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Modèle de registre du personnel

Le registre du personnel est un document obligatoire que tout employeur doit tenir dès l’embauche de son premier salarié. Son absence, ses lacunes ou ses erreurs exposent l’entreprise à des sanctions financières appliquées salarié par salarié.

Cette page vous explique ce que le Code du travail impose concrètement : qui est concerné, quelles informations y faire figurer, combien de temps le conserver, qui peut le consulter et comment éviter les erreurs les plus fréquentes. Un modèle prêt à l’emploi est disponible en téléchargement gratuit en bas de page.


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    Qu’est-ce que le registre unique du personnel

    Le registre unique du personnel (RUP) est un document légal qui recense, dans l’ordre chronologique de leur arrivée, l’ensemble des salariés d’un établissement. Il est encadré par les articles L1221-13 et suivants du Code du travail. Son rôle est de garantir la transparence des emplois au sein de l’entreprise et de permettre aux organismes de contrôle de vérifier que l’employeur respecte ses obligations en matière de droit du travail.

    Chaque inscription doit être portée de manière indélébile, dans l’ordre des embauches, et aucune modification ne peut effacer une mention antérieure. Le registre n’est pas un simple tableau récapitulatif : c’est une pièce administrative à part entière, opposable en cas de litige prud’homal ou de contrôle de l’inspection du travail. Sa bonne tenue témoigne de la rigueur sociale de l’entreprise et constitue une protection concrète pour l’employeur.

    Quelles entreprises sont concernées

    L’obligation s’applique à tous les employeurs, quelle que soit la taille de l’entreprise, sa forme juridique (SARL, SAS, association, entreprise individuelle, etc.) ou son secteur d’activité. Elle prend effet dès l’embauche du premier salarié, y compris pendant la période d’essai.

    Deux catégories d’employeurs sont exemptées de cette obligation :

    • les particuliers employeurs ;
    • les associations ayant recours au chèque emploi associatif.

    Lorsqu’une entreprise dispose de plusieurs établissements, chacun d’eux doit tenir son propre registre. Les registres ne peuvent pas être centralisés au siège social. La Cour de cassation a confirmé cette règle (Cass. Crim. 31 janvier 2012, n° 11-85226) : un contrôle dans un établissement dépourvu de registre est constitutif d’une infraction, même si le registre existe au siège.

    Quelles mentions doivent y figurer

    Le contenu du registre est défini par l’article D1221-23 du Code du travail. Pour chaque salarié, les informations suivantes doivent être inscrites au moment de l’embauche, de façon indélébile :

    • nom et prénoms ;
    • nationalité ;
    • date de naissance ;
    • sexe ;
    • emploi occupé ;
    • qualification ;
    • dates d’entrée et de sortie de l’établissement.

    Des mentions complémentaires sont obligatoires selon la catégorie de personnel. Le tableau ci-dessous en présente le détail.

    Catégorie de personnel Mentions obligatoires spécifiques
    Salarié en CDD Mention « contrat à durée déterminée »
    Salarié à temps partiel Mention « salarié à temps partiel »
    Salarié intérimaire Mention « salarié temporaire » + nom et adresse de l’entreprise de travail temporaire
    Apprenti ou salarié en contrat de professionnalisation Mention « apprenti » ou « contrat de professionnalisation »
    Travailleur étranger assujetti à un titre de travail Type et numéro d’ordre du titre valant autorisation de travail + copie du titre à annexer au registre
    Stagiaire (article D1221-23-1 du Code du travail) Nom et prénoms, dates de début et de fin du stage, nom du tuteur, lieu de présence. Inscrits dans une section dédiée, dans l’ordre d’arrivée.
    Volontaire en service civique Nom et prénoms, dates de début et de fin de la mission, nom du référent, lieu de présence. Inscrits dans une section dédiée.
    Salarié dont l’embauche ou le licenciement nécessite une autorisation administrative Date de l’autorisation ou date de la demande d’autorisation

    Les mentions doivent être portées au moment de l’embauche et mises à jour à chaque événement affectant la situation du salarié (changement de poste, de qualification, départ), conformément à l’article D1221-25 du Code du travail.

