associés versent leurs apports en numéraire sur un compte bloqué, ouvert au nom de la société en formation auprès d’un dépositaire agréé. Ce compte n’est pas le futur compte professionnel de la société : c’est un compte temporaire, dédié à cette seule opération. Une fois les fonds reçus et vérifiés, le dépositaire remet une attestation de dépôt des fonds. Ce document est joint au dossier d’immatriculation transmis au Guichet unique de l’INPI.

Trois dépositaires sont possibles. Une banque traditionnelle (souvent gratuite si vous ouvrez ensuite votre compte pro dans le même établissement, mais plus lente : comptez une à deux semaines), une banque en ligne ou un acteur spécialisé (plus rapide, sous 12 à 72 heures, avec un coût forfaitaire), ou un notaire (recommandé en cas d’apports complexes, notamment des apports en nature importants). La Caisse des dépôts et consignations n’accepte plus les dépôts de capital depuis le 1er juin 2021.

Les montants à déposer varient selon la forme juridique. Pour une SARL ou une EURL, au moins 20 % du capital souscrit doit être libéré à la constitution (article L. 223-7 du Code de commerce), le solde devant être versé dans les cinq ans. Pour une SAS ou une SASU, le minimum est de 50 % (par renvoi à l’article L. 225-3 du Code de commerce). Pour une SA, le minimum est également de 50 %, avec un capital minimum de 37 000 euros. Pour les autres formes (SARL, SAS, SASU, EURL), aucun minimum légal n’est imposé : 1 euro suffit techniquement, mais un capital trop faible nuit à la crédibilité de votre entreprise auprès des banques, des fournisseurs et des clients.

Les documents à préparer pour le dépôt incluent : le projet de statuts (non encore signé), la liste des souscripteurs avec le montant de chaque apport, une pièce d’identité en cours de validité pour chaque associé et pour le représentant légal, un justificatif de domiciliation du siège social, et le règlement des fonds (virement bancaire dans la grande majorité des cas). Le représentant légal dispose d’un délai légal de 8 jours après réception des fonds des associés pour les déposer sur le compte bloqué.

Une fois la société immatriculée et le Kbis obtenu, vous présentez ce document au dépositaire, qui débloque les fonds et les transfère sur le compte professionnel définitif de la société. L’argent est alors librement disponible pour financer les premières dépenses d’activité.

Les pièces à préparer et le déroulé de l’ouverture

L’ouverture d’un compte professionnel, que ce soit auprès d’une banque traditionnelle ou d’un acteur en ligne, suit un processus standardisé. La différence principale tient au délai et au canal : en agence pour les banques de réseau, entièrement en ligne pour les acteurs numériques.

Les pièces généralement demandées varient selon votre statut :

Pour un entrepreneur individuel ou micro-entrepreneur : une pièce d’identité en cours de validité, un justificatif de domicile récent, et un justificatif d’activité professionnelle (avis de situation SIRENE, confirmation d’inscription à l’URSSAF, ou numéro SIREN).

Pour une société immatriculée : une pièce d’identité du représentant légal, un extrait Kbis de moins de 3 mois (ou un extrait d’immatriculation au Registre National des Entreprises), les statuts de la société, un justificatif de domiciliation du siège social, et parfois une liste des bénéficiaires effectifs (exigée dans le cadre des obligations de lutte contre le blanchiment de capitaux).

Pour une société en cours de création (dans le cadre du dépôt de capital) : le projet de statuts non signé, la liste des souscripteurs, les pièces d’identité de tous les associés et du représentant légal, et un justificatif de domiciliation du siège social.

Le déroulé de l’ouverture en ligne suit généralement ces étapes : création d’un espace personnel sur la plateforme, remplissage d’un formulaire avec les informations sur votre entreprise, téléversement des pièces justificatives, vérification d’identité (souvent par vidéo ou reconnaissance faciale), signature électronique du contrat, et activation du compte. Certains acteurs proposent un pré-remplissage automatique des informations à partir de votre numéro SIREN. Le délai d’activation varie de quelques minutes à quelques jours ouvrés selon l’établissement et la complexité du dossier.

En agence, prévoyez un rendez-vous, apportez les originaux ou copies certifiées conformes des documents demandés, et comptez généralement une à deux semaines pour l’activation complète du compte et la réception de vos moyens de paiement.

Le droit au compte : que faire en cas de refus

Une banque a le droit de refuser l’ouverture d’un compte professionnel sans avoir à motiver sa décision. Ce refus peut survenir pour des raisons liées à votre profil de risque, à votre secteur d’activité, à un incident bancaire passé, ou simplement à la politique commerciale de l’établissement. Ce refus n’est pas une impasse.

Le droit au compte est garanti par l’article L. 312-1 du Code monétaire et financier. Il s’applique à toute personne physique ou morale domiciliée en France, y compris les sociétés commerciales, les entrepreneurs individuels, les micro-entrepreneurs et les professions libérales. Ce droit permet à toute entité qui se voit refuser l’ouverture d’un compte de saisir la Banque de France, qui désignera d’office un établissement bancaire tenu de lui ouvrir un compte avec les services bancaires de base.

