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Journaux comptables : lesquels tenir et comment les organiser

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Un journal comptable enregistre chaque opération dans l’ordre où elle se produit, et cette chronologie n’est pas une formalité. Voici les journaux à tenir et comment les organiser.

Le Code de commerce (articles R.123-173 et R.123-174) impose aux sociétés commerciales de tenir un livre-journal dans lequel les opérations sont enregistrées chronologiquement, opération par opération. Chaque écriture doit être justifiée par une pièce : facture fournisseur, facture client, relevé bancaire, note de frais, contrat, ou tout autre document probant. Sans pièce rattachée, une écriture n’a aucune valeur probante lors d’un contrôle fiscal et peut être requalifiée en charge non justifiée.

La tenue rigoureuse des journaux comptables sert plusieurs finalités concrètes pour une TPE ou une PME :

  • Produire les comptes annuels (bilan, compte de résultat, annexe) à la clôture de l’exercice.
  • Alimenter le grand livre, qui regroupe les mêmes écritures classées par compte plutôt que par date.
  • Fournir une piste d’audit fiable en cas de contrôle fiscal ou de litige.
  • Permettre un suivi de trésorerie et de rentabilité tout au long de l’année, sans attendre la clôture.
  • Faciliter le travail de l’expert-comptable, qui reçoit des journaux structurés plutôt qu’une pile de documents non triés.

La règle de la partie double est indissociable de la chronologie : chaque écriture doit débiter un ou plusieurs comptes et créditer un ou plusieurs autres comptes pour un montant total identique des deux côtés. Si les totaux débit et crédit d’une écriture ne s’équilibrent pas, l’écriture est fausse. C’est le premier contrôle automatique de tout logiciel comptable, et c’est aussi le premier signal d’alerte lors d’une révision manuelle.

Livre-journal, journaux auxiliaires et grand livre : rôles, contenus et usages

Ces trois documents forment une chaîne logique. Comprendre le rôle de chacun évite de les confondre et de chercher une information dans le mauvais registre.

Document Rôle Contenu Ce qu’on y cherche
Livre-journal (journal général) Registre légal obligatoire centralisant toutes les opérations de l’exercice dans l’ordre chronologique Toutes les écritures de tous les journaux auxiliaires, centralisées au moins mensuellement ; ou directement chaque opération si l’entreprise ne tient pas de journaux auxiliaires La date exacte d’une opération, la séquence chronologique des événements, la preuve légale de la tenue comptable
Journaux auxiliaires (achats, ventes, banque, caisse, OD, AN) Registres spécialisés par nature d’opération, qui facilitent la saisie et la répartition du travail Uniquement les opérations relevant de la catégorie du journal : factures fournisseurs dans le journal des achats, factures clients dans le journal des ventes, etc. Toutes les opérations d’un même type sur une période donnée ; vérification rapide qu’une facture a bien été saisie ; préparation des déclarations de TVA
Grand livre Registre légal obligatoire regroupant les mêmes écritures que le journal, mais classées par numéro de compte Pour chaque compte du plan comptable utilisé : la liste de tous les mouvements débit et crédit, avec leur date et leur libellé, et le solde cumulé Le solde d’un compte à une date précise (ex. : combien doit le client Dupont ?), l’historique complet d’un poste (ex. : tous les achats de matières premières de l’année)

Le livre-journal et le grand livre sont tous deux des livres comptables obligatoires au sens du Code de commerce. Les journaux auxiliaires ne sont pas imposés par la loi, mais ils sont la norme dans toute entreprise dès lors que le volume d’opérations dépasse quelques dizaines de lignes par mois. Leurs totaux mensuels sont centralisés dans le livre-journal, ce qui garantit que le journal général reste le document de référence légal.

