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Modèle de bon de livraison

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Le bon de livraison est un document commercial incontournable pour toute entreprise qui expédie des biens. Il atteste que la marchandise a bien été remise au destinataire, sécurise la relation entre vendeur et acheteur, et constitue un maillon essentiel entre la commande et la facture. Ce guide pratique vous explique tout ce qu’un dirigeant de TPE ou PME doit savoir sur ce document : mentions obligatoires, valeur juridique, conservation, gestion des litiges et erreurs à éviter.


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    Qu’est-ce qu’un bon de livraison ?

    Un bon de livraison, souvent abrégé BL ou appelé bordereau de livraison, est un document émis par le vendeur ou le transporteur au moment précis de la remise des marchandises au destinataire. Il précise la nature, la référence et la quantité des articles livrés, et permet de constater que la livraison a bien eu lieu dans les conditions prévues.

    Sa place dans la chaîne documentaire est claire : il intervient après le bon de commande et avant la facture. L’acheteur reçoit les marchandises, contrôle leur conformité, signe le bon de livraison, puis la facture est émise pour rendre le paiement exigible. Sans ce maillon intermédiaire, prouver qu’une livraison a effectivement eu lieu devient difficile, notamment en cas de contestation.

    Trois acteurs gravitent autour de ce document :

    • L’expéditeur dispose d’une preuve que les marchandises ont quitté son stock et ont été remises.
    • Le transporteur peut justifier que sa mission a été accomplie.
    • Le destinataire dispose d’un support pour vérifier la conformité de ce qu’il reçoit par rapport à ce qu’il a commandé.

    En format papier, la pratique recommande d’établir au moins deux exemplaires : un pour le client, un conservé par l’entreprise vendeuse. Si un transporteur est impliqué, un troisième exemplaire lui est remis. En version dématérialisée, le bon de livraison remplit exactement les mêmes fonctions, avec une traçabilité souvent supérieure.

    Le bon de livraison est-il obligatoire ?

    Aucun texte de loi ne rend le bon de livraison obligatoire en tant que tel. Un vendeur peut techniquement livrer des marchandises sans en émettre un. Pour autant, l’absence de ce document expose à des risques concrets.

    L’article 1315 du Code civil dispose que celui qui réclame l’exécution d’une obligation doit la prouver. Sans document signé attestant de la livraison, réclamer le paiement d’une facture contestée devient un exercice périlleux. La Cour de cassation a confirmé cette lecture dans un arrêt du 26 juin 2024 (n° 22-24.487) : un fournisseur peut prouver sa créance en produisant des factures et des bons de livraison, même établis par lui-même et non tous signés, dès lors que d’autres éléments corroborent la réalité des livraisons.

    En pratique, le bon de livraison est donc fortement recommandé pour toute entreprise qui expédie des biens, quelle que soit sa taille. Il protège le vendeur contre les contestations de mauvaise foi et rassure l’acheteur sur la conformité de ce qu’il reçoit.

    À noter : pour les prestations de services, le bon de livraison ne s’applique pas. C’est le bon d’intervention qui prend le relais, pour valider la bonne exécution d’une prestation (travaux, maintenance, réparation).

    Quelles mentions doit contenir un bon de livraison ?

    Le Code de commerce n’impose pas de format strict pour le bon de livraison. Certaines informations sont cependant indispensables pour que le document soit exploitable en cas de besoin, notamment lors d’un litige ou d’un contrôle.

    Mention Détail
    Identification du vendeur Raison sociale, adresse, numéro SIRET, forme juridique
    Identification du destinataire Nom ou raison sociale, adresse de livraison
    Numéro unique du bon de livraison Numéro séquentiel permettant de relier le BL à la facture et à la commande correspondantes
    Date de livraison Date à laquelle la marchandise est remise au destinataire
    Référence de la commande Numéro du bon de commande associé
    Description des marchandises Nature, référence, désignation précise de chaque article
    Quantités livrées Par article, sans approximation (nombre, poids, volume selon le cas)
    Espace pour signature et réserves Zone dédiée à la signature du réceptionnaire et à ses éventuels commentaires

    Les prix ne sont pas obligatoires sur un bon de livraison. Leur présence peut cependant faciliter le rapprochement avec la facture. Certains secteurs ajoutent des mentions spécifiques : numéro de lot et date de péremption dans l’agroalimentaire, conditions de transport (température) pour les produits sensibles, numéros de série pour le matériel informatique ou électronique.

