Les types de factures sont plus variés qu’il n’y paraît, et choisir le mauvais document au mauvais moment peut coûter cher : erreurs comptables, litiges clients, rejet par l’administration fiscale. Facture classique, facture d’acompte, facture d’avoir, facture proforma… chaque document correspond à une situation précise dans la vie d’une entreprise. Ce guide passe en revue les 8 principaux types de factures utilisés en France, explique quand les utiliser, rappelle les mentions obligatoires communes et répond aux questions les plus fréquentes.
La facture classique
Définition
La facture classique, aussi appelée facture de vente ou facture de doit, est le document de référence. Elle est émise après la livraison d’un bien ou l’exécution d’une prestation de service, pour réclamer le paiement au client. Elle constate une créance : le client doit régler l’entreprise selon les conditions indiquées.
Quand l’utiliser ?
À chaque vente conclue, dès lors que la livraison ou la prestation est réalisée. C’est le point de départ de toute la chaîne de facturation : toutes les autres formes de factures en sont dérivées ou viennent la compléter.
La facture d’acompte
Définition
La facture d’acompte formalise le versement partiel effectué par le client avant la livraison ou la fin de la prestation. Elle indique le montant de l’acompte, la TVA correspondante et le solde restant à régler.
Quand l’utiliser ?
Pour toute commande importante ou projet de longue durée, lorsque vous souhaitez sécuriser une partie du paiement en amont. Une fois la prestation terminée, vous émettez la facture de solde qui déduit l’acompte déjà encaissé. Les deux documents forment un binôme logique.
Pour aller plus loin sur ce sujet, consultez notre article dédié : Facture d’acompte, avoir et proforma : tout comprendre.
La facture d’avoir
Définition
La facture d’avoir (ou note de crédit) corrige une facture déjà émise. Elle annule partiellement ou totalement une facture précédente lorsqu’une erreur de montant, un retour de marchandise ou un geste commercial le justifient. Elle affiche un montant négatif ou une réduction de la créance client.
Quand l’utiliser ?
Dès qu’une facture envoyée doit être rectifiée. La règle est absolue : on ne modifie jamais une facture déjà émise. On émet un avoir qui fait référence au numéro de la facture d’origine et précise le motif de la correction. Une comptabilité rigoureuse passe systématiquement par un avoir plutôt que par une modification directe du document initial.
La facture proforma
Définition
La facture proforma n’est pas une vraie facture au sens légal du terme. C’est un document préalable, proche d’un devis formalisé, qui détaille les biens ou services et le montant estimé, mais sans valeur comptable et sans déclencher de paiement. Elle porte obligatoirement la mention « pro forma ».
Quand l’utiliser ?
Lorsqu’un client a besoin d’un document officiel pour obtenir une validation interne, un financement ou une autorisation douanière avant de passer commande. Elle rassure le client et prépare le terrain, mais elle n’est enregistrée en comptabilité qu’une fois convertie en facture définitive.
La facture de situation
Définition
La facture de situation (ou facture intermédiaire) est utilisée pour les projets longs ou les chantiers facturés par étapes. Plutôt qu’une seule facture en fin de mission, l’entreprise émet plusieurs factures au fil de l’avancement, chacune correspondant à un pourcentage du travail réalisé.
Quand l’utiliser ?
Elle est particulièrement répandue dans le secteur du BTP, de l’ingénierie et des prestations intellectuelles longues. Elle protège la trésorerie de l’entreprise en évitant d’attendre la fin du projet pour encaisser, tout en donnant au client une visibilité claire sur l’avancement et les sommes dues.
La facture récapitulative
Définition
La facture récapitulative regroupe plusieurs livraisons ou prestations réalisées sur une période donnée (semaine, mois) en un seul document. Elle simplifie la gestion administrative pour les clients avec lesquels les échanges sont fréquents.
Quand l’utiliser ?
Lorsque vous travaillez régulièrement avec un même client et que vous préférez consolider plusieurs opérations en une seule facture périodique plutôt que d’émettre un document à chaque livraison. Attention : les délais de paiement légaux (60 jours maximum en B2B) courent à compter de la date d’émission de la facture récapitulative.
La facture acquittée
Définition
La facture acquittée est une facture classique sur laquelle figure la mention « acquittée » (ou « payée »), accompagnée de la date et du mode de règlement. Elle atteste que le paiement a bien été reçu.
Quand l’utiliser ?
Elle est remise au client après encaissement complet du règlement. Elle sert de preuve de paiement et peut être exigée dans le cadre d’un remboursement, d’un contrôle fiscal ou d’une demande de garantie. Pour tout comprendre sur ce document, consultez notre article : Comprendre le concept de facture acquittée en profondeur.