Les journaux à tenir : contenu, comptes mouvementés et exemples d’écritures

Le journal des achats (code AC)

Le journal des achats enregistre toutes les factures reçues des fournisseurs : achats de marchandises, de matières premières, de fournitures, frais généraux (loyer, assurance, honoraires, téléphone, énergie, etc.) et achats d’immobilisations si l’entreprise ne dispose pas d’un journal dédié à ces derniers.

Les comptes systématiquement mouvementés sont :

  • Comptes de charges (classe 6 : 601, 606, 607, 611, 613, 615, 616, 622, 625, 626, etc.) au débit.
  • Compte de TVA déductible (44566) au débit.
  • Compte fournisseur (401 ou sous-compte 401xxx par fournisseur) au crédit.

Exemple : réception d’une facture de loyer mensuel de 1 500 € HT, TVA 20 %.

Date N° pièce Compte Libellé Débit Crédit
05/03/2025 FA-2025-031 613200 Loyer mars 2025 – Bailleur SCI Martin 1 500,00
05/03/2025 FA-2025-031 44566 TVA déductible 20 % 300,00
05/03/2025 FA-2025-031 401100 Fournisseur SCI Martin 1 800,00

La partie double est respectée : total débit 1 800 € = total crédit 1 800 €. La dette envers le bailleur est constatée au crédit du compte 401100 ; elle sera soldée lors du paiement, enregistré dans le journal de banque.

Le journal des ventes (code VE)

Le journal des ventes enregistre toutes les factures émises aux clients, qu’il s’agisse de ventes de marchandises, de produits finis ou de prestations de services, ainsi que les avoirs émis en cas de retour ou de correction.

Les comptes mouvementés sont :

  • Compte client (411 ou sous-compte 411xxx par client) au débit.
  • Comptes de produits (classe 7 : 701, 706, 707, etc.) au crédit.
  • Compte de TVA collectée (44571) au crédit.

Exemple : émission d’une facture de prestation de services à 2 000 € HT, TVA 20 %.

Date N° pièce Compte Libellé Débit Crédit
12/03/2025 FV-2025-047 411200 Client SARL Dupont – Fact. FV-2025-047 2 400,00
12/03/2025 FV-2025-047 706000 Prestations de services 2 000,00
12/03/2025 FV-2025-047 44571 TVA collectée 20 % 400,00

La créance client de 2 400 € TTC apparaît au débit du compte 411200. Elle sera soldée lors de l’encaissement, enregistré dans le journal de banque.

Le journal de banque (code BQ)

Le journal de banque enregistre ligne par ligne tous les mouvements du compte bancaire professionnel : virements reçus, prélèvements, paiements par carte, remises de chèques, frais bancaires, etc. Chaque ligne du relevé bancaire doit trouver son écriture correspondante dans ce journal.

Les comptes mouvementés sont :

  • Compte 512xxx (banque) au débit pour les encaissements, au crédit pour les décaissements.
  • En contrepartie : compte fournisseur (401) lors du paiement d’une facture, compte client (411) lors de l’encaissement d’une facture, compte de charge (6xxx) pour les frais bancaires directement débités, etc.

Exemple : paiement de la facture de loyer FA-2025-031 par virement le 10/03/2025.

Date N° pièce Compte Libellé Débit Crédit
10/03/2025 RLV-03-2025-018 401100 Règlement loyer mars – SCI Martin 1 800,00
10/03/2025 RLV-03-2025-018 512000 Virement sortant – SCI Martin 1 800,00

Le compte fournisseur 401100 est soldé (débit = crédit cumulés depuis la facture). Le compte banque 512000 diminue de 1 800 €.

Le journal de caisse (code CA)

Le journal de caisse enregistre tous les mouvements en espèces : encaissements en liquide et décaissements en liquide. Il est distinct du journal de banque car les espèces constituent un risque propre : le solde de caisse ne peut jamais être négatif, et tout écart doit être justifié et soldé immédiatement.

Les comptes mouvementés sont :

  • Compte 530 (caisse) au débit pour les entrées d’espèces, au crédit pour les sorties.
  • En contrepartie : compte de produit (7xxx) pour une vente au comptant en espèces, compte de charge (6xxx) pour un achat payé en espèces, compte 44571 ou 44566 pour la TVA associée.

