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Amortissement comptable : définition, calcul et exemples

Amortissement comptable : définition, calcul et exemples

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Vous venez d’acheter un ordinateur, un véhicule ou une machine pour votre entreprise. Vous ne pouvez pas déduire cette dépense en totalité l’année de l’achat : vous devez l’étaler sur plusieurs exercices. C’est précisément le rôle de l’amortissement comptable. Mécanisme central de la comptabilité française, il conditionne à la fois l’image fidèle de vos comptes, votre résultat imposable et votre capacité à optimiser votre fiscalité. Pourtant, il reste mal compris par de nombreux dirigeants de TPE et PME, qui s’exposent ainsi à des erreurs coûteuses. Ce guide vous explique tout : définition, biens concernés, durées, méthodes de calcul, écritures comptables et pièges à éviter.

Amortissement comptable : définition simple

L’amortissement comptable est la constatation comptable de la perte de valeur progressive d’un bien professionnel au fil du temps. Lorsqu’une entreprise acquiert un équipement destiné à servir durablement à son activité (un ordinateur, un véhicule, une machine, du mobilier), elle ne peut pas inscrire l’intégralité du coût en charge l’année de l’achat. Elle doit répartir ce coût sur la durée pendant laquelle elle utilisera ce bien. Chaque fraction annuelle ainsi répartie s’appelle une dotation aux amortissements.

Le Plan Comptable Général (PCG) en donne la définition précise à son article 214-13 : « L’amortissement d’un actif est la répartition systématique de son montant amortissable en fonction de son utilisation. »

Cette répartition répond à un principe comptable fondamental : le principe d’indépendance des exercices. Chaque exercice comptable doit supporter les charges qui lui sont économiquement rattachables. Un véhicule utilisé cinq ans génère une perte de valeur répartie sur ces cinq années, pas uniquement sur la première.

L’amortissement n’est pas une sortie d’argent. C’est une écriture de constatation : elle traduit une réalité économique (le bien se déprécie) sans qu’aucun flux de trésorerie ne se produise au moment de l’écriture.

À quoi sert concrètement l’amortissement ?

L’amortissement poursuit trois objectifs cumulés :

1. Donner une image fidèle des comptes. Si une entreprise passait un véhicule de 25 000 € entièrement en charge la première année, son résultat serait artificiellement plombé cette année-là, puis artificiellement gonflé les années suivantes pendant que le véhicule continue de servir. L’amortissement corrige cette distorsion.

2. Réduire le résultat imposable. La dotation annuelle est une charge déductible du bénéfice imposable. Sur la durée totale, l’entreprise déduit l’intégralité du coût du bien, répartie sur plusieurs exercices. Pour un bien de 10 000 € amorti sur 5 ans avec un taux d’IS de 25 %, l’économie fiscale annuelle atteint 10 000 € × 20 % × 25 % = 500 € par an, soit 2 500 € au total.

3. Suivre la valeur réelle du patrimoine. Au bilan, la Valeur Nette Comptable (VNC) d’un bien correspond à sa valeur d’origine diminuée des amortissements cumulés. Elle donne à l’entreprise et à ses partenaires (banques, investisseurs) une mesure réaliste de l’outil productif.

Le vocabulaire essentiel

Avant d’aller plus loin, voici les termes que vous rencontrerez systématiquement :

Immobilisation : bien destiné à servir durablement à l’activité, inscrit à l’actif du bilan (par opposition aux charges consommées dans l’exercice).
Base amortissable : valeur d’origine du bien (prix d’achat HT), diminuée de l’éventuelle valeur résiduelle.
Valeur résiduelle : valeur estimée du bien en fin d’utilisation (revente, démontage). Si elle est significative, elle est soustraite de la base amortissable.
Dotation aux amortissements : montant amorti sur un exercice, comptabilisé en charge.
Amortissements cumulés : total des dotations passées depuis la mise en service du bien.
VNC (Valeur Nette Comptable) : valeur d’origine moins amortissements cumulés. Elle décroît à chaque exercice.
Plan d’amortissement : tableau prévisionnel établi à l’achat du bien, qui détaille la dotation de chaque exercice jusqu’à l’amortissement complet.

