Gérer les congés et absences de vos salariés, c'est bien plus qu'un tableau à tenir à jour : c'est une obligation légale, un levier de management et une source fréquente de litiges quand le suivi déraille.
| Collaborateur | Poste | Entrée |
|---|---|---|
| C. Nguyen | Chargée d’affaires | 12/03/2024 |
| A. Berthier | Resp. commercial | 04/09/2021 |
| L. Fabre | Resp. production | 18/01/2019 |
| M. Roussel | Technicien | 02/05/2025 |


































Date d’entrée, contrat, temps de travail et service de rattachement : tout part du dossier du personnel.
La date d'entrée détermine l'ancienneté, le contrat fixe la durée du travail, le service détermine qui valide. Ces trois informations vivent dans le dossier RH et conditionnent l'ensemble des droits à congés.
Un refus de congé se justifie presque toujours par la continuité du service. Savoir qui fait quoi et qui peut prendre le relais transforme un arbitrage subjectif en décision explicable.
Les feuilles de temps donnent le temps passé sur les projets. Rapprochées du planning d'absences que vous tenez, elles expliquent les écarts de charge d'un mois sur l'autre sans reconstituer l'historique à la main.
Djaboo tient les dossiers, les contrats et le temps ; le décompte des jours reste dans votre outil de paie.
À savoir avant de lire. Djaboo ne gère pas aujourd’hui les demandes de congés ni le calcul des soldes. Le module Ressources humaines couvre les dossiers du personnel, les postes, les contrats, l’intégration et la formation. Cette page explique les règles et la méthode ; le décompte des jours reste tenu dans votre outil de paie ou par votre cabinet.
Tant que l'équipe tient sur les doigts d'une main, un fichier partagé suffit. Dès que l'effectif grandit, les problèmes s'enchaînent : deux salariés posent les mêmes dates sans que personne ne s'en aperçoive, un manager valide une demande à l'oral et l'oublie, un arrêt maladie modifie un solde que personne ne recalcule. Ce n'est pas un problème de bonne volonté. C'est un problème de volume et de complexité.
Les congés payés ne sont pas le seul type d'absence à suivre. À côté des CP classiques coexistent les RTT, les congés sans solde, les arrêts maladie, les congés pour événements familiaux et les absences injustifiées. Chacun obéit à des règles différentes : mode de décompte, impact sur le solde, justificatif attendu, décision de validation. Gérer tout cela dans un seul fichier Excel, sans circuit formalisé, revient à construire une maison sans plan.
À cela s'ajoute l'évolution du droit du travail. La loi du 22 avril 2024 a modifié les règles d'acquisition des congés payés pendant les arrêts maladie. Les conventions collectives prévoient souvent des dispositions plus favorables que le Code du travail. Une politique de congés rédigée il y a trois ans peut déjà être partiellement obsolète.
| Type d'absence | Qui décide | Impact sur le solde |
|---|---|---|
| Congés payés (CP) | L'employeur fixe l'ordre des départs ; le salarié formule ses souhaits | Décompte du solde acquis (2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif) |
| RTT | Selon l'accord d'entreprise ou de branche : initiative employeur ou salarié selon le type de RTT | Décompte du compteur RTT, sans impact sur les CP |
| Congé sans solde | Accord des deux parties obligatoire | Aucun décompte sur les CP ; période non rémunérée et généralement non assimilée à du travail effectif |
| Arrêt maladie | Décision médicale ; le salarié transmet le justificatif à l'employeur | Depuis la loi du 22 avril 2024 : acquisition de 2 jours ouvrables de CP par mois d'arrêt pour maladie non professionnelle (dans la limite de 24 jours ouvrables par période de référence) ; 2,5 jours par mois pour accident du travail ou maladie professionnelle, sans limitation de durée |
| Congés pour événements familiaux | Droit légal que l'employeur ne peut pas refuser ; durée fixée par la loi ou la convention collective, qui peut prévoir des dispositions plus favorables | Assimilés à du travail effectif pour l'acquisition des CP ; rémunération maintenue |
| Absence injustifiée | Aucune autorisation ; l'employeur constate et peut engager une procédure disciplinaire | Retenue sur salaire possible ; n'ouvre pas droit à CP ; peut justifier une sanction |
Un circuit de validation, pour être efficace, doit être écrit, connu de tous et appliqué de façon identique quel que soit le service. Voici les étapes qui structurent un processus fiable.
Le salarié formule sa demande via le canal officiel défini par l'entreprise (formulaire papier, outil numérique, espace RH en ligne). Il indique les dates souhaitées, le type d'absence et, si nécessaire, joint un justificatif. La demande doit être tracée : une demande orale dans le couloir n'a aucune valeur probante en cas de litige.
