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Note de frais : ce qui est remboursable et comment la justifier

Note de frais : ce qui est remboursable et comment la justifier

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Une note de frais engage à la fois la responsabilité du salarié qui l’établit et celle de l’employeur qui la valide. Savoir ce qui est remboursable, comment le justifier et comment organiser le circuit de validation évite des redressements coûteux.

Ce qu’est une note de frais et à quoi elle sert

Une note de frais est un document comptable par lequel un salarié demande à son employeur le remboursement de dépenses qu’il a engagées de sa propre poche dans l’intérêt de l’entreprise. Le principe est simple : le collaborateur avance les fonds, fournit les justificatifs, et l’entreprise rembourse. Ces sommes, lorsqu’elles répondent aux conditions légales, sont exclues de l’assiette des cotisations sociales et ne constituent pas un élément de salaire. Elles ne sont donc ni imposables pour le salarié, ni soumises à charges pour l’employeur, à condition que la dépense soit réelle, professionnelle et dûment documentée. La note de frais remplit ainsi une double fonction : elle protège le salarié qui ne doit pas supporter personnellement les charges liées à son activité, et elle permet à l’entreprise de déduire ces charges de son résultat imposable tout en maîtrisant ses flux de trésorerie.

Qui peut établir une note de frais et dans quelles conditions

Tous les salariés, quelle que soit leur catégorie (employé, cadre, apprenti, salarié en CDD ou CDI), peuvent soumettre une note de frais dès lors qu’ils ont engagé une dépense pour les besoins de leur activité professionnelle. Les dirigeants assimilés salariés, tels que les présidents de SAS ou les gérants minoritaires de SARL, y ont également accès, mais uniquement sur la base des dépenses réellement engagées, sans possibilité de recourir à des forfaits sauf pour les indemnités kilométriques. Les prestataires externes et les travailleurs indépendants, en revanche, ne sont pas concernés : leurs dépenses sont incluses dans leur propre facturation. Trois conditions cumulatives doivent être réunies pour qu’une dépense soit remboursable : elle doit être inhérente à la fonction ou à l’emploi, engagée dans l’intérêt de l’entreprise, et d’un montant raisonnable au regard de la nature de la mission. Une dépense personnelle, même réalisée pendant une période de déplacement professionnel, ne peut pas figurer sur une note de frais.

Les catégories de frais professionnels courantes

La réglementation distingue plusieurs grandes familles de frais professionnels. Chacune obéit à ses propres règles de justification et, le cas échéant, à des plafonds d’exonération publiés chaque année par l’administration.

Catégorie Exemples de dépenses Conditions principales
Déplacement Train, avion, carburant, péages, taxi, VTC, indemnités kilométriques Déplacement hors trajet domicile-travail habituel, mission professionnelle avérée
Repas Repas au restaurant en déplacement, repas d’affaires avec clients ou partenaires Salarié empêché de regagner son lieu de travail ou son domicile pour déjeuner
Hébergement Nuitées d’hôtel, locations temporaires lors de grands déplacements Distance et durée rendant le retour quotidien impossible
Fournitures Matériel de bureau, consommables, équipements informatiques en télétravail Usage strictement professionnel, justificatif de facture obligatoire
Frais de réception Repas ou événements organisés avec des clients, prospects ou partenaires Caractère exceptionnel, identité des invités à préciser sur le justificatif

Les frais de réception méritent une attention particulière : pour être exonérés, ils doivent présenter un caractère exceptionnel et être clairement liés à l’activité commerciale ou de représentation de l’entreprise. Un abus manifeste (fréquence excessive, montants disproportionnés) peut conduire à une requalification en avantage en nature soumis à cotisations.

La différence entre remboursement au réel et remboursement au forfait

L’employeur dispose de deux modes d’indemnisation des frais professionnels, et son choix a des conséquences directes sur les obligations de justification.

Le remboursement au réel consiste à rembourser le montant exact de la dépense sur présentation d’un justificatif. Il n’existe pas de plafond d’exonération dans ce cas, à condition que les frais ne soient pas d’un niveau exagéré et que leur caractère professionnel soit démontré. Cette méthode est la plus précise, mais elle exige une documentation rigoureuse pour chaque dépense.

Le remboursement au forfait permet de verser une indemnité standardisée, sans avoir à produire systématiquement de justificatifs de dépense. Pour bénéficier de l’exonération de cotisations sociales, l’indemnité doit rester dans les limites fixées chaque année par l’administration. Ces barèmes concernent notamment les repas, les indemnités kilométriques et les frais de grand déplacement. Lorsque le forfait versé reste en dessous du plafond, il est présumé utilisé conformément à son objet. Au-delà, l’employeur doit apporter la preuve que la somme a bien été affectée à des dépenses professionnelles réelles.

