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Déclaration de TVA CA3 : remplir chaque case sans erreur

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La CA3 se remplit vite quand on sait où chercher chaque montant dans sa comptabilité. Voici la structure cadre par cadre, un exemple chiffré complet et les erreurs qui coûtent cher.

Tableau comparatif des trois situations déclaratives

Régime Déclaration Périodicité Remarque
Réel normal mensuel CA3 Chaque mois Cas de droit commun au-delà des seuils du régime simplifié ou lorsque la TVA annuelle due dépasse le seuil de la périodicité trimestrielle
Réel normal trimestriel CA3 Chaque trimestre (avril, juillet, octobre, janvier) Admis lorsque la TVA due annuellement reste inférieure à un certain montant ; option possible pour le mensuel, notamment en cas de crédit de TVA récurrent
Régime simplifié CA12 Une fois par an Accompagnée de deux acomptes semestriels ; aucune CA3 à déposer sauf option pour le réel normal

La CA3 est obligatoire même en l’absence d’opérations sur la période : une déclaration dite néant doit être transmise. L’absence de dépôt expose l’entreprise à des majorations et à une mise en demeure.

Périodicité mensuelle ou trimestrielle : comment choisir ?

La périodicité trimestrielle est admise de droit lorsque la TVA nette due annuellement reste sous un certain seuil. Au-delà, la déclaration devient mensuelle. Une entreprise en crédit de TVA structurel a intérêt à conserver ou à opter pour la périodicité mensuelle : les remboursements de crédit sont demandés plus tôt, ce qui améliore la trésorerie. À l’inverse, une entreprise dont la TVA nette est faible et stable peut alléger sa charge administrative en passant au trimestriel.

La règle d’exigibilité, point de départ de toute déclaration

Avant de saisir le moindre chiffre, il faut identifier la période à laquelle chaque opération se rattache. Pour les livraisons de biens, la TVA est exigible à la livraison. Pour les prestations de services, elle est exigible à l’encaissement, sauf option pour les débits, qui la rend exigible à la facturation. Cette distinction est décisive : une prestation facturée en mars et encaissée en mai figure sur la CA3 de mai si le prestataire est au régime de l’encaissement, sur celle de mars s’il a opté pour les débits. Le prestataire ayant opté pour les débits doit mentionner sur ses factures la mention « TVA acquittée sur les débits », ce qui permet à son client de déduire la TVA dès réception de la facture, sans attendre le paiement.

Où et comment déposer la CA3 ?

La télédéclaration et le télépaiement sont obligatoires pour toutes les entreprises soumises au régime réel normal. Deux modes de transmission coexistent. Le mode EFI (échange de formulaires informatisé) consiste à saisir directement la déclaration dans l’espace professionnel du site impots.gouv.fr. Le mode EDI (échange de données informatisé) permet à un expert-comptable ou à un prestataire habilité de transmettre la déclaration pour le compte de l’entreprise. Le paiement s’effectue par télérèglement ou par prélèvement automatique via un mandat SEPA interentreprises, option recommandée pour éviter tout oubli. Le paiement par chèque ou en espèces n’est pas autorisé.

La date limite de dépôt dépend du numéro SIREN de l’entreprise et figure dans l’espace professionnel. Elle se situe généralement entre le 15 et le 24 du mois suivant la période déclarée. Il est impératif de retenir la date personnalisée affichée dans cet espace, et non une date générique.

La structure de la déclaration, cadre par cadre

Cadre A : montant des opérations réalisées

Le cadre A recense, en montants hors taxes, l’ensemble des opérations de la période, qu’elles soient taxables ou non. Il ne calcule pas directement la TVA : il sert à identifier la nature économique et fiscale de chaque flux, ce qui commande ensuite le calcul de la TVA brute dans le cadre B.