La procédure a été simplifiée depuis le décret n° 2022-347 du 11 mars 2022, entré en vigueur le 13 juin 2022. Vous n’avez plus besoin d’attendre une attestation de refus écrite pour saisir la Banque de France. Si vous ne recevez pas de réponse de l’établissement sollicité dans les 15 jours suivant votre demande, ce silence vaut refus implicite et vous pouvez directement contacter la Banque de France, en apportant simplement la preuve de votre demande (récépissé, accusé de réception).

La procédure se déroule en quatre étapes. Première étape : obtenir l’attestation de refus de la banque (ou constater l’absence de réponse au bout de 15 jours). Deuxième étape : constituer un dossier comprenant le formulaire de demande de droit au compte (disponible sur le site de la Banque de France), une copie de votre pièce d’identité, un justificatif d’activité professionnelle de moins de 3 mois (extrait Kbis pour une société, avis de situation SIRENE pour un indépendant), et une déclaration sur l’honneur attestant que vous ne détenez aucun autre compte de dépôt en France. Troisième étape : transmettre ce dossier à la Banque de France, en ligne sur son site officiel, par courrier recommandé, ou au guichet d’une succursale. Quatrième étape : la Banque de France désigne un établissement dans un délai d’un jour ouvré après réception du dossier complet. L’établissement désigné dispose ensuite de 3 jours ouvrés pour vous contacter et procéder à l’ouverture du compte.

Le compte ouvert dans ce cadre donne accès aux services bancaires de base, définis par l’article D. 312-5-1 du Code monétaire et financier : ouverture et tenue du compte, délivrance de RIB, domiciliation de virements, encaissement de chèques et de virements, paiements par prélèvement SEPA et virement SEPA, carte de paiement à autorisation systématique, dépôts et retraits d’espèces au guichet, et consultation du solde à distance. Ces services de base sont gratuits. Les services complémentaires (chéquier, découvert autorisé, crédit) restent à la discrétion de la banque désignée.

La Banque de France est joignable au 3414 pour toute question sur cette procédure.

Connecter le compte à votre outil de gestion pour le rapprochement

Ouvrir un compte pro n’est que la première étape. La vraie valeur ajoutée pour un dirigeant de TPE ou un indépendant réside dans la connexion de ce compte à ses outils de gestion, pour automatiser le rapprochement bancaire et gagner un temps considérable sur les tâches administratives.

Le rapprochement bancaire consiste à vérifier que chaque ligne de votre relevé de compte correspond à une écriture dans votre comptabilité, et à associer chaque encaissement à la facture correspondante. Réalisé manuellement, ce travail représente en moyenne 2 à 4 heures par semaine pour une TPE ou un indépendant, selon les données recueillies auprès de professionnels du secteur. Automatisé, il se fait en quelques minutes.

L’open banking (cadre réglementaire issu de la directive DSP2) permet à des agrégateurs bancaires agréés par l’ACPR, comme Powens (anciennement Budget Insight), Bridge ou Tink, de se connecter à votre compte bancaire avec votre autorisation et de récupérer vos écritures en temps réel. Ces agrégateurs transmettent ensuite les données à votre logiciel de gestion, qui peut alors effectuer le rapprochement automatiquement : chaque mouvement bancaire est comparé à vos factures ouvertes sur la base du montant, du nom du client et de la référence de facture. Les cas ambigus sont proposés pour validation humaine.

Les bénéfices concrets sont multiples. Un rapprochement hebdomadaire automatisé réduit significativement le temps consacré à la clôture annuelle. La détection des factures impayées est immédiate, ce qui permet de déclencher des relances au bon moment, sans envoyer par erreur une relance à un client qui a déjà payé. La vision de trésorerie en temps réel permet d’anticiper les besoins de financement avant qu’ils ne deviennent urgents.

Pour que cette connexion fonctionne, votre logiciel de gestion et votre compte bancaire doivent être compatibles. La plupart des comptes professionnels en ligne permettent l’export des relevés en formats standard (CSV, OFX, QIF), compatibles avec les logiciels de comptabilité courants. Certains établissements proposent également une connexion directe via API, qui permet une synchronisation en temps réel sans export manuel.

Un outil de gestion intégrant la facturation, le suivi des encaissements, le rapprochement bancaire et la gestion de la relation client vous permet de centraliser l’ensemble de ces flux dans une seule interface, sans multiplier les outils et les ressaisies. C’est précisément ce que propose Djaboo : une plateforme tout-en-un conçue pour les TPE et PME, qui connecte la gestion financière, la facturation, le CRM et la gestion de projet dans un espace unique, accessible sans compétences techniques ou comptables particulières.

Les erreurs à éviter : mélanger perso et pro, sous-estimer les frais, oublier la réversibilité

Certaines erreurs reviennent de manière récurrente chez les dirigeants et indépendants qui ouvrent un compte professionnel pour la première fois. Les identifier permet de les éviter.

