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Modèle de contrat de travail

Recruter un salarié engage l’employeur sur le plan juridique dès le premier jour de travail. Le contrat de travail formalise cette relation : il fixe les obligations réciproques des deux parties, précise les conditions d’emploi et constitue la première protection de l’entreprise en cas de litige.


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    Pour un dirigeant de TPE ou de PME, maîtriser les règles essentielles qui encadrent ce document, c’est éviter les erreurs courantes qui finissent devant le conseil de prud’hommes.

    Cette page présente les règles applicables aux principaux types de contrats de travail en France, les mentions que la loi impose, les clauses facultatives à connaître et les erreurs les plus fréquentes à éviter. Un modèle téléchargeable est disponible en fin de page pour vous aider à démarrer sur des bases solides.

    Qu’est-ce qu’un contrat de travail ?

    Le contrat de travail est l’acte par lequel un salarié s’engage à fournir un travail pour le compte d’un employeur, en échange d’une rémunération, sous l’autorité de ce dernier. Pour qu’une relation soit qualifiée de contrat de travail au sens du Code du travail, trois éléments doivent être réunis simultanément : une prestation de travail, une rémunération en contrepartie, et un lien de subordination juridique entre l’employeur et le salarié. C’est ce lien de subordination, défini par la jurisprudence de la Cour de cassation, qui distingue le salariat de toute autre forme de collaboration, qu’il s’agisse d’une mission de prestataire indépendant ou d’un mandat social.

    Le contrat de travail peut être conclu pour une durée indéterminée (CDI) ou pour une durée déterminée (CDD). Le CDI est, selon l’article L1221-2 du Code du travail, la forme normale et générale de la relation de travail. Tout autre type de contrat constitue une exception encadrée par des règles strictes, dont le non-respect expose l’employeur à des sanctions civiles et pénales. Pour un CDI à temps plein, la loi n’impose pas la forme écrite, mais elle la recommande fortement : en l’absence d’écrit, c’est toujours la parole du salarié que les juges protègent en priorité. Pour un CDD, un contrat à temps partiel, un contrat d’apprentissage ou un contrat de travail temporaire, l’écrit est obligatoire sans exception.

    Les types de contrat de travail

    Le choix du type de contrat n’est pas une simple formalité administrative. Il engage la responsabilité de l’employeur et conditionne les droits du salarié. Voici les six formes les plus utilisées en TPE et PME, avec leurs principales caractéristiques.

    Type de contratDuréeCas de recoursÉcrit obligatoireIndemnité de fin de contrat
    CDI (Contrat à Durée Indéterminée)IndéterminéeForme de droit commun, aucun motif requisNon (recommandé)Non
    CDD (Contrat à Durée Déterminée)18 mois maximum en règle générale, renouvellements inclusCas limitatifs : remplacement d’un salarié absent, accroissement temporaire d’activité, emploi saisonnier (article L1242-2 du Code du travail)Oui, dans les 2 jours ouvrables suivant l’embaucheOui, 10 % de la rémunération brute totale
    Temps partielCDI ou CDD, durée hebdomadaire inférieure à 35 heuresSur accord des parties, durée minimale légale de 24 heures par semaine sauf exceptionsOui, obligatoireSelon le type de contrat sous-jacent
    Contrat d’apprentissage6 mois à 3 ans selon le cycle de formationFormation en alternance pour les 16-29 ans (sans limite d’âge pour certains publics), préparation d’un diplôme ou titre homologuéOui, obligatoireNon
    Contrat de professionnalisation6 à 12 mois (jusqu’à 24 mois par accord de branche)Acquisition d’une qualification reconnue pour les 16-25 ans et les demandeurs d’emploi de 26 ans et plusOui, obligatoireNon
    Intérim (contrat de travail temporaire)18 mois maximum, renouvellements inclusMêmes cas limitatifs que le CDD, relation tripartite avec une entreprise de travail temporaireOui, obligatoire (contrat de mission)Oui, 10 % de la rémunération brute totale (versée par l’agence)

    Les mentions obligatoires d’un contrat de travail

    Quel que soit le type de contrat, certaines informations doivent figurer dans le document écrit. Leur absence expose l’employeur à des sanctions allant de l’indemnisation du salarié à la requalification du contrat en CDI par le conseil de prud’hommes. Voici les mentions que tout contrat de travail doit comporter, conformément aux articles L1221-1 et suivants du Code du travail.

