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Modèle de bon de commande

Un bon de commande mal rédigé, c’est une vente mal sécurisée. Ce document commercial formalise l’engagement entre un acheteur et un vendeur avant toute livraison ou facturation, et constitue votre première ligne de défense en cas de litige.

Que vous vendiez des produits à d’autres entreprises ou que vous passiez commande auprès de vos fournisseurs, maîtriser le bon de commande vous permet de sécuriser chaque transaction, de tracer vos échanges et de simplifier votre gestion administrative. Ce guide vous explique tout ce qu’il faut savoir, avec un modèle prêt à l’emploi à télécharger.


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    Qu’est-ce qu’un bon de commande ?

    Le bon de commande (souvent abrégé BDC, ou purchase order en anglais) est un document commercial qui formalise par écrit une intention d’achat. Il est émis par l’acheteur à destination du vendeur et précise l’ensemble des conditions convenues : nature des biens ou services, quantités, prix, délais de livraison et modalités de paiement.

    Contrairement à une idée reçue, le bon de commande n’est pas légalement obligatoire en droit français. Un contrat de vente peut être conclu dès lors que les deux parties se sont mises d’accord sur la chose et sur le prix, y compris à l’oral. Mais en pratique, l’absence de document écrit complique considérablement la preuve en cas de désaccord. C’est pourquoi le bon de commande est devenu un réflexe incontournable pour toute entreprise qui souhaite sécuriser ses transactions.

    Le bon de commande remplit plusieurs fonctions concrètes :

    • Formaliser l’accord entre les parties avant toute exécution
    • Tracer chaque commande grâce à un numéro unique
    • Servir de pièce justificative pour le rapprochement comptable entre commande et facture
    • Constituer une preuve recevable devant un tribunal en cas de litige

    Le bon de commande est principalement utilisé pour la vente de marchandises ou de matières premières. Pour les prestations de services, le devis signé joue souvent un rôle équivalent, bien que les deux documents puissent coexister dans une même transaction.

    Bon de commande, devis, facture et bon de livraison : quelles différences ?

    Ces quatre documents jalonnent le cycle commercial d’une vente. Chacun intervient à un moment précis et remplit un rôle distinct. Les confondre est l’une des erreurs les plus fréquentes dans les petites structures.

    Document Émis par À quel moment ? Rôle principal Valeur juridique
    Devis Vendeur Avant la commande Proposer une offre de prix Offre commerciale, n’engage que le vendeur pendant sa durée de validité
    Bon de commande Acheteur Après acceptation du devis (ou directement) Formaliser l’engagement d’achat Contrat synallagmatique dès acceptation par les deux parties
    Bon de livraison Vendeur Au moment de la livraison Attester la remise des marchandises Preuve de réception, signé par l’acheteur
    Facture Vendeur Après la livraison ou la prestation Réclamer le paiement Pièce comptable obligatoire en B2B, constate la créance

    Le flux commercial type se déroule ainsi : le vendeur émet un devis, l’acheteur répond par un bon de commande, le vendeur livre avec un bon de livraison, puis émet la facture. À chaque étape, un document écrit acte l’accord et protège les deux parties.

    Une distinction importante à retenir : le bon de commande n’est pas une facture. Il exprime une intention et crée un engagement, mais ne génère pas de dette exigible. Seule la facture constate une créance et déclenche l’obligation de paiement. Pour la comptabilité, seule la facture est une pièce justificative recevable.

    Quelles mentions doit contenir un bon de commande ?

    Aucune loi n’impose de format strict pour le bon de commande dans les transactions entre professionnels. Mais les usages commerciaux et la jurisprudence ont établi un ensemble d’informations indispensables pour qu’il soit complet et opposable en cas de litige.

    Mention Contenu attendu Caractère
    Identité de l’acheteur Raison sociale, adresse, numéro SIREN/SIRET, forme juridique Indispensable
    Identité du vendeur/fournisseur Raison sociale, adresse, numéro SIREN/SIRET, numéro de TVA Indispensable
    Numéro de bon de commande Numéro unique et séquentiel (ex. : BC-2025-0042) Indispensable
    Date d’émission Date de création du document Indispensable
    Description des produits ou services Désignation précise, référence produit, unité de mesure Indispensable
    Quantités Quantité par ligne avec unité (pièce, heure, kg…) Indispensable
    Prix unitaire HT Prix négocié ou prix catalogue par ligne Indispensable
    Taux de TVA Taux applicable par ligne (20 %, 10 %, 5,5 %…) Indispensable
    Montant total HT et TTC Sous-total HT, montant TVA, total TTC Indispensable
    Conditions de livraison Adresse de livraison, date souhaitée, frais éventuels Recommandé
    Conditions de paiement Délai, mode de règlement, pénalités de retard Recommandé
    Référence au devis Numéro et date du devis accepté (si applicable) Recommandé
    Conditions générales de vente (CGV) Annexées ou mentionnées explicitement Recommandé
    Signature des parties Visa acheteur avec mention « bon pour accord » ou « lu et approuvé », accusé de réception vendeur Fortement recommandé

    En B2C (vente à un consommateur particulier, notamment à distance), le bon de commande doit également mentionner le délai de rétractation de 14 jours prévu par l’article L.221-18 du Code de la consommation, ainsi que les modalités pour l’exercer.