Quels biens peuvent être amortis (et lesquels ne le peuvent pas)

Tous les biens d’une entreprise ne sont pas amortissables. Pour l’être, un bien doit remplir trois conditions cumulatives :

1.Être inscrit à l’actif du bilan en tant qu’immobilisation.
2.Avoir une durée d’utilisation limitée dans le temps.
3.Se déprécier de manière irréversible avec l’usage ou le temps.

Les biens amortissables

Immobilisations corporelles :

Matériel informatique (ordinateurs, serveurs, imprimantes)
Véhicules de société (voitures, utilitaires, camions)
Machines et outillages industriels
Mobilier de bureau
Agencements et installations
Constructions et bâtiments (hors terrain)

Immobilisations incorporelles à durée d’usage limitée :

Logiciels acquis en licence perpétuelle
Brevets et licences à durée fixe
Sites internet immobilisés (sous conditions)
Fonds de commerce : depuis 2022, les petites entreprises (au sens de l’article L.123-16 du Code de commerce) peuvent amortir leur fonds commercial sur 10 ans. Pour les autres, le fonds de commerce reste en principe non amortissable, sauf pour les fonds acquis entre le 1er janvier 2022 et le 31 décembre 2029, qui bénéficient d’un régime dérogatoire. Vérifiez votre situation sur impots.gouv.fr.

Les biens non amortissables

Certains biens ne se déprécient pas par l’usage ou le temps : ils ne peuvent pas être amortis. En cas d’erreur, l’administration fiscale peut remettre en cause les déductions pratiquées.

Bien Raison
Terrains Ne s’usent pas (sauf carrières, gisements)
Fonds de commerce (en principe) Valeur non limitée dans le temps
Œuvres d’art Valeur pouvant s’apprécier
Immobilisations financières (titres, prêts) Pas de dépréciation par l’usage
Stocks Relèvent d’autres mécanismes comptables

Le cas particulier du seuil de 500 € HT. Par tolérance fiscale (BOFiP, BIC-CHG-20-20), les biens dont la valeur unitaire est inférieure à 500 € HT peuvent être passés directement en charges l’année de l’achat, sans immobilisation ni amortissement. Cette règle s’applique au petit matériel de bureau, aux outils manuels, aux accessoires informatiques de faible valeur. Elle simplifie considérablement la gestion pour les TPE et PME.

Attention aux abonnements SaaS. Un abonnement à un logiciel en mode SaaS (paiement mensuel ou annuel) est une charge récurrente, pas une immobilisation. Il n’est donc pas amortissable. Seuls les logiciels achetés en licence perpétuelle, qui créent un actif durable, font l’objet d’un amortissement.

Les durées d’amortissement usuelles par type de bien

La durée d’amortissement correspond à la durée d’utilisation prévisionnelle du bien dans l’entreprise. Elle est encadrée par les usages professionnels documentés au BOFiP (série BIC-AMT-10). L’administration fiscale ne peut pas remettre en cause un taux fondé sur ces durées d’usage.

Type de bien Durée d’usage admise Méthode possible
Matériel informatique (PC, serveur) 3 ans Linéaire ou dégressif (si neuf)
Logiciels acquis 1 à 3 ans Linéaire
Téléphone portable professionnel 2 à 3 ans Linéaire
Mobilier de bureau 5 à 10 ans Linéaire
Véhicule de tourisme 4 à 5 ans Linéaire uniquement
Véhicule utilitaire 4 à 5 ans Linéaire ou dégressif (si neuf)
Matériel industriel léger 5 à 10 ans Linéaire ou dégressif (si neuf)
Matériel industriel lourd 10 à 15 ans Linéaire ou dégressif (si neuf)
Agencements et installations 10 à 20 ans Linéaire
Constructions (bâtiment standard) 20 à 50 ans Linéaire
Fonds commercial (petites entreprises) 10 ans Linéaire

Ces durées sont des références fiscales, pas des obligations absolues. Une entreprise peut retenir une durée plus courte si l’usage réel le justifie (utilisation intensive, environnement dégradant, obsolescence accélérée), à condition de pouvoir le documenter en cas de contrôle fiscal.