    • Identité des parties : nom, prénom et adresse du salarié, raison sociale, adresse et numéro SIRET de l’employeur.
    • Date d’embauche : point de départ du calcul de l’ancienneté, des droits à congés payés et de la période d’essai.
    • Intitulé du poste et qualification professionnelle : la catégorie (cadre, agent de maîtrise, employé, ouvrier) conditionne la convention collective applicable et les droits associés.
    • Lieu de travail : adresse précise ou mention d’une mobilité géographique. En cas de litige sur une mutation, c’est cette clause que le juge examine en premier.
    • Durée et organisation du temps de travail : temps plein ou partiel, répartition hebdomadaire, conditions relatives aux heures supplémentaires ou complémentaires.
    • Rémunération : salaire brut de base, primes éventuelles, avantages en nature, périodicité de versement. Toute imprécision sur ce point alimente les contentieux sur le salaire réellement dû.
    • Durée des congés payés : au minimum 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif, soit 30 jours ouvrables par an (article L3141-3 du Code du travail). L’oubli ne supprime pas le droit, mais il génère des litiges sur les modalités.
    • Durée du préavis : réciproque pour l’employeur et le salarié, souvent renvoyée à la convention collective, mais à mentionner explicitement dans le contrat.
    • Convention collective applicable : intitulé précis et numéro IDCC. L’absence de cette mention prive le salarié d’une information légale à laquelle il a droit.

    Pour un CDD, des mentions supplémentaires sont obligatoires en vertu de l’article L1242-12 du Code du travail : le motif précis de recours au CDD, le nom et la qualification du salarié remplacé s’il s’agit d’un remplacement, la date de début et de fin du contrat (ou la durée minimale si le terme est incertain), la clause de renouvellement éventuelle, ainsi que le nom et l’adresse de la caisse de retraite complémentaire et, le cas échéant, de l’organisme de prévoyance. Pour un contrat à temps partiel, la répartition précise des horaires entre les jours de la semaine et les conditions de modification de cette répartition sont également obligatoires.

    Par ailleurs, depuis le 1er novembre 2023, l’employeur est tenu de communiquer au salarié 14 informations relatives aux conditions de travail dans des délais précis : 8 informations dans les 7 jours calendaires suivant l’embauche, et 6 informations supplémentaires dans les 30 jours. Ces informations peuvent être intégrées directement dans le contrat de travail ou transmises via un document séparé (loi du 9 mars 2023, décret du 30 octobre 2023).

    Les clauses facultatives à connaître

    Au-delà des mentions obligatoires, l’employeur peut insérer dans le contrat des clauses spécifiques adaptées au poste ou aux besoins de l’entreprise. Ces clauses sont encadrées par le Code du travail et la jurisprudence : elles doivent être justifiées par l’intérêt légitime de l’entreprise, proportionnées au but recherché, et rédigées avec précision. Une clause mal formulée est réputée non écrite par les tribunaux.

    La clause de période d’essai

    La période d’essai permet à chacune des parties de vérifier que la relation de travail correspond à ses attentes. Elle doit être expressément prévue dans le contrat ou la lettre d’engagement pour être opposable au salarié. En CDI, les durées maximales légales sont fixées par l’article L1221-19 du Code du travail : 2 mois pour les ouvriers et employés, 3 mois pour les agents de maîtrise et techniciens, 4 mois pour les cadres. Ces durées peuvent être renouvelées une fois, à condition que la convention collective de branche le prévoie expressément et que le salarié donne son accord écrit. En CDD, la période d’essai se calcule à raison d’un jour par semaine de contrat, plafonnée à 2 semaines pour les contrats de 6 mois ou moins, et à 1 mois pour les contrats de plus de 6 mois.

    La clause de non-concurrence

    Cette clause interdit au salarié, après la rupture de son contrat, d’exercer une activité concurrente à celle de son ancien employeur. Pour être valable, elle doit réunir cinq conditions cumulatives posées par la jurisprudence de la Cour de cassation : être inscrite dans le contrat, être justifiée par les intérêts légitimes de l’entreprise, être limitée dans le temps, être limitée dans l’espace géographique, et comporter une contrepartie financière versée au salarié. L’absence de contrepartie financière rend la clause nulle de plein droit. Une clause de non-concurrence sans contrepartie financière ne protège pas l’entreprise : elle l’expose à des dommages-intérêts.

    La clause de mobilité

    La clause de mobilité autorise l’employeur à imposer au salarié une mutation géographique à l’intérieur d’une zone définie dans le contrat. Cette zone doit être précisément délimitée : une clause qui couvre l’ensemble du territoire national sans restriction est licite selon la Cour de cassation, à condition que sa mise en œuvre soit justifiée par l’intérêt de l’entreprise et ne porte pas atteinte aux droits du salarié de manière disproportionnée. L’employeur doit respecter un délai de prévenance raisonnable avant toute mutation.