Les opérations taxées comprennent notamment les ventes et prestations de services réalisées en France (ligne A1), les autres opérations imposables telles que certaines cessions ou livraisons à soi-même (ligne A2), les achats de prestations de services auprès d’un assujetti non établi en France soumis à autoliquidation (ligne A3), et les acquisitions intracommunautaires de biens (ligne B2).

Les opérations non taxées doivent également être déclarées pour assurer la transparence fiscale et permettre le calcul correct du coefficient de taxation. On y trouve les exportations hors Union européenne (ligne E1), les autres opérations non imposables (ligne E2, qui regroupe notamment les opérations autoliquidées par le client, les opérations en suspension ou en franchise, les prestations rendues à un preneur établi à l’étranger et les affaires exonérées), les ventes à distance taxables dans un autre État membre (ligne E3), et les livraisons intracommunautaires de biens exonérées (ligne F2).

Un piège fréquent : confondre les lignes E1, E2 et F2. Les exportations hors UE relèvent de E1. Les livraisons intracommunautaires exonérées relèvent de F2, pas de E1 ni de E2. Une mauvaise ventilation entre ces trois lignes fausse le coefficient de taxation et peut déclencher une demande d’éclaircissement de l’administration.

Pour renseigner ce cadre, on s’appuie sur le journal des ventes, le journal des achats, les factures émises et reçues sur la période, ainsi que les documents douaniers pour les importations. La balance comptable de la période, arrêtée à la date d’exigibilité et non à la date de facture, constitue le document de référence.

Cadre B : décompte de la TVA à payer (TVA brute collectée)

Le cadre B ventile les bases imposables par taux de TVA et calcule la TVA brute. En France métropolitaine, les principales lignes sont la ligne 08 pour le taux normal de 20 %, la ligne 9B pour le taux intermédiaire de 10 %, et la ligne 09 pour le taux réduit de 5,5 %. Le taux particulier de 2,1 % (presse, médicaments remboursés) est déclaré sur une ligne dédiée. Pour chaque taux, on indique la base hors taxes et le montant de TVA correspondant. Le total de la TVA brute est reporté à la ligne 16.

La ligne 15 accueille les reversements de TVA antérieurement déduite : facture fournisseur annulée, avoir reçu après déduction, changement d’affectation d’un bien, disparition injustifiée de marchandises. Cette ligne ne doit pas servir à corriger arbitrairement une erreur comptable sans justificatif.

Cadre TVA déductible : biens et services, immobilisations

La TVA déductible est répartie en plusieurs lignes selon la nature des achats. La ligne 19 accueille la TVA déductible sur les biens constituant des immobilisations : matériel informatique, machines, véhicules ouvrant droit à déduction, mobilier, équipements, travaux immobilisés. On se réfère au traitement comptable du bien : une dépense comptabilisée en immobilisation ne doit pas être inscrite en ligne 20. La ligne 20 accueille la TVA déductible sur les autres biens et services, c’est-à-dire les charges et achats courants : marchandises, matières premières, fournitures, loyers soumis à TVA, honoraires, abonnements, prestations de services, frais d’entretien. La ligne correspondant au report du crédit de TVA antérieur (désignée par son intitulé « report du crédit de TVA antérieur ») accueille le crédit figurant sur la déclaration précédente, s’il n’a pas été demandé en remboursement. Le total de la TVA déductible est reporté à la ligne 23.

Crédit de TVA et TVA nette due

Lorsque la TVA déductible (ligne 23) excède la TVA brute (ligne 16), la déclaration fait apparaître un crédit de TVA, visible à la ligne 27. Ce crédit peut être reporté sur la déclaration suivante ou faire l’objet d’une demande de remboursement via le formulaire 3519. La TVA nette due, lorsque la TVA brute est supérieure à la TVA déductible, apparaît à la ligne 32.

Remplissage pas à pas : exemple chiffré complet

Prenons l’exemple de la société Fictive SAS, entreprise de conseil et de vente de matériel de bureau, pour le mois de juin.