    La signature du réceptionnaire est la clé de voûte de la valeur probante du document. Un bon de livraison non signé n’a qu’une valeur limitée en cas de litige. Exigez systématiquement cette signature au moment de la remise des marchandises.

    Bon de livraison, bon de commande et facture : quelles différences ?

    Ces trois documents jalonnent la même transaction commerciale, mais à des moments et avec des objectifs distincts. Les confondre est l’une des erreurs les plus fréquentes dans la gestion administrative des TPE et PME.

    Document Moment d’émission Rôle principal Signataire Mentionne les prix ?
    Bon de commande Avant la livraison Engage l’acheteur sur sa commande et le vendeur sur sa fourniture L’acheteur Oui
    Bon de livraison Au moment de la livraison Atteste la remise effective des marchandises Le réceptionnaire Facultatif
    Facture Après la livraison Rend le paiement exigible et sert de justificatif comptable Non signé Oui (obligatoire)

    Le bon de commande engage l’acheteur sur ce qu’il souhaite recevoir. Le bon de livraison constate ce qui a effectivement été remis. La facture traduit cette transaction en obligation de paiement. Ces trois documents forment une chaîne cohérente. Le bon de livraison ne peut pas faire office de facture, et la facture seule ne prouve pas qu’une livraison a eu lieu.

    Combien d’exemplaires établir et combien de temps les conserver ?

    La pratique professionnelle recommande d’établir le bon de livraison en deux exemplaires minimum :

    • Un exemplaire remis au client (ou au destinataire) au moment de la livraison.
    • Un exemplaire conservé par l’entreprise vendeuse dans ses archives.
    • Si un transporteur intervient, un troisième exemplaire lui est destiné pour justifier l’exécution de sa mission.

    Concernant la conservation, les documents comptables et commerciaux doivent être conservés pendant dix ans à compter de la clôture de l’exercice, conformément à l’article L. 123-22 du Code de commerce. Le bon de livraison, en tant que justificatif de la réalité d’une transaction, entre dans cette catégorie. Conservez-le pendant dix ans, qu’il soit en version papier ou numérique.

    Un archivage numérique sécurisé garantit l’intégrité des données sur le long terme et facilite la recherche en cas de contrôle ou de litige tardif. Si vous optez pour la signature électronique, assurez-vous que le système utilisé garantit l’horodatage et l’intégrité du document.

    Que faire en cas de litige à la réception ?

    Le moment de la réception est critique. C’est à cet instant précis que le destinataire doit inspecter la marchandise et, le cas échéant, formuler ses réserves par écrit. Une fois le bon de livraison signé sans réserve, il devient très difficile de contester l’état ou la quantité des marchandises reçues.

    Marchandise manquante

    Si des articles prévus dans la commande sont absents à la réception, le destinataire doit inscrire sur le bon de livraison, avant de signer, la mention précise des articles manquants et leur quantité. Une formulation vague du type « sous réserve de déballage » n’a aucune valeur juridique. La réserve doit être explicite : « 3 unités de la référence X manquantes ». Le destinataire peut également refuser de signer si le manque est manifeste et significatif, ce qui annule la réception et permet de renvoyer la livraison.

    Produit endommagé

    Si un ou plusieurs articles sont visiblement abîmés à la réception, le destinataire doit noter sur le bon de livraison une description précise du dommage constaté, en présence du livreur. Il est conseillé de prendre des photographies immédiatement, avant tout déplacement de la marchandise. Ces photos, datées et horodatées, constituent des preuves complémentaires utiles en cas de recours. Si le transporteur est responsable du dommage, une lettre recommandée avec accusé de réception doit lui être adressée dans les délais prévus par le contrat de transport ou la lettre de voiture.

    Réserves à la livraison

    Les réserves inscrites sur le bon de livraison doivent toujours être précises, datées et signées. Elles constituent le point de départ de toute procédure amiable ou contentieuse. Après avoir formulé ses réserves, le destinataire dispose d’un délai pour confirmer sa réclamation par écrit auprès du vendeur ou du transporteur. Conservez une copie du bon de livraison annoté. En cas de litige persistant, ce document sera la pièce centrale de votre dossier.

    Les erreurs les plus fréquentes

    Ne pas numéroter les bons de livraison

    L’absence de numérotation séquentielle rend le suivi des documents impossible. Sans numéro unique, il est très difficile de relier un bon de livraison à la facture correspondante, d’identifier une livraison précise en cas de litige ou de répondre à un contrôle. Adoptez une numérotation continue, comme vous le faites pour vos factures.