    La clause d’exclusivité

    La clause d’exclusivité interdit au salarié d’exercer toute autre activité professionnelle pendant l’exécution de son contrat. Elle doit être justifiée par la nature des fonctions et proportionnée au but recherché. Une clause d’exclusivité imprécise ou trop large n’est pas opposable au salarié. À noter : cette clause ne peut pas être imposée à un salarié à temps partiel qui souhaite exercer une autre activité, sauf si l’employeur justifie d’un intérêt légitime particulier.

    La clause de confidentialité

    La clause de confidentialité oblige le salarié à ne pas divulguer les informations sensibles auxquelles il a accès dans le cadre de ses fonctions : données clients, procédés techniques, stratégie commerciale. Contrairement à la clause de non-concurrence, elle ne nécessite pas de contrepartie financière pour être valable. Elle peut s’appliquer pendant et après l’exécution du contrat. Sa rédaction doit être suffisamment précise pour que le salarié sache exactement quelles informations sont concernées.

    Quand le contrat doit-il être écrit et remis au salarié ?

    Pour un CDI à temps plein, la loi française ne rend pas l’écrit strictement obligatoire. Toutefois, depuis la transposition de la directive européenne 2019/1152 (loi du 9 mars 2023), l’employeur doit remettre au salarié, au plus tard dans les 7 jours calendaires suivant l’embauche, un document écrit précisant les conditions essentielles de la relation de travail. En pratique, un contrat écrit signé dès l’embauche reste la solution la plus sûre pour tout type de contrat.

    Pour un CDD, l’écrit est obligatoire et le contrat doit être transmis au salarié au plus tard dans les 2 jours ouvrables suivant le début de l’exécution du contrat, conformément à l’article L1242-13 du Code du travail. Le non-respect de ce délai ouvre droit pour le salarié à une indemnité ne pouvant dépasser un mois de salaire. Si le contrat n’est pas écrit du tout, il est automatiquement requalifié en CDI par les prud’hommes, sans possibilité pour l’employeur d’apporter la preuve contraire : c’est une présomption irréfragable. La même règle s’applique au contrat à temps partiel et au contrat de travail temporaire.

    Le contrat doit être rédigé en français dès lors qu’il est signé en France, même si le salarié est de nationalité étrangère. Ce dernier peut demander une traduction dans sa langue. Deux exemplaires originaux signés doivent être établis : un pour l’employeur, un pour le salarié.

    Les erreurs les plus fréquentes

    Utiliser un modèle générique sans l’adapter au poste

    Un modèle de contrat téléchargé sur internet peut servir de base de travail, mais il ne dispense pas d’une adaptation au poste, à la convention collective applicable et aux spécificités de l’entreprise. Un contrat générique qui ne mentionne pas la convention collective, qui laisse des zones floues sur les fonctions réelles ou qui omet des clauses propres au secteur d’activité expose l’employeur à des litiges sur des points qu’il croyait couverts.

    Omettre le motif de recours dans un CDD

    C’est l’erreur la plus fréquente et la plus coûteuse. L’absence du motif précis de recours au CDD, son imprécision ou son inexactitude entraîne la requalification automatique du contrat en CDI par le conseil de prud’hommes, sans que l’employeur puisse se défendre. Le motif doit être réel, précis et conforme aux cas limitatifs prévus par l’article L1242-2 du Code du travail. Mentionner simplement « accroissement d’activité » sans autre précision ne suffit pas.

    Fixer une période d’essai sans la mentionner dans le contrat

    Une période d’essai ne peut exister que si elle est expressément prévue dans le contrat de travail ou dans la lettre d’engagement signée par le salarié. Un employeur qui considère que le salarié est « en essai » sans que cela soit écrit ne peut pas rompre le contrat en se prévalant de cette période. Par ailleurs, dépasser les durées maximales légales ou conventionnelles rend la rupture pendant l’excédent illicite, même si les deux parties avaient signé le contrat.

    Insérer une clause de non-concurrence sans contrepartie financière

    Une clause de non-concurrence sans contrepartie financière est nulle. Elle ne protège pas l’entreprise et peut même engager sa responsabilité si le salarié démontre qu’il a subi un préjudice du fait de cette clause illicite. La contrepartie doit être réelle et proportionnée à la restriction imposée au salarié.