Quand commence l’amortissement ? Selon l’article 214-12 du PCG, l’amortissement débute à la date de mise en service du bien, et non à la date de la facture. Si vous achetez une machine le 15 novembre mais ne la mettez en service que le 3 janvier de l’année suivante, l’amortissement commence en janvier.

L’amortissement linéaire : calcul et exemple chiffré

L’amortissement linéaire est la méthode de droit commun, applicable à tous les biens amortissables. Elle répartit le coût du bien en annuités constantes sur toute la durée d’utilisation. C’est la méthode la plus simple et la plus utilisée par les TPE et PME.

La formule

Dotation annuelle = Valeur d’origine × Taux linéaire
Taux linéaire = 100 / Durée d’utilisation (en années)

Le prorata temporis

Si le bien est mis en service en cours d’année, la première dotation est calculée au prorata temporis, en jours, sur une base de 365 jours :

Dotation année 1 = Dotation annuelle × (Nombre de jours d’utilisation / 365)

La dernière année, la dotation est également proratisée pour compléter l’amortissement.

Exemple chiffré complet

Situation : Une PME achète un véhicule utilitaire neuf le 1er juillet 2026 pour 30 000 € HT. Durée d’utilisation retenue : 5 ans. Exercice comptable : année civile (clôture au 31 décembre).

Calculs :

Taux linéaire : 100 / 5 = 20 %
Dotation annuelle pleine : 30 000 × 20 % = 6 000 €
Prorata temporis année 2026 : du 1er juillet au 31 décembre = 184 jours → 6 000 × (184 / 365) = 3 025 € (arrondi)
Prorata temporis année 2031 : du 1er janvier au 30 juin = 181 jours → 6 000 × (181 / 365) = 2 975 € (arrondi)

Plan d’amortissement :

Année Dotation Amortissements cumulés VNC fin d’exercice
2026 3 025 € 3 025 € 26 975 €
2027 6 000 € 9 025 € 20 975 €
2028 6 000 € 15 025 € 14 975 €
2029 6 000 € 21 025 € 8 975 €
2030 6 000 € 27 025 € 2 975 €
2031 2 975 € 30 000 € 0 €

La VNC atteint zéro en fin de plan. Le bien reste inscrit au bilan à sa valeur d’origine (30 000 €) en face des amortissements cumulés (30 000 €), jusqu’à sa cession ou sa mise au rebut.

L’amortissement dégressif : calcul et exemple chiffré

L’amortissement dégressif est une méthode fiscale optionnelle prévue par l’article 39 A du Code général des impôts. Elle permet de constater des dotations plus élevées en début de vie du bien, puis décroissantes. L’avantage : l’entreprise déduit davantage de charges les premières années, ce qui réduit son impôt plus tôt et améliore sa trésorerie.

Conditions d’éligibilité

Le dégressif est réservé aux biens neufs dont la durée d’utilisation est d’au moins 3 ans, appartenant aux catégories listées à l’article 39 A du CGI : matériels et outillages industriels, matériel informatique, véhicules utilitaires, matériel de manutention, installations de stockage, etc.

Sont expressément exclus :

Les biens d’occasion (même remis à neuf)
Les véhicules de tourisme
Le mobilier de bureau
Les constructions et immeubles (sauf bâtiments industriels de moins de 15 ans et investissements hôteliers)
Les biens dont la durée d’utilisation est inférieure à 3 ans

Les coefficients fiscaux (article 39 A du CGI)

Le taux dégressif s’obtient en multipliant le taux linéaire par un coefficient légal, inchangé en 2026 :

Durée d’utilisation Coefficient Exemple : taux linéaire Taux dégressif résultant
3 ou 4 ans 1,25 25 % (4 ans) 31,25 %
5 ou 6 ans 1,75 20 % (5 ans) 35 %
Plus de 6 ans 2,25 10 % (10 ans) 22,5 %

Source : BOFiP, BOI-BIC-AMT-20-20-20

Le prorata temporis en dégressif

En dégressif, le prorata temporis de la première année se calcule en mois entiers (et non en jours comme en linéaire). Le mois d’acquisition compte pour un mois plein, quelle que soit la date exacte dans le mois.