    Combien de temps le conserver et qui peut le consulter

    Selon l’article R1221-26 du Code du travail, les mentions portées sur le registre unique du personnel doivent être conservées pendant cinq ans à compter de la date à laquelle le salarié ou le stagiaire a quitté l’établissement. Cette durée correspond au délai de prescription en droit du travail. Elle s’applique quel que soit le support retenu, papier ou numérique.

    Le registre doit être tenu en permanence à la disposition des personnes et organismes suivants :

    • les membres du Comité Social et Économique (CSE), dans le cadre de leurs missions ;
    • les agents de contrôle de l’inspection du travail ;
    • les agents de l’URSSAF et les fonctionnaires chargés de veiller à l’application du Code de la sécurité sociale ;
    • tout salarié, mais uniquement pour les informations le concernant personnellement, dans le respect du RGPD.

    Le refus de présenter le registre à un agent de contrôle de l’inspection du travail constitue un délit d’entrave à l’exercice de ses fonctions, passible d’un an d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende (Cass. Crim. 31 janvier 2012, n° 11-85226).

    Registre papier ou registre numérique

    Le Code du travail n’impose aucun format particulier. L’employeur peut tenir le registre sur support papier ou sur support numérique, à condition que le format retenu offre des garanties de contrôle équivalentes au support papier.

    Pour un registre papier, les règles suivantes s’appliquent :

    • les informations doivent être inscrites à l’encre indélébile ;
    • les pages doivent être reliées et numérotées, de façon à ne pouvoir être ni arrachées ni remplacées ;
    • aucune rature, ni utilisation de correcteur n’est tolérée.

    Pour un registre numérique, l’article D1221-23 du Code du travail pose des conditions strictes :

    • inaltérabilité des données : aucune modification ne doit être possible sans traçabilité ;
    • horodatage de chaque saisie ou mise à jour ;
    • accessibilité permanente pour les organismes de contrôle ;
    • sécurisation des données garantissant leur intégrité.

    La mise en place d’un registre numérique requiert, au préalable, la consultation des membres du CSE. L’avis rendu doit être transmis à l’inspection du travail. Le traitement informatisé du registre est dispensé de déclaration à la CNIL lorsqu’il répond aux conditions fixées par la délibération CNIL n° 2004-097 du 9 décembre 2004, sans que cela n’exonère l’employeur de ses obligations au titre du RGPD.

    Les sanctions en cas de manquement

    L’article R1227-7 du Code du travail prévoit une amende de 750 euros maximum par salarié concerné lorsque le registre est absent, incomplet ou comporte des mentions erronées. Il s’agit d’une contravention de 4e classe, appliquée autant de fois qu’il y a de salariés en situation irrégulière au regard du registre. Pour les personnes morales, l’amende peut atteindre 3 750 euros par salarié concerné.

    Au-delà de l’amende, l’absence de registre expose l’employeur à des risques supplémentaires :

    • en cas de litige prud’homal, l’absence de registre prive l’employeur d’une pièce de traçabilité essentielle sur les dates de contrat, les qualifications et les conditions d’emploi ;
    • en cas de soupçon de travail dissimulé, l’absence de registre aggrave la situation de l’employeur ;
    • le refus de présentation aux agents de contrôle constitue un délit d’entrave, passible d’un an d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende.

    Les erreurs les plus fréquentes

    Inscrire les salariés après la fin de la période d’essai

    L’inscription dans le registre doit intervenir dès le premier jour de présence du salarié dans l’établissement, y compris pendant la période d’essai. Attendre la confirmation de l’embauche définitive est une erreur courante qui rend le registre non conforme pour toute la durée de la période d’essai.

    Omettre les stagiaires et les volontaires en service civique

    Depuis la loi n° 2014-788 du 10 juillet 2014, les stagiaires doivent obligatoirement figurer dans une section dédiée du registre, quelle que soit la durée du stage. Les volontaires en service civique y sont également soumis depuis la loi n° 2017-86 du 27 janvier 2017. Leur absence du registre constitue une infraction.

    Ne pas inscrire les salariés intérimaires

    Les travailleurs mis à disposition par une entreprise de travail temporaire doivent figurer dans le registre de l’entreprise utilisatrice, avec la mention « salarié temporaire » et les coordonnées de l’agence d’intérim. Beaucoup d’employeurs croient à tort que cette obligation incombe uniquement à l’agence.