La facture électronique
Définition
La facture électronique n’est pas un simple PDF envoyé par e-mail. C’est un document émis dans un format structuré et normé (Factur-X, UBL ou CII), transmis via une Plateforme de Dématérialisation Partenaire (PDP) agréée par la DGFiP. Elle contient des données lisibles automatiquement par les systèmes informatiques et par l’administration fiscale.
Quand l’utiliser ?
La réforme de la facturation électronique rend ce type de facture incontournable. Selon service-public.fr, le calendrier est le suivant :
- 1er septembre 2026 : obligation de recevoir des factures électroniques pour toutes les entreprises assujetties à la TVA, et obligation d’émettre pour les grandes entreprises et les ETI.
- 1er septembre 2027 : obligation d’émettre pour les PME, TPE et micro-entreprises.
En cas de non-conformité, les amendes peuvent atteindre 15 000 € par an (art. 1737 du CGI). Autant anticiper dès maintenant.
Tableau récapitulatif des types de factures
| Type de facture | Moment d’émission | Valeur comptable | Cas d’usage typique |
|---|---|---|---|
| Facture classique | Après livraison / prestation | Oui | Toute vente de bien ou service |
| Facture d’acompte | Avant livraison / prestation | Oui | Commande importante, projet long |
| Facture d’avoir | Après une erreur ou retour | Oui (négatif) | Correction, retour marchandise, geste commercial |
| Facture proforma | Avant la commande | Non | Validation interne, financement, douanes |
| Facture de situation | En cours de projet | Oui | BTP, prestations longues par étapes |
| Facture récapitulative | En fin de période | Oui | Client régulier, opérations multiples |
| Facture acquittée | Après encaissement | Oui | Preuve de paiement |
| Facture électronique | Selon obligation légale | Oui | Toutes transactions B2B dès 2026/2027 |
Les mentions obligatoires communes à tous les types de factures
Quel que soit le type de facture émis, certaines informations sont imposées par l’article 242 nonies A de l’annexe II du Code général des impôts et par l’article L441-9 du Code de commerce. Une facture incomplète peut être rejetée par l’administration et priver l’entreprise de la déduction de TVA.
Voici les mentions indispensables :
- Identité complète du vendeur : raison sociale, adresse, SIREN/SIRET, forme juridique, capital social, numéro RCS
- Identité de l’acheteur : nom ou raison sociale, adresse
- Numéro de TVA intracommunautaire du vendeur (et du client professionnel s’il est redevable de la TVA)
- Numéro unique de facture basé sur une séquence chronologique continue
- Date d’émission de la facture
- Date de la vente ou de la prestation
- Désignation précise des produits ou services, quantités, prix unitaires HT
- Taux et montant de TVA par ligne ou globalement
- Total HT et TTC
- Conditions et date de paiement, taux des pénalités de retard, indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement (B2B)
Les 4 nouvelles mentions obligatoires liées à la facturation électronique
À partir de septembre 2026 pour les grandes entreprises et ETI, et de septembre 2027 pour les TPE/PME, 4 mentions supplémentaires s’ajoutent (source : service-public.fr) :
- Le numéro SIREN du client professionnel
- L’adresse de livraison des biens si elle diffère de l’adresse de facturation
- La nature des opérations : livraison de biens, prestation de services ou les deux
- La mention « Option pour le paiement de la taxe d’après les débits » si le prestataire a opté pour ce régime
FAQ sur les types de factures
Quelle est la différence entre une facture proforma et une facture classique ?
La facture proforma est un document préalable sans valeur comptable, comparable à un devis formalisé. Elle ne déclenche aucun paiement et n’est pas enregistrée en comptabilité. La facture classique, elle, constate une dette réelle du client envers l’entreprise et doit être comptabilisée dès son émission.
Peut-on modifier une facture déjà envoyée ?
Non. Une facture émise ne peut jamais être modifiée directement. Pour corriger une erreur, il faut émettre une facture d’avoir qui annule partiellement ou totalement la facture initiale, puis réémettre une facture correcte si nécessaire. Cette règle s’applique à tous les types de factures.
Quand utiliser une facture de situation plutôt qu’une facture d’acompte ?
La facture d’acompte correspond à un paiement partiel demandé avant le début de la prestation ou de la livraison. La facture de situation, elle, est émise pendant l’exécution du projet, au fur et à mesure de l’avancement réel des travaux. La première sécurise le démarrage, la seconde rythme la facturation sur la durée.
Les TPE sont-elles concernées par la facture électronique obligatoire ?
Oui. Toutes les entreprises assujetties à la TVA établies en France sont concernées. Les TPE et micro-entreprises doivent être capables de recevoir des factures électroniques dès le 1er septembre 2026, et devront les émettre à partir du 1er septembre 2027. Un simple PDF envoyé par e-mail ne sera plus conforme à cette date.
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