La règle du basculement vers le linéaire

Chaque exercice, l’entreprise doit comparer :

1.La dotation dégressive = VNC début d’exercice × taux dégressif
2.La dotation linéaire résiduelle = VNC début d’exercice / nombre d’années restantes

Dès que (2) devient supérieure ou égale à (1), on bascule obligatoirement et définitivement vers le linéaire. Ce basculement garantit que le bien sera intégralement amorti à l’issue de sa durée de vie.

Exemple chiffré complet

Situation : Une PME acquiert une machine industrielle neuve le 1er janvier 2026 pour 100 000 € HT. Durée d’utilisation : 5 ans. Exercice comptable : année civile.

Calculs :

Taux linéaire : 100 / 5 = 20 %
Coefficient applicable (5 ans) : 1,75
Taux dégressif : 20 % × 1,75 = 35 %
Pas de prorata (acquisition au 1er janvier)

Plan d’amortissement :

Année VNC début Dotation dégressive (35 %) Dotation linéaire résiduelle Dotation retenue VNC fin
2026 100 000 € 35 000 € 20 000 € 35 000 € (dégressif) 65 000 €
2027 65 000 € 22 750 € 16 250 € (65 000/4) 22 750 € (dégressif) 42 250 €
2028 42 250 € 14 788 € 14 083 € (42 250/3) 14 788 € (dégressif) 27 462 €
2029 27 462 € 9 612 € 13 731 € (27 462/2) 13 731 € (bascule linéaire) 13 731 €
2030 13 731 € 4 806 € 13 731 € (13 731/1) 13 731 € (linéaire) 0 €

La bascule intervient en 2029 : la dotation linéaire résiduelle (13 731 €) dépasse la dotation dégressive (9 612 €). On retient le linéaire pour les deux dernières années.

Avantage fiscal concret : Avec un taux d’IS de 25 %, la dotation de 35 000 € en 2026 génère une économie d’IS de 8 750 €, contre 5 000 € avec un amortissement linéaire pur. Soit 3 750 € de trésorerie préservée dès la première année sur ce seul bien.

Amortissement comptable vs amortissement fiscal : les différences

L’amortissement comptable et l’amortissement fiscal ne suivent pas la même logique. Comprendre leur articulation est essentiel pour éviter des erreurs dans votre déclaration fiscale.

L’amortissement comptable : logique économique

L’amortissement comptable vise à traduire fidèlement la consommation réelle des avantages économiques procurés par le bien. Il répond aux principes du PCG : image fidèle, rattachement des charges aux produits, indépendance des exercices.

L’entreprise dispose d’une marge d’appréciation pour fixer la durée d’utilisation, à condition de la justifier. La méthode retenue (linéaire, dégressive ou variable) doit refléter au mieux le rythme de dépréciation réel du bien.

L’amortissement fiscal : logique de déductibilité

L’amortissement fiscal obéit aux règles du Code général des impôts (CGI). Il fixe les charges déductibles du résultat imposable, avec des durées minimales, des méthodes autorisées et des plafonds spécifiques (exemple : les véhicules de tourisme sont plafonnés à 18 300 € de base amortissable pour les acquisitions récentes).

Les divergences fréquentes

Situation Amortissement comptable Amortissement fiscal
Véhicule de tourisme à 30 000 € Amorti sur 5 ans sur 30 000 € Plafonné à 18 300 € de base
Bien amorti en dégressif fiscal / linéaire comptable Linéaire (image fidèle) Dégressif (avantage fiscal)
Durée comptable différente de la durée fiscale Durée réelle d’usage Durée d’usage BOFiP

L’amortissement dérogatoire : le mécanisme de réconciliation

Quand l’amortissement fiscal (souvent dégressif) diffère de l’amortissement comptable (souvent linéaire), la différence est constatée en amortissement dérogatoire. C’est une provision réglementée inscrite au passif du bilan (compte 145), sans signification économique, uniquement fiscale.

Phase de dotation (premières années, dégressif > linéaire) : l’écart est porté au débit du compte 68725 (dotation aux amortissements dérogatoires) et au crédit du compte 145.

Phase de reprise (dernières années, linéaire > dégressif) : l’amortissement dérogatoire se résorbe progressivement, au débit du compte 145 et au crédit du compte 78725 (reprises sur amortissements dérogatoires).