Données de la période

Nature de l’opération Base HT Taux TVA
Ventes de matériel (taux normal) 60 000 € 20 % 12 000 €
Prestations de conseil (taux normal) 18 000 € 20 % 3 600 €
Livraison intracommunautaire exonérée (client allemand) 8 000 € Exonérée 0 €
Acquisition intracommunautaire (fournisseur espagnol) 5 000 € 20 % (autoliquidée) 1 000 €
Achats de fournitures et charges courantes 22 000 € 20 % 4 400 €
Acquisition d’un serveur informatique (immobilisation) 6 000 € 20 % 1 200 €
Crédit de TVA reporté du mois précédent non applicable non applicable 350 €

Tableau de remplissage de la CA3

Ligne / Intitulé Montant porté Explication
Cadre A, ligne A1 : ventes et prestations taxables 78 000 € HT 60 000 + 18 000 : total du CA imposable en France
Cadre A, ligne B2 : acquisitions intracommunautaires 5 000 € HT Achat auprès du fournisseur espagnol, autoliquidé
Cadre A, ligne F2 : livraisons intracommunautaires exonérées 8 000 € HT Vente au client allemand, exonérée de TVA française
Ligne 08 : TVA brute au taux de 20 % Base : 78 000 € / TVA : 15 600 € Ventes et prestations taxables au taux normal
Ligne dédiée aux acquisitions intracommunautaires : TVA autoliquidée Base : 5 000 € / TVA : 1 000 € TVA calculée et déclarée en collectée sur l’AIC
Ligne 16 : total TVA brute 16 600 € 15 600 + 1 000
Ligne 19 : TVA déductible sur immobilisations 1 200 € TVA sur le serveur informatique
Ligne 20 : TVA déductible sur autres biens et services 5 400 € 4 400 (charges courantes) + 1 000 (AIC déductible)
Report du crédit de TVA antérieur 350 € Crédit issu de la CA3 du mois précédent
Ligne 23 : total TVA déductible 6 950 € 1 200 + 5 400 + 350
Ligne 32 : TVA nette due 9 650 € 16 600 – 6 950

La TVA nette à payer par Fictive SAS pour le mois de juin est de 9 650 €. Notez que l’acquisition intracommunautaire génère simultanément 1 000 € de TVA collectée (ligne dédiée) et 1 000 € de TVA déductible (ligne 20) : l’opération est neutre pour la trésorerie si la TVA est intégralement récupérable, mais elle doit impérativement apparaître dans les deux cadres.

Les opérations particulières et où les déclarer

Autoliquidation

L’autoliquidation s’applique dans plusieurs situations : sous-traitance dans le bâtiment, achats de biens auprès d’un fournisseur établi dans un autre État membre de l’UE (acquisitions intracommunautaires), achats de services auprès d’un prestataire non établi en France, importations depuis des pays hors UE depuis le 1er janvier 2022. Dans tous ces cas, c’est l’acheteur français qui déclare la TVA, à la fois en TVA collectée et en TVA déductible. L’oubli de la partie collectée entraîne une majoration ; l’oubli de la partie déductible entraîne une perte sèche.

Acquisitions intracommunautaires (AIC)

L’achat de biens expédiés depuis un autre État membre de l’UE est porté en base HT dans la ligne dédiée aux acquisitions intracommunautaires du cadre A. La TVA correspondante est calculée au taux français applicable et déclarée en TVA collectée. Elle est simultanément portée en TVA déductible à la ligne 20 (ou à la ligne 19 s’il s’agit d’une immobilisation). Les montants déclarés en AIC doivent être cohérents avec l’état récapitulatif TVA transmis aux douanes : une discordance déclenche une demande d’éclaircissement automatisée.