Exemple : vente au comptant en espèces de 120 € TTC (100 € HT + 20 € TVA 20 %).

Date N° pièce Compte Libellé Débit Crédit
15/03/2025 TICK-2025-112 530000 Encaissement espèces – vente comptoir 120,00
15/03/2025 TICK-2025-112 707000 Vente de marchandises 100,00
15/03/2025 TICK-2025-112 44571 TVA collectée 20 % 20,00

Beaucoup de TPE qui n’encaissent plus d’espèces (paiements uniquement par carte ou virement) n’ont pas besoin de tenir un journal de caisse. Si votre activité n’implique aucun mouvement en liquide, ce journal est superflu.

Le journal des opérations diverses (code OD)

Le journal des opérations diverses reçoit toutes les écritures qui ne relèvent d’aucun des journaux précédents : dotations aux amortissements, provisions, régularisations de fin d’exercice, écritures de TVA, corrections d’erreurs d’imputation, et toute opération de clôture ou d’inventaire.

Exemple : dotation aux amortissements d’un ordinateur acquis 1 200 € HT, amorti sur 3 ans en linéaire (dotation annuelle : 400 €).

Date N° pièce Compte Libellé Débit Crédit
31/12/2025 OD-2025-INV-001 681120 Dotation amortissement matériel informatique 400,00
31/12/2025 OD-2025-INV-001 281830 Amortissement matériel informatique 400,00

Mise en garde opérationnelle : le journal des OD ne doit pas servir de fourre-tout pour toutes les opérations que l’on ne sait pas où classer. Un achat de fournitures payé par carte bancaire va dans le journal de banque, pas dans les OD. Une facture fournisseur non encore payée va dans le journal des achats. Le journal des OD est réservé aux écritures qui n’ont pas de pièce justificative de flux (pas de facture, pas de relevé bancaire), comme les amortissements ou les provisions.

Le journal des à-nouveaux (code AN)

Le journal des à-nouveaux est le premier journal de chaque nouvel exercice. Il reprend les soldes de clôture de l’exercice précédent pour tous les comptes de bilan (classes 1 à 5) : les comptes ayant un solde débiteur à la clôture sont débités, les comptes ayant un solde créditeur sont crédités. Les comptes de gestion (classes 6 et 7) ne sont pas repris, car ils sont remis à zéro à chaque exercice.

Exemple simplifié d’à-nouveau au 01/01/2025, à partir d’une clôture au 31/12/2024 :

Date Compte Libellé Débit Crédit
01/01/2025 218300 Matériel informatique (valeur brute) 1 200,00
01/01/2025 411000 Clients (créances en cours) 3 600,00
01/01/2025 512000 Banque 8 200,00
01/01/2025 101000 Capital social 5 000,00
01/01/2025 120000 Résultat de l’exercice 2024 (bénéfice) 4 600,00
01/01/2025 281830 Amortissement matériel informatique 400,00
01/01/2025 401000 Fournisseurs (dettes en cours) 3 000,00

L’écriture d’à-nouveau est toujours équilibrée (total débit = total crédit) car elle reprend un bilan, qui est par définition équilibré. Les logiciels comptables génèrent cette écriture automatiquement à la clôture de l’exercice précédent.

Le principe de la partie double à travers ces exemples

Chaque exemple d’écriture présenté ci-dessus illustre la même mécanique : toute opération a deux effets simultanés dans la comptabilité. Quand l’entreprise reçoit une facture fournisseur, elle augmente ses charges (débit d’un compte de classe 6) et augmente sa dette envers ce fournisseur (crédit du compte 401). Quand elle paie cette facture, elle diminue sa dette (débit du compte 401) et diminue son solde bancaire (crédit du compte 512). La somme des débits est toujours égale à la somme des crédits, pour chaque écriture prise isolément et pour l’ensemble du journal sur n’importe quelle période.