    Le bon de commande a-t-il une valeur juridique ?

    Oui, et c’est précisément ce qui en fait un document stratégique pour tout dirigeant de TPE ou PME.

    Dès lors que le bon de commande est accepté par le vendeur, qu’il s’agisse d’une signature, d’un accusé de réception ou du début de l’exécution de la commande, il acquiert la valeur d’un contrat de vente au sens des articles 1583 et suivants du Code civil. On parle de contrat synallagmatique : chaque partie est engagée envers l’autre. Le vendeur s’oblige à livrer les biens ou services décrits, et l’acheteur s’oblige à les réceptionner et à les payer au prix convenu.

    En pratique, cela signifie que le bon de commande signé constitue une preuve recevable devant les tribunaux. En cas de non-paiement, il renforce considérablement le dossier du vendeur pour une procédure d’injonction de payer. En cas de livraison non conforme, il protège l’acheteur en précisant exactement ce qui avait été commandé.

    Sans bon de commande signé, le document n’a qu’une valeur informative. Il s’agit d’une simple proposition commerciale qui ne crée pas d’obligation juridique. En cas de contestation, il devient très difficile de prouver l’existence d’un accord sur le prix, les quantités ou les délais.

    Quelques précisions importantes :

    • En B2B, le bon de commande n’est pas imposé par la loi, mais il est fortement recommandé pour toute transaction d’un certain montant ou avec un nouveau partenaire commercial.
    • Une fois signé, le bon de commande ne peut pas être annulé unilatéralement sans risquer d’engager sa responsabilité contractuelle, sauf motif légitime reconnu par la loi (force majeure, vice du consentement, inexécution grave de l’autre partie).
    • En B2C pour les ventes à distance, le consommateur bénéficie d’un droit de rétractation de 14 jours à compter de la réception du produit, conformément à l’article L.221-18 du Code de la consommation.
    • Vérifiez toujours que la personne qui signe le bon de commande au nom d’une entreprise est bien habilitée à engager celle-ci (délégation de pouvoir, mandat).

    Comment établir et suivre ses bons de commande ?

    Étape 1 : Rassembler les informations nécessaires avant de rédiger

    Avant de créer le document, réunissez toutes les données utiles : coordonnées complètes des deux parties (raison sociale, SIREN/SIRET, adresse), description précise des produits ou services à commander, quantités, prix unitaires convenus, délai et adresse de livraison, conditions de paiement. Plus le bon de commande est précis à ce stade, moins vous aurez de risques de contestation par la suite.

    Étape 2 : Numéroter le document de façon rigoureuse

    Attribuez à chaque bon de commande un numéro unique, chronologique et sans rupture de séquence. Un format simple et lisible : préfixe + année + numéro séquentiel (par exemple BC-2025-0042). Ce numéro sera reporté sur le bon de livraison et sur la facture correspondante pour faciliter le rapprochement comptable et les contrôles internes.

    Étape 3 : Rédiger le bon de commande avec toutes les mentions utiles

    Structurez le document en plusieurs blocs clairs : un en-tête avec les coordonnées de l’émetteur et le numéro du BDC, les coordonnées du fournisseur, un tableau détaillé des lignes de commande (référence, désignation, quantité, prix unitaire HT, TVA, total TTC), les totaux, les conditions de livraison et de paiement, et un espace pour les signatures. Si vous faites référence à un devis accepté, mentionnez son numéro et sa date directement sur le bon de commande.

    Étape 4 : Faire signer le bon de commande par les deux parties

    Transmettez le bon de commande au vendeur pour validation. Demandez une signature manuscrite accompagnée de la mention « bon pour accord » ou « lu et approuvé », ainsi que la date et le nom du signataire. Pour les échanges dématérialisés, une validation par e-mail ou via une solution de signature électronique peut tenir lieu d’accord, à condition de conserver une preuve de cette acceptation. Si vos CGV sont annexées, faites-les parapher.

    Étape 5 : Archiver et suivre l’état de chaque commande

    Centralisez tous vos bons de commande dans un outil unique accessible à votre équipe commerciale et comptable. Mettez à jour le statut de chaque commande en temps réel : en attente, confirmé, en cours de livraison, livré partiellement, soldé. Un suivi rigoureux permet d’éviter les doublons de facturation, les livraisons manquées et les litiges sur des commandes déjà exécutées.

    Étape 6 : Rapprocher le bon de commande avec le bon de livraison et la facture

    À réception de la marchandise ou à l’issue de la prestation, vérifiez que ce qui a été livré correspond bien à ce qui était commandé. Rapprochez ensuite le bon de commande avec la facture émise par le vendeur : les quantités, les prix et les références doivent concorder. Beaucoup d’acheteurs professionnels exigent que leur numéro de bon de commande figure sur la facture pour valider le paiement. Prenez cette habitude systématiquement.