    Omettre la description précise des marchandises

    Un bon de livraison qui mentionne simplement « marchandises diverses » ou « matériel » n’a qu’une valeur probante très faible. Chaque article doit être identifié par sa désignation exacte, sa référence et sa quantité. C’est cette précision qui permet de constater une non-conformité ou un manquant au moment de la réception.

    Ne pas exiger la signature du réceptionnaire

    C’est l’erreur la plus coûteuse. Un bon de livraison non signé peut être contesté. La signature du destinataire est la preuve que la marchandise a bien été remise et acceptée. Si votre activité implique des livraisons régulières, formez vos équipes ou vos livreurs à exiger systématiquement cette signature avant de repartir.

    Confondre bon de livraison et facture

    Certaines TPE utilisent la facture comme seul document de livraison, en la faisant signer par le client. C’est une pratique risquée : la facture n’est pas conçue pour attester d’une réception physique de marchandises. Elle ne contient pas d’espace pour les réserves et sa signature par le client peut être interprétée comme une acceptation du paiement plutôt que de la livraison.

    Rédiger des réserves trop vagues

    La mention « sous réserve de déballage » est systématiquement écartée par les tribunaux. Une réserve utile décrit précisément le problème constaté : article manquant, colis ouvert, produit cassé, référence incorrecte. Plus la réserve est précise, plus elle est exploitable en cas de recours.

    Ne pas conserver les bons de livraison suffisamment longtemps

    Détruire ses bons de livraison après quelques mois expose l’entreprise à des difficultés en cas de litige tardif ou de contrôle fiscal. La durée de conservation recommandée est de dix ans. Organisez un classement rigoureux, physique ou numérique, pour pouvoir retrouver n’importe quel document rapidement.

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    Questions fréquemment posées

    FAQ sur nos modèles de bon de livraison

    Un bon de livraison doit-il obligatoirement être signé ?
    La signature n'est pas imposée par la loi, mais elle est fortement recommandée. C'est elle qui confère au document sa valeur probante en cas de litige. Un bon de livraison signé par le destinataire constitue la preuve que les marchandises ont bien été remises et acceptées. Sans signature, prouver la réalité d'une livraison contestée devient nettement plus difficile, même si d'autres éléments (historique client, relevé de compte, échanges par mail) peuvent compléter le dossier.
    Peut-on utiliser un bon de livraison électronique ?
    Oui. Un bon de livraison dématérialisé, signé électroniquement et archivé dans un système sécurisé, a la même valeur juridique qu'un document papier. La signature électronique doit respecter les conditions du règlement européen eIDAS pour être pleinement opposable. La dématérialisation présente un avantage supplémentaire : elle accélère le retour d'information vers les services administratifs et permet une facturation plus rapide.
    Le bon de livraison mentionne-t-il obligatoirement les prix ?
    Non. Les prix ne sont pas une mention obligatoire du bon de livraison. Ce document a pour objet de constater la remise physique des marchandises, pas d'en fixer le prix. Certaines entreprises choisissent d'y faire figurer les prix unitaires pour faciliter le rapprochement avec la facture, mais ce n'est pas une exigence légale. La facture reste le seul document qui rend le paiement exigible.
    Quelle est la différence entre un bon de livraison et un bon d'intervention ?
    Le bon de livraison concerne la remise physique de marchandises. Le bon d'intervention, lui, s'applique aux prestations de services : il atteste qu'une intervention (réparation, maintenance, installation, prestation intellectuelle) a bien été réalisée. Si votre activité combine vente de produits et prestations de services, vous utiliserez les deux types de documents selon la nature de chaque transaction.
    Que faire si le client refuse de signer le bon de livraison ?
    Si le client refuse de signer sans motif légitime, notez ce refus sur le bon de livraison avec la date et l'heure. Conservez toute trace écrite de la tentative de livraison (rapport du livreur, échange par mail, photo). Ce refus injustifié ne libère pas le client de son obligation de paiement si la livraison a bien eu lieu. En cas de litige, l'ensemble de ces éléments constitue un faisceau de preuves que le juge pourra apprécier.
    Un bon de livraison peut-il servir de justificatif comptable ?
    Le bon de livraison n'est pas un justificatif comptable au sens strict. Il ne peut pas remplacer la facture pour la déduction de la TVA ou pour l'enregistrement d'une charge. En revanche, il constitue un document complémentaire utile pour justifier la réalité d'une opération commerciale lors d'un contrôle fiscal. Il est donc conseillé de le conserver avec la facture correspondante dans le même dossier.