Cette règle a une conséquence pratique immédiate : si à la fin d’un mois le total des débits du journal de banque ne correspond pas au total des crédits, il y a une erreur de saisie. La partie double est donc à la fois une obligation légale et un outil de contrôle interne permanent.

Le découpage des journaux : jusqu’où aller dans la spécialisation

La loi n’impose pas un nombre de journaux. Une très petite structure peut tenir un journal unique. À l’inverse, une PME avec plusieurs comptes bancaires, plusieurs activités ou plusieurs sites peut multiplier les journaux pour garder une saisie lisible.

Règle de base concernant les journaux de banque : une entreprise qui possède deux comptes bancaires distincts doit tenir deux journaux de banque séparés, un par compte. Mélanger les mouvements de deux comptes dans un seul journal rend le rapprochement bancaire impossible et crée des erreurs de solde. Si l’entreprise ouvre un troisième compte (par exemple un compte dédié aux encaissements en ligne), un troisième journal de banque est créé.

Pour les journaux des opérations diverses, la spécialisation peut aller plus loin selon les besoins :

  • Un journal OD-TVA pour regrouper toutes les écritures de déclaration de TVA mensuelle ou trimestrielle.
  • Un journal OD-AMO pour les dotations aux amortissements et dépréciations.
  • Un journal OD-PRO pour les provisions.
  • Un journal OD-INV pour les écritures d’inventaire de fin d’exercice.

La limite de la spécialisation est la lisibilité : créer un journal pour deux ou trois écritures par an n’apporte aucun bénéfice et alourdit inutilement le plan de journaux. La bonne question à se poser est : est-ce que ce journal me permet de retrouver une information plus vite, ou de répartir la saisie entre plusieurs personnes de façon cohérente ? Si la réponse est non, le journal supplémentaire est inutile.

La codification des journaux et les conventions de nommage

Chaque journal reçoit un code court, généralement deux à quatre caractères, qui identifie le journal dans toutes les écritures et dans tous les exports. Les conventions les plus répandues sont les suivantes :

Journal Code habituel Variantes courantes
Achats AC ACH, HA
Ventes VE VT, FAC
Banque principale BQ BNQ, BQ1
Deuxième banque BQ2 BNQ2, BQ-LCL
Caisse CA CAI, ESP
Opérations diverses OD DIV, OPD
À-nouveaux AN ANV, RAN

Deux règles à respecter absolument : le code doit être unique (deux journaux ne peuvent pas avoir le même code) et il doit rester stable d’un exercice à l’autre. Changer le code du journal de banque en cours d’année rend les exports et les rapprochements incohérents. Lorsque l’entreprise nomme un journal de banque avec le nom de l’établissement bancaire (BQ-BNP, BQ-CIC), la recherche d’une opération est immédiate, même plusieurs années après.

La centralisation : du journal auxiliaire au livre-journal

Les journaux auxiliaires sont tenus au fil de l’eau, opération par opération. À la fin de chaque mois, leurs totaux sont centralisés dans le livre-journal général. Cette centralisation consiste à reporter, pour chaque journal auxiliaire, le total des débits et le total des crédits du mois dans le journal général, sous la forme d’une écriture récapitulative.

Concrètement, si le journal des achats de mars 2025 présente 45 écritures pour un total débit de 18 400 € et un total crédit de 18 400 €, le journal général reçoit une ligne de centralisation de mars indiquant ces totaux, sans reprendre le détail des 45 écritures. Le détail reste consultable dans le journal auxiliaire.

Cette organisation présente deux avantages majeurs : le livre-journal reste lisible (quelques lignes de centralisation par mois plutôt que des centaines d’écritures) et la répartition du travail est possible (un collaborateur saisit les achats, un autre les ventes, sans risque d’interférence).