Exportations et livraisons intracommunautaires exonérées

Les exportations hors Union européenne sont exonérées de TVA française et déclarées à la ligne E1 du cadre A. Les livraisons intracommunautaires de biens à un client assujetti dans un autre État membre sont exonérées et déclarées à la ligne F2. Ces opérations exonérées ouvrent néanmoins droit à déduction de la TVA sur les achats qui leur sont affectés, ce qui les distingue des opérations hors champ. Les justificatifs d’exonération (preuve de transport, numéro de TVA intracommunautaire du client vérifié) doivent être conservés.

Ventes à distance B2C

Les ventes à distance réalisées au profit de particuliers établis dans d’autres États membres de l’UE, déclarées via le guichet OSS (One Stop Shop), ne doivent pas figurer sur la CA3 nationale. Seules les ventes réalisées en France y sont reportées. Mélanger les deux entraîne une double déclaration et une discordance avec les données OSS.

Importations depuis des pays hors UE

Depuis le 1er janvier 2022, la TVA à l’importation est obligatoirement autoliquidée sur la CA3 pour toutes les entreprises identifiées à la TVA en France. La base figure dans la ligne dédiée aux importations du cadre A, la TVA collectée dans la ligne correspondante du cadre B, et la TVA déductible à la ligne 19 ou 20 selon la nature du bien importé.

La TVA déductible : ce qui est récupérable et ce qui ne l’est pas

Conditions générales de déductibilité

Pour être déductible, la TVA doit figurer sur une facture conforme, être devenue exigible chez le fournisseur, et porter sur un bien ou un service utilisé pour les besoins de l’activité taxable. La TVA sur les prestations de services n’est déductible qu’au moment du paiement de la facture fournisseur, sauf si ce dernier a opté pour les débits. Concrètement : une facture de prestataire reçue en juin mais payée en juillet n’est déductible qu’en juillet, sauf mention « TVA acquittée sur les débits » sur la facture.

Les exclusions à connaître absolument

Certaines dépenses sont exclues du droit à déduction, quel que soit leur lien avec l’activité professionnelle. Les véhicules de tourisme (achat, location longue durée, entretien, pièces détachées) n’ouvrent pas droit à déduction, à l’exception des véhicules destinés à la revente à l’état neuf ou à la location. Les dépenses de restauration, d’hébergement et de réception engagées au profit des dirigeants, salariés ou tiers sont également exclues. Les cadeaux dont la valeur dépasse 73 € TTC par bénéficiaire et par année civile ne sont pas déductibles : au-delà de ce seuil, la TVA est perdue sur l’ensemble des cadeaux remis à ce bénéficiaire sur l’année.

Pour le carburant des véhicules de tourisme, les règles sont partielles : la TVA sur l’essence et le gazole est déductible à hauteur de 80 % pour les véhicules de tourisme, à 100 % pour les véhicules utilitaires. Ces coefficients s’appliquent à la TVA figurant sur les justificatifs de carburant.

Distinction biens et services / immobilisations

La séparation entre la ligne 19 (immobilisations) et la ligne 20 (autres biens et services) n’est pas qu’une question de présentation : elle a des conséquences sur les régularisations ultérieures. La TVA déduite sur une immobilisation fait l’objet d’un suivi sur une période de régularisation (cinq ans pour les biens meubles, vingt ans pour les immeubles). Si l’affectation du bien change en cours de période, une régularisation annuelle est calculée. Une dépense portée à tort en ligne 20 au lieu de la ligne 19 fausse ce suivi et peut entraîner des régularisations incorrectes lors d’un contrôle.

Le crédit de TVA et son report

Lorsque la TVA déductible excède la TVA brute sur une période, la déclaration fait apparaître un crédit de TVA à la ligne 27. Par défaut, ce crédit s’impute sur les déclarations suivantes : il est reporté dans la ligne correspondant au crédit antérieur de la CA3 du mois ou du trimestre suivant. Il ne s’impute pas automatiquement : le montant doit être ressaisi manuellement à chaque déclaration. Un oubli de ce report équivaut à perdre temporairement le crédit.