L’amortissement dérogatoire doit être suivi bien par bien et renseigné dans la liasse fiscale (tableau 2058-A). Son absence lors d’un contrôle fiscal peut entraîner la remise en cause de la déduction du dégressif.

Comment comptabiliser un amortissement (écritures et bilan)

La comptabilisation d’un amortissement est une opération de clôture d’exercice. Elle mobilise des comptes précis du Plan Comptable Général.

Les comptes utilisés

Au débit (charges) :

68111 : Dotations aux amortissements sur immobilisations incorporelles (logiciels, brevets)
68112 : Dotations aux amortissements sur immobilisations corporelles (matériel, véhicules, mobilier)

Au crédit (amortissements cumulés, actif soustractif) :

280x : Amortissements des immobilisations incorporelles
281x : Amortissements des immobilisations corporelles (2813 pour constructions, 2815 pour installations techniques, 2818 pour autres)

L’écriture standard

Reprenons l’exemple du véhicule utilitaire à 30 000 € (dotation pleine de 6 000 €/an) :

31/12/2027

68112 – Dotations aux amortissements (immob. corporelles) 6 000,00

28182 – Amortissements du matériel de transport 6 000,00

(Amortissement annuel véhicule utilitaire – facture n°XXX, 5 ans linéaire)

Cette écriture est passée à la clôture de chaque exercice, même en cas d’absence ou d’insuffisance de bénéfice (article 214-11 du PCG). L’amortissement est obligatoire : ne pas le constater prive définitivement l’entreprise de la déduction fiscale correspondante.

L’impact sur le bilan

Au bilan, les immobilisations apparaissent selon le schéma suivant :

Actif Valeur brute Amortissements cumulés VNC
Véhicule utilitaire 30 000 € 9 025 € (fin 2028) 20 975 €

La valeur brute reste toujours inscrite à son coût d’origine. Les amortissements cumulés viennent en déduction. La VNC décroît chaque année jusqu’à zéro.

À la sortie du bien (cession ou mise au rebut)

Lorsqu’un bien est vendu ou mis au rebut, il sort du bilan. On solde simultanément :

Le compte d’immobilisation (crédit du compte 21x)
Le compte d’amortissements cumulés (débit du compte 28x)
La plus-value ou moins-value de cession (différence entre prix de vente et VNC à la date de cession)

Si le prix de vente est supérieur à la VNC : plus-value de cession, imposable. Si le prix est inférieur : moins-value, déductible.

Les erreurs à éviter

Les erreurs d’amortissement sont parmi les plus fréquentes lors des contrôles fiscaux des TPE et PME. Elles peuvent entraîner des majorations de 10 % minimum, voire davantage en cas de manquement délibéré, assorties d’intérêts de retard de 0,20 % par mois. Selon redressementfiscal.com, une société ayant négligé la comptabilisation régulière de ses amortissements sur un immeuble a perdu le droit à la déduction fiscale sur plus de 800 000 euros lors d’un contrôle.

Voici les erreurs les plus fréquentes à éviter absolument.

Passer en charges un bien qui devrait être immobilisé

C’est la confusion la plus classique. Un bien dont la valeur unitaire dépasse 500 € HT et dont la durée d’utilisation dépasse un exercice doit être immobilisé et amorti, pas passé en charges. Déduire l’intégralité d’un ordinateur à 1 200 € en une seule fois est une erreur que l’administration peut redresser.

Oublier le prorata temporis la première année

La première dotation doit impérativement être calculée au prorata du nombre de jours (en linéaire) ou de mois (en dégressif) entre la mise en service et la fin de l’exercice. Appliquer une annuité pleine la première année, quelle que soit la date d’acquisition, est une erreur fréquente qui fausse l’ensemble du plan d’amortissement.

Appliquer le dégressif à un bien d’occasion

L’amortissement dégressif est réservé aux biens neufs. Un véhicule utilitaire ou une machine achetés d’occasion ne peuvent en bénéficier, même s’ils ont été remis à neuf. L’erreur est fréquente et systématiquement repérée lors des contrôles fiscaux.

Ne pas pratiquer l’amortissement minimum

L’amortissement est obligatoire, même en cas de résultat déficitaire. Si vous ne comptabilisez pas la dotation de l’exercice, vous perdez définitivement le droit à cette déduction fiscale. Les amortissements différés ou réputés différés depuis plus de sept ans ne peuvent plus être récupérés.