Point de contrôle : après centralisation, la somme des totaux de tous les journaux auxiliaires doit être égale au total du livre-journal général. Si un écart apparaît, c’est qu’une écriture a été saisie dans un journal auxiliaire sans être centralisée, ou qu’une écriture a été passée directement dans le journal général sans passer par un auxiliaire.

L’intangibilité des écritures et l’écriture de contrepassation

Une écriture validée dans le journal ne peut pas être supprimée ni modifiée. C’est une exigence légale (PCG art. 921-3) et une garantie d’intégrité de la comptabilité. Le journal doit pouvoir être présenté tel quel à l’administration fiscale, sans blanc, sans rature, sans suppression.

Lorsqu’une erreur est découverte après validation, la seule correction autorisée est l’écriture de contrepassation, également appelée extourne. Elle consiste à passer une écriture exactement inverse à l’écriture erronée : les débits deviennent des crédits et les crédits deviennent des débits, pour les mêmes montants et les mêmes comptes. Cela annule l’effet de l’écriture initiale. On passe ensuite l’écriture correcte.

Exemple : une facture fournisseur de 600 € TTC a été saisie par erreur à 6 000 € TTC dans le journal des achats. L’écriture initiale erronée était :

Compte Libellé Débit Crédit
607000 Achat marchandises (erreur) 5 000,00
44566 TVA déductible (erreur) 1 000,00
401000 Fournisseur (erreur) 6 000,00

L’écriture de contrepassation est :

Compte Libellé Débit Crédit
607000 Contrepassation erreur saisie – fact. X 5 000,00
44566 Contrepassation erreur saisie – fact. X 1 000,00
401000 Contrepassation erreur saisie – fact. X 6 000,00

Puis l’écriture correcte est passée avec les montants exacts (500 € HT + 100 € TVA = 600 € TTC). L’historique complet est conservé : l’erreur initiale, la contrepassation et la correction sont toutes trois visibles dans le journal, ce qui garantit la traçabilité.

Le rapprochement entre le journal de banque et le relevé bancaire

Le rapprochement bancaire consiste à comparer, ligne par ligne, les mouvements enregistrés dans le journal de banque avec ceux qui figurent sur le relevé bancaire officiel. L’objectif est de s’assurer que les deux sources concordent et d’identifier toute divergence.

Les écarts les plus fréquents sont :

  • Des opérations présentes sur le relevé mais absentes du journal de banque : frais bancaires non comptabilisés, virements reçus non encore saisis, prélèvements automatiques oubliés.
  • Des opérations présentes dans le journal de banque mais absentes du relevé : chèques émis mais non encore encaissés par le bénéficiaire, virements initiés mais non encore traités par la banque.
  • Des erreurs de montant : une saisie à 1 200 € au lieu de 1 020 €, une inversion de chiffres.

La fréquence recommandée est mensuelle, dès réception du relevé. Pour les entreprises à fort volume de flux (commerce de détail, e-commerce, restauration), un rapprochement hebdomadaire est préférable. Un rapprochement bancaire est impérativement réalisé à la date de clôture de l’exercice, car le solde du compte 512 figurant au bilan doit correspondre au solde bancaire réel après prise en compte des opérations en suspens.

Toute opération présente sur le relevé mais absente du journal de banque doit être enregistrée avant la clôture. Toute opération présente dans le journal mais absente du relevé doit être identifiée et documentée comme opération en suspens.

La révision des journaux avant clôture et les points de contrôle

Avant de clôturer un exercice, une révision méthodique des journaux permet d’éviter les corrections de dernière minute et les demandes de l’expert-comptable. Voici les points de contrôle essentiels :