    Les erreurs les plus fréquentes

    Envoyer un bon de commande sans le faire signer

    Un bon de commande non signé n’a qu’une valeur informative. Sans signature ou accusé de réception du vendeur, il ne constitue pas un engagement contractuel. En cas de litige sur le prix, les quantités ou le délai, vous n’aurez aucune preuve écrite de l’accord. Exigez systématiquement une validation formelle, même pour les commandes récurrentes avec des partenaires de confiance.

    Omettre la description précise des produits ou services

    Une désignation vague comme « fournitures diverses » ou « prestation informatique » ne protège personne. Si la livraison ne correspond pas à ce que vous attendiez, vous ne pourrez pas vous appuyer sur le bon de commande pour contester. Chaque ligne doit préciser la référence, la désignation exacte, la quantité et l’unité de mesure.

    Ne pas indiquer les conditions de livraison et de paiement

    L’absence de date de livraison ou de délai de paiement sur le bon de commande est une source fréquente de litiges. Sans délai de livraison précisé, il est difficile d’invoquer un retard. Sans conditions de paiement écrites, les discussions sur les délais ou les pénalités de retard deviennent des bras de fer sans fondement documentaire.

    Confondre bon de commande et facture

    Le bon de commande précède la livraison et formalise un engagement. La facture suit la livraison et constate une créance exigible. Ces deux documents ne sont pas interchangeables. Utiliser une facture proforma comme bon de commande, ou considérer qu’un bon de commande suffit à déclencher le paiement, génère des erreurs comptables et des incompréhensions avec les clients ou fournisseurs.

    Utiliser une numérotation non séquentielle ou dupliquée

    Des numéros de bons de commande en double ou sans logique chronologique compliquent le rapprochement comptable, brouillent le suivi des commandes et peuvent poser problème lors d’un contrôle. Adoptez dès le départ une convention de numérotation claire et tenez-vous-y.

    Ne pas conserver les bons de commande archivés

    Un bon de commande qui n’est pas conservé est une protection perdue. En cas de litige, vous devez être en mesure de produire le document original signé. Archivez systématiquement vos bons de commande, qu’ils soient papier ou électroniques, et assurez-vous qu’ils sont accessibles rapidement par les personnes concernées dans votre entreprise.

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    Questions fréquemment posées

    FAQ sur nos modèles de bon de commande

    Le bon de commande est-il obligatoire en France ?
    Non. En droit français, un contrat de vente est valide dès lors que les parties se sont accordées sur la chose et sur le prix, même à l'oral. Le bon de commande n'est donc pas imposé par la loi, ni en B2B ni en B2C. Cependant, son absence rend la preuve d'un accord très difficile à rapporter en cas de litige. Pour toute transaction d'un certain montant ou avec un nouveau partenaire, il est fortement recommandé d'en établir un.
    Qui rédige le bon de commande, l'acheteur ou le vendeur ?
    C'est en principe l'acheteur qui rédige et émet le bon de commande, puis le transmet au vendeur pour validation. Dans certains secteurs ou pour des commandes récurrentes, c'est le vendeur qui prépare un modèle de bon de commande que l'acheteur complète et signe. Dans les deux cas, le document doit être accepté par les deux parties pour avoir une valeur contractuelle.
    Quelle est la différence entre un bon de commande et un devis ?
    Le devis est une proposition commerciale émise par le vendeur : il chiffre une prestation ou une livraison de biens et constitue une offre. Il n'engage que le vendeur pendant sa durée de validité. Le bon de commande, lui, est émis par l'acheteur en réponse au devis ou directement, pour formaliser sa décision d'achat. Dès lors que les deux parties l'acceptent, la vente est considérée comme conclue.
    Peut-on annuler un bon de commande après signature ?
    Une fois signé, le bon de commande engage les deux parties et ne peut pas être annulé unilatéralement sans risquer d'engager sa responsabilité contractuelle. Des motifs légaux permettent toutefois d'invoquer une annulation : la force majeure, un vice du consentement ou une inexécution grave de l'autre partie. Pour les ventes à distance avec un consommateur, le droit de rétractation de 14 jours prévu par l'article L.221-18 du Code de la consommation s'applique.
    Faut-il joindre les conditions générales de vente au bon de commande ?
    Ce n'est pas une obligation légale, mais c'est une bonne pratique fortement recommandée. Les conditions générales de vente (CGV) précisent les règles relatives aux retours, aux litiges, aux pénalités de retard et aux garanties. Elles peuvent être annexées au bon de commande ou mentionnées explicitement avec une case à cocher ou une signature confirmant leur acceptation. Sans référence aux CGV, le cadre juridique de la transaction reste incomplet.
    Comment gérer les bons de commande avec des livraisons partielles ?
    Lorsqu'une commande est livrée en plusieurs fois, chaque livraison partielle doit faire l'objet d'un bon de livraison distinct, rattaché au bon de commande d'origine. Le suivi des quantités livrées et restantes doit être tenu à jour pour éviter les doublons de facturation. Il est conseillé de ne clôturer un bon de commande que lorsque la totalité des quantités commandées a été livrée et réceptionnée, et de bloquer toute nouvelle facturation sur une commande déjà soldée.