Un remboursement peut être demandé via le formulaire 3519, joint à la CA3. Le seuil minimal varie selon la périodicité et la période : les demandes mensuelles ou trimestrielles de janvier à novembre nécessitent un crédit d’un certain montant minimal, la demande annuelle de décembre ou du quatrième trimestre est accessible dès un montant inférieur. Les demandes de remboursement font l’objet d’un contrôle plus fréquent que les déclarations ordinaires : la cohérence entre le crédit demandé et l’activité réelle doit être documentée avant l’envoi. Un crédit dont le remboursement a été demandé ne peut plus être reporté sur la déclaration suivante.

Le paiement : modalités et conséquences d’un retard

Le paiement de la TVA nette due s’effectue par télérèglement ou par prélèvement automatique via un mandat SEPA interentreprises. Le mandat SEPA est la solution la plus fiable pour les entreprises qui déclarent mensuellement : le prélèvement est exécuté automatiquement à l’échéance, sans risque d’oubli. La déclaration doit être validée avant de pouvoir procéder au paiement : valider la déclaration sans déclencher le paiement est une erreur fréquente qui entraîne des relances.

Un dépôt tardif entraîne une majoration de 10 % des droits dus. Cette majoration est portée à 40 % en cas de mise en demeure restée sans effet, et à 80 % en cas d’activité occulte. Des intérêts de retard s’ajoutent, calculés au taux de 0,20 % par mois sur le montant de TVA due. Une déclaration déposée en retard mais sans TVA à payer reste soumise à l’obligation de dépôt : l’absence de dépôt, même pour une déclaration néant, expose à une mise en demeure et aux majorations correspondantes.

La déclaration rectificative : comment corriger une erreur

Deux méthodes permettent de corriger une erreur sur une CA3 déjà déposée. La première consiste à utiliser les lignes de régularisation de la prochaine déclaration. Pour une TVA déductible oubliée, on utilise la ligne correspondant aux compléments de déduction. Pour une TVA collectée déclarée en excès, on utilise les lignes de régularisation du cadre A. Cette méthode est possible lorsque l’erreur porte sur un montant inférieur à 4 000 €, dans les conditions prévues par l’administration.

La seconde méthode consiste à déposer une déclaration rectificative pour la période concernée, depuis l’espace professionnel, en cochant la case « déclaration rectificative ». Cette déclaration remplace intégralement la déclaration initiale pour la période considérée. Elle est obligatoire lorsque l’erreur dépasse le seuil de 4 000 € ou lorsque la régularisation sur une déclaration à venir n’est pas possible. La déclaration rectificative doit préciser la nature de l’erreur, les déclarations concernées et le mode de calcul dans le cadre réservé à la correspondance. Une régularisation spontanée, effectuée avant tout avis de vérification, limite la sanction au seul intérêt de retard. En revanche, une déclaration rectificative déposée après réception d’un avis de vérification est considérée comme caduque.

Le délai pour corriger une erreur de TVA est en principe de trois ans à compter de l’année au cours de laquelle la taxe est devenue exigible, porté à dix ans en cas d’activité occulte.

Les erreurs les plus fréquentes

Base hors taxes confondue avec le montant TTC

La base imposable à porter dans la CA3 est toujours le montant hors taxes. Déclarer le montant TTC revient à inclure la TVA dans la base de calcul, ce qui génère une TVA collectée supérieure à ce qui est réellement dû. Sur une vente de 12 000 € TTC à 20 %, la base HT est de 10 000 €, et non 12 000 €. L’erreur inverse, déclarer le HT comme si c’était du TTC, aboutit à sous-déclarer la TVA.