    Ne pas remettre le CDD dans les délais légaux

    L’employeur dispose de 2 jours ouvrables après le début du contrat pour remettre le CDD signé au salarié. Passé ce délai, le salarié peut réclamer une indemnité pouvant aller jusqu’à un mois de salaire. Si aucun contrat écrit n’a été remis, la requalification en CDI est automatique. Ce délai court à compter du jour de prise de fonction effective, sans compter ce jour ni les dimanches.

    Confondre modification du contrat et changement des conditions de travail

    Modifier un élément essentiel du contrat (rémunération, qualification, durée du travail, lieu de travail contractualisé) nécessite l’accord écrit du salarié. Un simple changement des conditions de travail (réorganisation des horaires à volume constant, changement de bureau dans le même établissement) relève du pouvoir de direction de l’employeur et peut être imposé sans accord préalable. Confondre les deux situations expose l’employeur à un licenciement sans cause réelle et sérieuse si le salarié conteste une modification imposée unilatéralement sur un élément essentiel.

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    Questions fréquemment posées

    FAQ sur nos modèles de contrat de travail

    Un CDI verbal est-il valable ?
    Oui, pour un CDI à temps plein, un accord verbal est juridiquement valable en droit français, sauf si la convention collective applicable impose la forme écrite. En pratique, cette situation est risquée : en l'absence de document signé, toute divergence sur les fonctions réelles, la rémunération ou le lieu de travail sera tranchée par les juges en faveur du salarié. Pour tout autre type de contrat (CDD, temps partiel, apprentissage, intérim), l'écrit est obligatoire sans exception sous peine de requalification.
    Que risque l'employeur si une mention obligatoire est absente du CDD ?
    Les conséquences varient selon la mention absente. L'absence du motif précis de recours au CDD entraîne automatiquement la requalification du contrat en CDI par le conseil de prud'hommes, assortie d'une indemnité de requalification d'au moins un mois de salaire. Pour les autres mentions manquantes, l'employeur s'expose à des dommages-intérêts. Dans tous les cas, l'absence d'une mention n'exonère pas l'employeur de l'obligation correspondante : le salarié conserve l'intégralité de ses droits.
    Peut-on renouveler un CDD plusieurs fois ?
    Un CDD peut être renouvelé deux fois au maximum, dans la limite de la durée totale autorisée par la loi ou par la convention collective applicable (18 mois en règle générale pour les cas les plus courants, selon l'article L1243-13 du Code du travail). Chaque renouvellement doit faire l'objet d'un avenant écrit signé par les deux parties avant le terme du contrat en cours. Un renouvellement sans avenant écrit ou au-delà des limites légales entraîne la requalification automatique en CDI.
    Quelle est la différence entre une période d'essai et une période probatoire ?
    La période d'essai est prévue dès la conclusion du contrat initial et obéit à des durées maximales légales fixées par le Code du travail et les conventions collectives. Elle permet à chacune des parties de rompre librement le contrat, sous réserve de respecter un délai de prévenance. La période probatoire, en revanche, s'applique lors d'un changement de poste en cours de contrat. Elle n'est pas encadrée par les mêmes textes, doit être expressément négociée entre les parties et ne donne pas les mêmes droits à l'employeur en cas de rupture.
    L'employeur peut-il modifier le contrat de travail après sa signature ?
    Oui, mais sous conditions strictes. Toute modification d'un élément essentiel du contrat (rémunération, qualification, durée du travail, lieu de travail contractualisé) nécessite l'accord écrit et préalable du salarié, formalisé par un avenant. Si le salarié refuse, l'employeur peut renoncer à la modification ou engager une procédure de licenciement, mais ce licenciement doit être justifié par la raison qui a motivé la proposition de modification, et non par le refus lui-même. Un simple changement des conditions de travail (horaires dans le même volume, organisation interne) relève du pouvoir de direction et peut être imposé sans accord.
    Faut-il remettre un exemplaire du contrat au salarié même pour un CDI ?
    Oui. Pour un CDD, la remise d'un exemplaire signé est obligatoire dans les 2 jours ouvrables suivant l'embauche. Pour un CDI à temps partiel, l'écrit est obligatoire et un exemplaire doit être remis au salarié. Pour un CDI à temps plein, si un contrat écrit est établi, il doit être remis au salarié dès la signature. Par ailleurs, depuis le 1er novembre 2023, l'employeur doit transmettre à tout salarié, quel que soit le type de contrat, un document écrit reprenant 14 informations relatives aux conditions de travail dans les délais prévus par la loi du 9 mars 2023.