Confondre amortissement et dépréciation

L’amortissement est planifié dès l’origine selon une durée et une méthode fixes. La dépréciation est constatée ponctuellement lorsqu’un bien perd de la valeur de manière imprévue (panne, obsolescence accélérée, baisse de marché). Les deux peuvent se cumuler, mais ne se substituent pas l’un à l’autre.

Omettre l’amortissement dérogatoire

Lorsque l’entreprise applique le dégressif fiscal tout en conservant le linéaire en comptabilité, elle doit obligatoirement comptabiliser l’amortissement dérogatoire (compte 145). L’oubli de cette écriture fausse le bilan et peut entraîner la remise en cause de la déduction fiscale du dégressif, l’administration considérant que l’amortissement n’a pas été « effectivement comptabilisé » au sens de l’article 39 B du CGI.

Ne pas mettre à jour le plan d’amortissement

Si la durée d’utilisation prévisionnelle d’un bien change significativement (remplacement anticipé, changement d’usage), le plan d’amortissement doit être révisé prospectivement et la modification mentionnée en annexe des comptes annuels. Un plan figé sur une durée devenue obsolète expose à un redressement.

FAQ : vos questions sur l’amortissement

Quelle est la différence entre amortissement et dépréciation ?

L’amortissement traduit la perte de valeur prévisible et systématique d’un bien sur sa durée d’usage : il est planifié dès l’achat selon une méthode et une durée connues. La dépréciation traduit une perte de valeur imprévue et constatée ponctuellement (matériel endommagé, obsolescence accélérée, baisse durable de la valeur de marché). Les deux réduisent la VNC du bien au bilan, mais n’ont pas la même nature comptable (PCG art. 214-13 pour l’amortissement, art. 214-17 pour la dépréciation). Ils peuvent se cumuler sur un même bien.

Peut-on changer de méthode d’amortissement en cours de route ?

En principe, non. Le choix de la méthode d’amortissement (linéaire ou dégressif) est une décision de gestion irréversible, prise bien par bien au moment de l’inscription à l’actif. La seule exception prévue par la réglementation est le basculement automatique et obligatoire du dégressif vers le linéaire en fin de plan, lorsque la dotation linéaire résiduelle dépasse la dotation dégressive. Un changement de méthode en dehors de ce cadre doit être justifié par un changement significatif de la situation économique du bien et mentionné en annexe des comptes.

Que se passe-t-il si je revends un bien avant la fin de son plan d’amortissement ?

La cession sort le bien du bilan. Vous comparez le prix de vente à la VNC à la date de cession. Si le prix est supérieur à la VNC : plus-value de cession, imposable (à court terme, intégrée au résultat ordinaire). Si le prix est inférieur : moins-value, déductible. Les amortissements cumulés restent acquis. Notez que si le bien était amorti en dégressif, sa VNC est plus faible qu’en linéaire, ce qui augmente mécaniquement la plus-value imposable à la cession.

Quel impact l’amortissement a-t-il sur ma trésorerie ?

L’impact est indirect, mais réel. L’amortissement est une charge non décaissée : aucun argent ne sort de l’entreprise au moment de l’écriture. En revanche, la dotation réduit le résultat imposable, ce qui diminue l’impôt sur les sociétés (ou l’impôt sur le revenu). Pour un bien de 30 000 € amorti sur 5 ans avec un taux d’IS de 25 %, l’économie fiscale annuelle est de 30 000 € × 20 % × 25 % = 1 500 €, soit 7 500 € sur la durée totale. Le choix du dégressif accélère cette économie sur les premières années, sans en augmenter le montant total.

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Sources principales : [Plan Comptable Général, articles 214-11 à 214-15 (Légifrance)](https://www.legifrance.gouv.fr) • [BOFiP, série BIC-AMT (bofip.impots.gouv.fr)](https://bofip.impots.gouv.fr) • [Article 39 A du Code général des impôts](https://www.legifrance.gouv.fr) • [Bpifrance Création, fiche Amortissements](https://bpifrance-creation.fr/encyclopedie/fiscalite-lentreprise/fiscalite-divers/amortissements)

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