    Centraliser les registres de plusieurs établissements au siège

    Chaque établissement doit disposer de son propre registre, tenu sur place et accessible à tout moment. Un registre centralisé au siège social, même complet, ne satisfait pas à l’obligation légale pour les établissements secondaires. En cas de contrôle dans un établissement sans registre sur place, l’infraction est caractérisée.

    Ne pas mettre à jour le registre lors des changements de situation

    Le registre doit être mis à jour à chaque événement affectant la situation d’un salarié : changement de poste, de qualification, passage à temps partiel, départ de l’établissement. Un registre figé à la date d’embauche initiale ne reflète pas la réalité des emplois et peut être considéré comme incomplet lors d’un contrôle.

    Utiliser un fichier Excel modifiable sans garantie d’inaltérabilité

    Un fichier tableur classique, librement modifiable et sans horodatage, ne satisfait pas aux exigences légales pour un registre numérique. Le support numérique doit garantir l’inaltérabilité des données et la traçabilité de chaque modification. Un fichier Excel non sécurisé expose l’employeur à une non-conformité constatée lors d’un contrôle.

    Ne pas annexer la copie du titre de séjour des salariés étrangers

    Pour les travailleurs étrangers assujettis à la possession d’un titre autorisant l’exercice d’une activité salariée, l’inscription du type et du numéro du titre dans le registre ne suffit pas. Une copie du titre doit être annexée au registre. Son absence constitue une mention manquante au sens de l’article R1227-7 du Code du travail.

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    Questions fréquemment posées

    FAQ sur nos modèles de registre du personnel

    Le registre unique du personnel est-il obligatoire pour une entreprise sans salarié permanent ?
    L'obligation s'applique dès qu'un premier salarié est embauché, quelle que soit la durée ou la nature du contrat. Une entreprise qui n'emploie que des CDD saisonniers, des intérimaires ou des apprentis est tenue de tenir un registre unique du personnel. Seuls les particuliers employeurs et les associations recourant au chèque emploi associatif en sont dispensés.
    Faut-il un registre distinct pour chaque type de contrat ?
    Non. Le registre unique du personnel est, comme son nom l'indique, unique par établissement. Il recense tous les salariés dans l'ordre chronologique de leur arrivée, avec des sections dédiées pour les stagiaires et les volontaires en service civique. Les mentions spécifiques à chaque type de contrat (CDD, temps partiel, intérim, apprentissage) sont portées dans les colonnes correspondantes du même registre.
    Un salarié peut-il consulter le registre unique du personnel ?
    Un salarié peut accéder aux informations le concernant personnellement dans le registre, conformément aux droits reconnus par le RGPD (droit d'accès, de rectification). Il ne peut pas consulter les données relatives à ses collègues. Les membres du CSE, en revanche, ont accès à l'intégralité du registre dans le cadre de leurs missions représentatives.
    Que se passe-t-il si l'inspection du travail constate une erreur lors d'un contrôle ?
    En cas d'absence de registre, de mentions manquantes ou erronées, l'inspecteur du travail peut dresser un procès-verbal d'infraction. L'employeur s'expose alors à une amende de 750 euros par salarié concerné (contravention de 4e classe, article R1227-7 du Code du travail), appliquée autant de fois qu'il y a de salariés en situation irrégulière. Le refus de présentation du registre est, quant à lui, constitutif d'un délit d'entrave, passible de sanctions pénales plus lourdes.
    Le registre doit-il mentionner les télétravailleurs de façon particulière ?
    Oui. Conformément à l'accord national interprofessionnel du 19 juillet 2005 relatif au télétravail (article 11), les télétravailleurs doivent être identifiés comme tels dans le registre unique du personnel. Cette mention s'ajoute aux informations obligatoires communes à tous les salariés. Elle permet de distinguer les salariés exerçant leur activité hors des locaux de l'établissement.
    Combien de temps après le départ d'un salarié peut-on supprimer ses données du registre ?
    Les mentions portées sur le registre unique du personnel doivent être conservées pendant cinq ans à compter de la date à laquelle le salarié ou le stagiaire a quitté l'établissement, conformément à l'article R1221-26 du Code du travail. Passé ce délai, les données peuvent être supprimées. Certains employeurs choisissent de les conserver plus longtemps à titre probatoire, notamment pour répondre à des demandes liées à la retraite ou à des maladies professionnelles, mais aucune obligation légale ne l'impose au-delà de cinq ans.