Le manager direct vérifie que la demande ne crée pas de sous-effectif critique, ne chevauche pas une période bloquée et respecte les règles de priorité définies (ancienneté, situation familiale, rotation annuelle). Cette vérification doit s'appuyer sur une vue à jour du planning d'équipe, pas sur des informations mémorisées.
Le manager valide ou refuse la demande dans un délai raisonnable. Le Code du travail n'impose pas de délai légal strict pour répondre à une demande formulée par le salarié, mais un refus sans réponse prolongé expose l'employeur à un risque : si le salarié part après avoir informé l'employeur de ses dates sans recevoir de refus explicite, l'absence ne constitue pas un abandon de poste. Tout refus doit être motivé et proposer d'autres dates possibles. La convention collective applicable peut prévoir des délais de réponse spécifiques.
Une fois la demande validée, le solde du salarié est mis à jour immédiatement. C'est à cette étape que les systèmes manuels échouent le plus souvent : la validation est faite, mais la mise à jour du compteur est oubliée ou décalée, créant des écarts entre le solde affiché et la réalité.
Le salarié reçoit une confirmation écrite de la validation ou du refus. Cette traçabilité protège les deux parties en cas de désaccord ultérieur sur les dates ou le solde.
Un compteur de congés mal construit est pire qu'un compteur absent : il donne une fausse certitude. Pour être fiable, un compteur de solde doit afficher, pour chaque salarié :
Pour les salariés en arrêt maladie, le compteur doit intégrer les droits acquis pendant l'arrêt selon les nouvelles règles issues de la loi du 22 avril 2024. Un compteur qui ne tient pas compte de cette évolution sous-estime les droits du salarié et expose l'entreprise à un rappel de congés.
Pour les salariés à temps partiel, les droits à congés sont identiques à ceux d'un salarié à temps plein : 30 jours ouvrables pour une année complète. Le mode de décompte à la prise, en revanche, peut différer selon l'organisation du temps de travail.
L'organisation des congés relève du pouvoir de direction de l'employeur. Il peut fixer les périodes de prise, définir l'ordre des départs et, dans certains cas, imposer des dates. Mais ce pouvoir est encadré.
Ce que l'employeur peut imposer :
Ce que l'employeur ne peut pas faire :
Pour fixer l'ordre des départs, l'employeur doit tenir compte de la situation familiale des salariés, de leur ancienneté et de leur éventuelle activité chez un autre employeur. Les conjoints et partenaires pacsés travaillant dans la même entreprise ont droit à un congé simultané.
Excel reste l'outil de départ de nombreuses TPE et PME pour suivre les congés. Il fonctionne jusqu'à un certain point. Au-delà, ses limites deviennent des risques concrets.
Le Code du travail décompte les congés payés en jours ouvrables (du lundi au samedi, hors jours fériés). Certaines entreprises utilisent les jours ouvrés (du lundi au vendredi). Les deux méthodes sont légales, à condition d'être appliquées de façon cohérente et que le résultat ne soit pas moins favorable au salarié. Mélanger les deux dans un même fichier, ou changer de méthode en cours de route sans recalculer les soldes, génère des erreurs qui peuvent s'accumuler sur plusieurs années.
Lorsqu'un salarié prend une partie de son congé principal en dehors de la période légale (1er mai au 31 octobre), il peut avoir droit à des jours de congés supplémentaires dits de fractionnement. Ce droit est souvent ignoré par les employeurs, ce qui crée un solde sous-estimé. La convention collective peut prévoir des règles différentes.
Depuis la loi du 22 avril 2024, l'employeur a l'obligation d'informer le salarié, dans le mois suivant sa reprise du travail, du nombre de jours de congés dont il dispose et de la date limite pour les prendre. Si cette information n'est pas transmise, le délai de report de 15 mois ne commence pas à courir. L'employeur qui omet cette étape se retrouve dans l'impossibilité de faire expirer les droits du salarié.
Un manager qui valide une demande sans consulter le solde réel du salarié peut créer un solde négatif. À la fin du contrat, l'indemnité compensatrice de congés payés sera calculée sur les jours réellement acquis, pas sur les jours accordés. Si le salarié a pris plus de jours qu'il n'en avait acquis, l'employeur peut se retrouver dans une situation délicate à régulariser.
Le Code du travail fixe un plancher. La convention collective applicable à votre secteur peut prévoir des durées de congés supplémentaires, des délais de prévenance différents, des règles de report plus favorables ou des congés spécifiques. Appliquer uniquement les règles légales sans vérifier les dispositions conventionnelles expose l'entreprise à des rappels de droits.
Une absence non justifiée ne se traite pas de la même façon qu'un congé refusé ou qu'un arrêt maladie sans justificatif. Sans procédure écrite précisant les délais de transmission des justificatifs et les suites en cas de non-respect, l'employeur qui engage une procédure disciplinaire se retrouve sans base solide pour la défendre.
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