Certaines catégories de frais ne peuvent être remboursées qu’au réel : c’est notamment le cas des frais de déménagement liés à une mobilité professionnelle et des frais engagés dans le cadre du télétravail (même si, par tolérance, un forfait peut être versé pour le télétravail).

Les justificatifs exigés et leur conservation

Toute note de frais remboursée au réel doit être accompagnée d’un justificatif original : facture, ticket de caisse ou reçu. Ce document doit mentionner la date de la dépense, l’identité du fournisseur, la nature précise de la dépense, le montant toutes taxes comprises, et le taux de TVA applicable. Pour les repas d’affaires, l’identité et la fonction des personnes reçues doivent également figurer sur le justificatif ou être indiquées sur la note de frais elle-même. Pour les indemnités kilométriques, un relevé précisant le motif du déplacement, le lieu de départ et d’arrivée, la distance parcourue et la puissance fiscale du véhicule est indispensable.

La dématérialisation des justificatifs est autorisée à condition que la copie numérique soit conforme à l’original, horodatée, non modifiable et conservée dans un système d’archivage sécurisé. Un simple scan ou une photo floue ne suffit pas.

Concernant la durée de conservation, les justificatifs doivent être gardés pendant dix ans à compter de la clôture de l’exercice comptable, conformément au Code de commerce. Cette durée permet de répondre aux contrôles de l’administration fiscale et aux vérifications de l’organisme de recouvrement des cotisations sociales, qui peuvent remonter plusieurs années en arrière.

Les mentions que doit porter une note de frais

Pour être valide et traitable par le service comptable, une note de frais doit comporter un ensemble de mentions obligatoires :

  • Les nom et prénom du salarié ainsi que son service ou sa fonction
  • La date à laquelle la dépense a été engagée
  • La nature précise de la dépense (repas, transport, hébergement, etc.)
  • Le montant de la dépense, en distinguant le montant hors taxes et la TVA lorsque celle-ci est récupérable
  • Le motif professionnel de la dépense (nom du client, objet de la réunion, lieu de la mission, etc.)
  • Pour les repas d’affaires : l’identité et la qualité des personnes reçues
  • La signature du salarié attestant l’exactitude des informations
  • Le visa du responsable hiérarchique ou du valideur désigné

Une note de frais incomplète peut être refusée ou renvoyée pour correction, ce qui retarde le remboursement et crée des frictions inutiles. Définir un modèle interne standardisé permet d’éviter ces allers-retours.

Le circuit de validation et de remboursement

Le circuit de validation d’une note de frais suit généralement plusieurs étapes successives. Le salarié saisit sa note, y joint ses justificatifs et la soumet à son responsable hiérarchique direct. Ce dernier vérifie la réalité professionnelle des dépenses et leur conformité avec la politique interne de l’entreprise avant d’approuver ou de renvoyer la note pour correction. La note validée est ensuite transmise au service comptable ou financier, qui contrôle les montants, vérifie les plafonds applicables et procède à l’enregistrement comptable. Le remboursement intervient enfin par virement bancaire ou avec la rémunération du mois, selon les pratiques de l’entreprise.

Il n’existe pas de délai légal imposant un remboursement immédiat, mais le salarié dispose de deux ans pour réclamer le remboursement de frais non encore réglés. En pratique, les entreprises s’alignent sur un rythme mensuel ou bimensuel. Fixer un calendrier clair (par exemple : toute note soumise avant le 20 du mois est remboursée le mois suivant) réduit les tensions et facilite la gestion de trésorerie.

La politique interne de frais, formalisée dans un document accessible à tous les collaborateurs, doit préciser les catégories de dépenses remboursables, les plafonds internes éventuels, les délais de soumission et les modes de remboursement retenus. Cette transparence prévient les litiges et harmonise les pratiques.

La TVA récupérable et les cas où elle ne l’est pas

La TVA mentionnée sur les justificatifs de notes de frais peut, dans certains cas, être récupérée par l’entreprise assujettie à la TVA. Pour cela, la facture doit être établie au nom de l’entreprise (et non au nom du salarié), mentionner clairement le taux et le montant de TVA, et la dépense doit être liée à une activité taxable.

Voici les principales situations à distinguer :

  • Récupération possible : frais de repas professionnels sur facture conforme, carburant pour les véhicules utilitaires, fournitures de bureau, frais de téléphone et de connexion Internet à usage professionnel.
  • Récupération impossible ou limitée : frais d’hébergement (la TVA sur les nuitées d’hôtel n’est pas déductible pour l’entreprise, sauf cas particuliers), carburant pour les véhicules de tourisme (déductibilité partielle selon le type de carburant), frais de transport de personnes (taxis, billets de train).