Mélanger les flux personnels et professionnels est l’erreur la plus courante et la plus coûteuse sur le long terme. Mathieu Sibra, expert-comptable au cabinet Performa Expertise, le formule clairement : « La plus grosse erreur que nous rencontrons est celle du mélange entre le pro et le perso. » Les conséquences sont multiples : des dépenses professionnelles oubliées en fin d’exercice (donc des impôts et cotisations sociales surévalués), une tension de trésorerie sur les cotisations URSSAF en cas de régularisation, et un risque de confusion sur la TVA collectée, qui n’est jamais un revenu mais une somme qui transite avant d’être reversée à l’État. En cas de contrôle fiscal, des dépenses personnelles passées en charges peuvent être requalifiées en revenus, avec des majorations pouvant atteindre 40 % pour manquement délibéré selon l’article 1729 du Code général des impôts.

Sous-estimer les frais réels est la deuxième erreur classique. Une offre affichée à un tarif attractif peut rapidement devenir coûteuse si vous n’avez pas examiné les frais annexes : commissions de mouvement, frais de virement instantané, coût des rejets de prélèvement, tarification des retraits, frais sur les paiements internationaux. Sur trois ans, l’écart entre deux offres comparables peut atteindre plusieurs centaines d’euros. Le relevé annuel de frais, que votre établissement doit vous adresser chaque janvier, est le point de départ pour auditer ce que vous payez réellement. C’est aussi le seul moment où vous pouvez contester une révision tarifaire sans frais : la plupart des conventions de compte prévoient une modification annuelle des tarifs, réputée acceptée en l’absence de contestation écrite dans le délai de préavis (généralement deux mois).

Oublier la réversibilité est la troisième erreur, souvent découverte trop tard. Changer d’établissement bancaire en cours d’activité est plus complexe qu’il n’y paraît, surtout pour une société. La mobilité bancaire encadrée par la loi Macron (article L. 312-1-7 du Code monétaire et financier) s’applique aux comptes de dépôt des personnes physiques, ce qui couvre les entrepreneurs individuels, mais pas les sociétés. Pour une société, le transfert est manuel : il faut reprendre un à un chaque prélèvement, chaque mandat SEPA, et mettre à jour les coordonnées bancaires auprès de tous vos clients et fournisseurs. Par ailleurs, changer d’établissement en cours d’exercice complique le rapprochement comptable si l’ancien compte est clôturé trop vite. La bonne pratique consiste à conserver les deux comptes ouverts pendant un à deux mois, le temps que les derniers encaissements arrivent, puis à archiver les relevés complets des deux périodes.

FAQ : vos questions sur le compte pro

Un auto-entrepreneur est-il obligé d’ouvrir un compte professionnel ?

Non, pas obligatoirement. L’obligation légale porte sur l’ouverture d’un compte bancaire dédié à l’activité, distinct du compte personnel, uniquement si le chiffre d’affaires annuel dépasse 10 000 euros pendant deux années civiles consécutives. Ce compte dédié peut être un simple compte courant personnel réservé à l’activité. En pratique, de nombreux établissements bancaires orientent néanmoins les auto-entrepreneurs vers une offre professionnelle, et ouvrir un compte dédié dès le départ, même sous le seuil, est fortement recommandé pour la clarté comptable.

Quelle est la différence entre la garantie des dépôts d’une banque et le cantonnement d’un établissement de paiement ?

Un établissement de crédit (banque) adhère au Fonds de Garantie des Dépôts et de Résolution (FGDR), qui garantit vos dépôts jusqu’à 100 000 euros par déposant et par établissement en cas de défaillance. Un établissement de paiement n’est pas adhérent au FGDR : vos fonds sont cantonnés sur un compte séparé ouvert auprès d’une banque tierce. Si l’établissement de paiement fait faillite, vous récupérez vos fonds via ce cantonnement. Si la banque qui héberge le cantonnement fait faillite, le FGDR intervient à hauteur de 100 000 euros. La protection est réelle dans les deux cas, mais le mécanisme et les délais de restitution diffèrent.

Peut-on changer de banque professionnelle facilement ?

Pour un entrepreneur individuel, la mobilité bancaire encadrée par la loi Macron facilite le transfert des prélèvements et des virements récurrents vers le nouveau compte. Pour une société, le transfert est entièrement manuel : il n’existe pas de dispositif légal de mobilité automatique. Il faut contacter chaque créancier et chaque client pour mettre à jour les coordonnées bancaires, et conserver les deux comptes ouverts pendant une période de transition d’un à deux mois pour ne pas rater d’encaissements.

Faut-il nécessairement un compte professionnel pour déposer le capital d’une société ?

Oui, mais il s’agit d’un compte temporaire et bloqué, ouvert au nom de la société en formation, distinct du futur compte professionnel définitif. Ce dépôt peut être effectué auprès d’une banque traditionnelle, d’une banque en ligne ou d’un notaire. Une fois la société immatriculée et le Kbis obtenu, les fonds sont débloqués et transférés sur le compte professionnel définitif de la société.

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