TVA déductible portée sur la mauvaise ligne

Inscrire la TVA d’une immobilisation à la ligne 20 au lieu de la ligne 19 est une erreur fréquente, notamment pour les achats de matériel informatique ou de mobilier de bureau. À l’inverse, porter une charge courante à la ligne 19 fausse le suivi des régularisations sur immobilisations. La règle pratique : si la dépense est comptabilisée dans un compte d’immobilisation (classe 2 du plan comptable), la TVA va en ligne 19 ; si elle est comptabilisée en charge (classe 6), elle va en ligne 20.

Acquisitions intracommunautaires non déclarées

L’achat d’un service ou d’un bien auprès d’un fournisseur européen sans TVA sur la facture (facture en franchise intracommunautaire) doit être autoliquidé. Beaucoup d’entreprises omettent cette étape, soit parce qu’elles ne reconnaissent pas l’opération, soit parce que l’absence de TVA sur la facture crée l’illusion qu’il n’y a rien à déclarer. Le résultat est une sous-déclaration de TVA collectée, qui peut être relevée lors d’un rapprochement avec l’état récapitulatif TVA transmis aux douanes.

Oubli du crédit de TVA antérieur

Le crédit de TVA figurant sur la CA3 précédente doit être ressaisi manuellement dans la ligne dédiée au report du crédit antérieur de la déclaration suivante. Si ce report est oublié, le crédit n’est pas perdu définitivement, mais il faudra le régulariser sur une déclaration ultérieure. En pratique, cet oubli entraîne un paiement de TVA supérieur à ce qui est réellement dû, ce qui pénalise la trésorerie.

Mauvaise ventilation entre les taux de TVA

Les entreprises dont l’activité relève de plusieurs taux (restauration, travaux, édition, secteur médical) doivent ventiler leur chiffre d’affaires avec précision. Déclarer des ventes à 20 % qui auraient dû l’être à 10 % entraîne une TVA collectée excessive. L’erreur inverse, appliquer un taux réduit à une opération relevant du taux normal, constitue une insuffisance de déclaration exposant à un redressement.

Ventes OSS déclarées sur la CA3 nationale

Les ventes à distance B2C à des particuliers établis dans d’autres États membres de l’UE, déclarées via le guichet OSS, ne doivent pas figurer sur la CA3 française. Les porter sur la CA3 nationale revient à déclarer deux fois la même TVA, dans deux systèmes différents.

Préparer sa CA3 avec des chiffres déjà agrégés

L’erreur naît presque toujours de la reconstitution manuelle des bases à partir de factures éparses ou de journaux comptables non réconciliés. Lorsque le chiffre d’affaires par taux de TVA et les dépenses par nature doivent être recalculés à la main chaque mois, les risques d’oubli, de double comptage ou de mauvaise affectation de taux se multiplient.

Djaboo agrège le chiffre d’affaires facturé par taux de TVA et les dépenses enregistrées, ce qui fournit directement les bases à reporter dans chaque ligne de la CA3, sans reconstitution manuelle. Les montants sont disponibles par période, ventilés par taux et par nature de dépense, ce qui réduit le risque d’erreur à la source.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre la CA3 et la CA12 ?

La CA3 est la déclaration périodique du régime réel normal, déposée chaque mois ou chaque trimestre selon la TVA annuelle due. La CA12 est la déclaration annuelle du régime simplifié d’imposition, accompagnée de deux acomptes semestriels versés en juillet et en décembre. Une entreprise au régime simplifié peut opter pour le réel normal et passer à la CA3, sans nécessairement changer son régime d’imposition des bénéfices : c’est le mini-réel. L’inverse n’est pas possible : une entreprise au réel normal ne peut pas déposer une CA12 sans changer de régime.

Faut-il déposer une CA3 même si l’entreprise n’a réalisé aucune opération ?

Oui. Tant que l’entreprise est soumise au régime réel normal, la CA3 est obligatoire à chaque échéance, même en l’absence totale d’opérations. Le formulaire 2026 prévoit une case spécifique à cocher pour signaler qu’aucune ligne n’est à renseigner. L’absence de dépôt, même pour une déclaration néant, expose à une mise en demeure et à des majorations.