  • Vérifier que tous les journaux auxiliaires ont bien été centralisés dans le livre-journal pour tous les mois de l’exercice.
  • S’assurer que le solde du journal de banque correspond au solde du relevé bancaire à la date de clôture, après rapprochement.
  • Contrôler que le solde du journal de caisse n’est pas négatif et correspond au comptage physique des espèces.
  • Vérifier que toutes les factures reçues avant la clôture ont bien été enregistrées dans le journal des achats, même si elles ne sont pas encore payées.
  • Vérifier que toutes les factures émises avant la clôture ont bien été enregistrées dans le journal des ventes, même si elles ne sont pas encore encaissées.
  • Contrôler que le journal des OD contient bien les dotations aux amortissements de l’exercice, les provisions nécessaires et les régularisations de charges et de produits constatés d’avance.
  • S’assurer qu’aucune écriture n’est restée en statut « provisoire » ou « non validée » dans le logiciel.
  • Vérifier que chaque écriture du journal des OD est accompagnée d’une pièce justificative ou d’un calcul documenté (tableau d’amortissement, note de calcul de provision).

Les erreurs les plus fréquentes dans la tenue des journaux

Trois catégories d’erreurs reviennent systématiquement dans les comptabilités de TPE et PME, et chacune a des conséquences en cascade sur l’ensemble de la chaîne comptable.

Écritures saisies dans le mauvais journal. Un achat payé immédiatement par carte bancaire peut être saisi dans le journal des achats (constatation de la charge) ou dans le journal de banque (règlement), mais pas dans les deux sans écriture de contrepartie, et pas dans le journal des OD. Saisir une facture fournisseur directement dans le journal de banque sans passer par le journal des achats fait disparaître la dette fournisseur et fausse le compte 401. Le grand livre ne reflète plus la réalité des dettes de l’entreprise.

Pièces justificatives non rattachées. Une écriture sans pièce jointe est une écriture sans valeur probante. En cas de contrôle fiscal, l’administration peut rejeter la déduction d’une charge si la facture correspondante ne peut pas être présentée. La bonne pratique est de rattacher la pièce au moment de la saisie, pas après. Un scan de facture non rattaché à l’écriture est aussi inutile qu’une facture perdue dans un tiroir.

Journal des OD utilisé comme fourre-tout. C’est l’erreur la plus répandue. Le journal des OD reçoit des écritures qui auraient dû aller dans le journal des achats (factures de frais généraux), dans le journal de banque (frais bancaires), ou nulle part car elles correspondent à des doublons de saisie. Un journal des OD surchargé d’opérations courantes est le signe d’une organisation comptable défaillante et rend la révision de clôture extrêmement laborieuse.

Alimenter les journaux depuis les documents eux-mêmes

Une saisie manuelle recopiée depuis une facture papier est la première source d’écart dans les journaux comptables. Le risque d’erreur de frappe, d’inversion de chiffres ou d’oubli d’une facture est proportionnel au nombre d’opérations et à la fatigue du moment. Plus le volume de documents à traiter est élevé, plus la probabilité d’erreur augmente, et plus la correction en aval est coûteuse en temps.

Djaboo centralise les factures de vente, les achats et les dépenses avec leurs justificatifs dans un espace unique, ce qui fournit à l’expert-comptable un export structuré et exploitable directement, sans ressaisie. Les pièces sont associées aux opérations dès leur création ou leur réception, ce qui élimine le problème des justificatifs manquants au moment de la révision. Le dirigeant garde une visibilité en temps réel sur ses créances clients et ses dettes fournisseurs, sans avoir à attendre la clôture mensuelle pour connaître sa situation.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre le livre-journal et un journal auxiliaire ?

Le livre-journal est le registre légal obligatoire qui centralise toutes les opérations de l’entreprise dans l’ordre chronologique. Les journaux auxiliaires sont des registres spécialisés par nature d’opération (achats, ventes, banque, etc.) qui facilitent la saisie et la lisibilité. Leurs totaux mensuels sont reportés dans le livre-journal. Une entreprise peut légalement ne tenir qu’un livre-journal unique, mais en pratique la quasi-totalité des entreprises utilise des journaux auxiliaires dès lors que le volume d’opérations le justifie.

Peut-on tenir un seul journal pour toutes les opérations ?