Lorsque la note de frais est remboursée au salarié en TTC, l’entreprise enregistre le montant HT en charge et la TVA déductible dans un compte spécifique, qu’elle impute ensuite sur sa déclaration de TVA. Une erreur dans ce traitement peut conduire à une récupération indue de TVA, sanctionnée lors d’un contrôle fiscal.

Gérer les notes de frais sans tableur

La saisie manuelle des notes de frais dans un tableur, la collecte des justificatifs papier et la validation par échanges d’e-mails sont des pratiques qui génèrent des erreurs, des pertes de documents et des délais de remboursement trop longs. Regrouper la saisie des frais, les justificatifs associés et le circuit de validation au même endroit que la comptabilité simplifie l’ensemble du processus et réduit les risques de non-conformité.

Djaboo permet aux collaborateurs de saisir leurs frais directement dans la plateforme, d’y joindre leur justificatif numérisé et de suivre en temps réel l’état de leur remboursement, sans avoir à relancer manuellement leur responsable ou le service comptable.

Questions fréquentes

Une dépense sans justificatif peut-elle être remboursée ?

En principe, non. Toute dépense remboursée au réel doit être appuyée d’un justificatif conforme. Sans ce document, l’administration peut requalifier le remboursement en avantage en nature soumis à cotisations sociales. La seule exception concerne les remboursements effectués sous forme d’allocations forfaitaires, pour lesquels l’employeur n’a pas à produire de justificatif de dépense, à condition que le montant versé reste dans les limites réglementaires et que les circonstances de fait soient démontrées.

Peut-on rembourser des frais engagés par un prestataire indépendant via une note de frais ?

Non. Un prestataire indépendant ou un travailleur non salarié n’est pas éligible au dispositif des notes de frais, qui est réservé aux salariés et assimilés. Les frais qu’il engage dans le cadre de sa mission doivent être intégrés dans sa propre facturation. Les rembourser via une note de frais exposerait l’entreprise à un risque de requalification de la relation contractuelle.

Combien de temps l’entreprise doit-elle conserver les notes de frais et leurs justificatifs ?

La durée minimale de conservation est de dix ans à compter de la clôture de l’exercice comptable, conformément au Code de commerce. Cette durée couvre les délais de contrôle de l’administration fiscale et de l’organisme de recouvrement des cotisations sociales. En cas de dématérialisation, les conditions d’archivage numérique (intégrité, traçabilité, non-modifiabilité) doivent être respectées pour que les copies aient la même valeur probante que les originaux papier.

Que se passe-t-il si les indemnités kilométriques versées dépassent le barème officiel ?

Les indemnités kilométriques sont exonérées de cotisations sociales dans les limites du barème publié chaque année par l’administration fiscale. Si le montant versé dépasse ce barème, la fraction excédentaire est réintégrée dans l’assiette des cotisations et doit être traitée comme un élément de rémunération. L’employeur doit par ailleurs être en mesure de justifier la réalité des déplacements, le nombre de kilomètres parcourus et la puissance fiscale du véhicule utilisé.

La TVA est-elle toujours récupérable sur les notes de frais ?

Non. La récupération de la TVA dépend à la fois de la nature de la dépense et de la qualité du justificatif. La facture doit être établie au nom de l’entreprise et mentionner explicitement le montant et le taux de TVA. Certaines catégories de dépenses, comme les nuitées d’hôtel ou le transport de personnes, ne permettent pas de récupérer la TVA. D’autres, comme les repas professionnels ou les fournitures de bureau, y ouvrent droit sous conditions. En cas de doute, il convient de vérifier les règles applicables à chaque nature de frais avant d’enregistrer la déduction.

Quels sont les principaux risques en cas de contrôle ?

Lors d’un contrôle, l’absence de justificatifs conformes, le dépassement des plafonds d’exonération sans preuve d’utilisation conforme, la présence de dépenses personnelles déguisées en frais professionnels ou encore des incohérences entre les montants remboursés et l’activité réelle de l’entreprise peuvent entraîner un redressement. Les sommes concernées sont alors réintégrées dans l’assiette des cotisations sociales, avec application de majorations de retard. Sur le plan fiscal, les charges non justifiées peuvent être réintégrées dans le résultat imposable. Dans les cas les plus graves (faux justificatifs, frais fictifs), des sanctions pénales peuvent s’appliquer au salarié et, le cas échéant, à l’employeur complice.

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