Comment est traitée une acquisition intracommunautaire sur la CA3 ?

L’acquisition intracommunautaire est portée en base HT dans la ligne dédiée du cadre A. La TVA française applicable est calculée et déclarée en TVA collectée dans le cadre B. Cette même TVA est simultanément portée en TVA déductible à la ligne 19 si le bien est une immobilisation, ou à la ligne 20 s’il s’agit d’un achat courant. L’opération est neutre pour la trésorerie si la TVA est intégralement récupérable, mais elle doit impérativement apparaître dans les deux cadres. Omettre la partie collectée expose à une majoration ; omettre la partie déductible entraîne une perte sèche.

Peut-on déduire la TVA sur un véhicule de société ?

Cela dépend du type de véhicule. La TVA sur l’achat, la location et l’entretien d’un véhicule de tourisme (conçu pour le transport de personnes, comportant outre le siège du conducteur huit places assises au maximum) est exclue du droit à déduction, quelle que soit l’utilisation professionnelle du véhicule. En revanche, la TVA sur les véhicules utilitaires (camionnettes, fourgons, véhicules sans places passagers) est déductible à 100 %. Pour le carburant des véhicules de tourisme, la déductibilité est partielle et varie selon le type de carburant.

Que se passe-t-il si la CA3 est déposée en retard ?

Un dépôt tardif entraîne une majoration de 10 % des droits dus, assortie d’intérêts de retard de 0,20 % par mois. La majoration est portée à 40 % en cas de mise en demeure restée sans effet dans les trente jours. En cas d’activité occulte, elle atteint 80 %. Une déclaration déposée spontanément en retard, avant toute mise en demeure, peut bénéficier d’une réduction de la majoration si la régularisation intervient rapidement. Une déclaration sans TVA due reste obligatoire et son absence expose aux mêmes sanctions.

Comment corriger une erreur découverte après envoi de la CA3 ?

Deux voies sont possibles. Pour les erreurs d’un montant limité, la correction peut être portée sur les lignes de régularisation de la prochaine déclaration : ligne correspondant aux compléments de déduction pour une TVA déductible oubliée, lignes de régularisation du cadre A pour un chiffre d’affaires déclaré en excès. Pour les erreurs plus importantes, une déclaration rectificative doit être déposée depuis l’espace professionnel pour la période concernée, en cochant la case dédiée et en précisant la nature de l’erreur dans le cadre de correspondance. Une régularisation spontanée avant tout avis de vérification limite la sanction au seul intérêt de retard.

Comment demander le remboursement d’un crédit de TVA ?

Le crédit de TVA apparaît à la ligne 27 de la CA3. Pour en demander le remboursement, il faut joindre à la CA3 le formulaire 3519. Un seuil minimal de crédit est requis selon la périodicité et la période de dépôt. La demande fait l’objet d’un contrôle de l’administration, qui vérifie la cohérence entre le crédit demandé et l’activité déclarée. Il est recommandé de conserver l’ensemble des factures d’achat justifiant la TVA déductible avant d’envoyer la demande. Un crédit dont le remboursement a été demandé ne peut plus être reporté sur la déclaration suivante.

La CA3 trimestrielle est-elle automatique ou faut-il en faire la demande ?

La périodicité trimestrielle est de droit lorsque la TVA annuelle due reste sous le seuil applicable. Elle ne nécessite pas de demande formelle dans ce cas. En revanche, une entreprise qui souhaite passer au mensuel alors qu’elle est sous le seuil doit en faire la demande, notamment pour accélérer les remboursements de crédit de TVA. À l’inverse, une entreprise dont la TVA annuelle dépasse le seuil bascule automatiquement en mensuel pour l’année suivante. Il est conseillé de vérifier sa périodicité dans l’espace professionnel en début d’année.

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