Oui, légalement. Le Code de commerce n’impose pas la tenue de journaux auxiliaires. Un journal unique est suffisant pour une très petite structure réalisant peu d’opérations par mois. En revanche, dès que le nombre d’écritures dépasse quelques dizaines par mois, un journal unique devient illisible et rend le rapprochement bancaire et la révision de clôture très fastidieux. La segmentation en journaux auxiliaires est une bonne pratique, pas une obligation.

Combien de journaux de banque faut-il tenir si l’entreprise a plusieurs comptes ?

Un journal de banque par compte bancaire. Cette règle est absolue : mélanger les mouvements de deux comptes bancaires dans un seul journal rend le rapprochement bancaire impossible. Si l’entreprise dispose d’un compte courant principal, d’un compte d’épargne professionnel et d’un compte dédié aux encaissements en ligne, elle tient trois journaux de banque distincts, avec des codes différents (BQ1, BQ2, BQ3 ou BQ-BNP, BQ-LCL, BQ-STRIPE par exemple).

Que faire si une écriture a été validée avec une erreur de montant ?

Il est interdit de modifier ou de supprimer une écriture validée. La seule correction autorisée est l’écriture de contrepassation : on passe une écriture exactement inverse à l’écriture erronée (les débits deviennent des crédits et inversement), puis on passe la nouvelle écriture correcte. Les trois écritures (initiale, contrepassation, correction) restent visibles dans le journal, ce qui garantit la traçabilité complète de la correction.

À quelle fréquence faut-il centraliser les journaux auxiliaires dans le livre-journal ?

La centralisation doit intervenir au moins une fois par mois, conformément au Plan comptable général. En pratique, les logiciels comptables effectuent cette centralisation automatiquement à chaque validation d’écriture ou à la clôture mensuelle du journal. Une centralisation trimestrielle ou annuelle est insuffisante car elle retarde la détection des erreurs et rend le suivi de trésorerie peu fiable.

Le journal des OD peut-il recevoir n’importe quelle opération que l’on ne sait pas classer ?

Non. Le journal des opérations diverses est réservé aux écritures qui n’ont pas de flux de trésorerie associé et qui ne relèvent pas des journaux commerciaux (achats, ventes). Les dotations aux amortissements, les provisions, les régularisations de fin d’exercice et les écritures de TVA y ont leur place. En revanche, une facture fournisseur va dans le journal des achats, un paiement va dans le journal de banque ou de caisse. Utiliser le journal des OD comme fourre-tout alourdit la révision de clôture et masque des erreurs de classement.

Comment vérifier que les journaux sont cohérents avant de les transmettre à l’expert-comptable ?

Quatre vérifications de base suffisent pour la grande majorité des TPE et PME. Premièrement, s’assurer que le solde du journal de banque correspond au solde du relevé bancaire après rapprochement. Deuxièmement, vérifier que le total des débits est égal au total des crédits pour chaque journal sur la période. Troisièmement, contrôler qu’aucune écriture n’est restée sans pièce justificative rattachée. Quatrièmement, vérifier que les journaux auxiliaires ont bien été centralisés pour tous les mois de la période. Ces quatre points couvrent l’essentiel des anomalies détectées lors d’une révision comptable.

Qu’est-ce que le journal des à-nouveaux et quand est-il utilisé ?

Le journal des à-nouveaux est le premier journal de chaque nouvel exercice comptable. Il reprend les soldes de clôture de l’exercice précédent pour tous les comptes de bilan (classes 1 à 5) : immobilisations, stocks, créances clients, dettes fournisseurs, soldes bancaires, capital, emprunts, résultat de l’exercice précédent. Les comptes de gestion (classes 6 et 7, charges et produits) ne sont pas repris car ils repartent de zéro à chaque exercice. Cette écriture est générée automatiquement par les logiciels comptables lors de la clôture de l’exercice précédent et constitue l’écriture numéro 1 du nouvel exercice.

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