En août, profitez de 2 mois offerts sur Djaboo avec le code : DJABOO26 → J'en profite

Modèle de feuille de temps

La feuille de temps est le document de référence pour enregistrer et justifier les heures travaillées dans votre entreprise. Voici tout ce qu’un dirigeant de TPE ou PME doit savoir pour la mettre en place correctement.


    5/5 - (562 votes)

    Qu’est-ce qu’une feuille de temps ?

    Une feuille de temps est un document, papier ou numérique, qui recense les périodes de travail d’un salarié ou d’un prestataire. Elle enregistre, pour chaque journée, les heures de début et de fin de travail, les pauses, les éventuelles absences et les heures supplémentaires réalisées.

    On parle aussi de feuille de présence, de relevé d’heures ou de timesheet. Ces termes désignent le même outil, dont la forme varie selon la taille de l’entreprise, le secteur d’activité et les besoins de gestion : suivi de la paie, facturation client, pilotage de projet ou contrôle des heures supplémentaires.

    La feuille de temps s’adresse à tous les profils : salariés en CDI ou CDD, intérimaires, alternants, mais aussi freelances qui doivent rendre compte du temps passé sur une mission pour pouvoir facturer leur client.

    L’employeur est-il obligé de décompter le temps de travail ?

    Oui, dans la majorité des situations. L’article L. 3171-2 du Code du travail impose à l’employeur d’établir les documents nécessaires au décompte de la durée de travail lorsque tous les salariés d’un service ne travaillent pas selon le même horaire collectif affiché.

    Concrètement, l’article D. 3171-8 du même code précise que ce décompte doit être effectué :

    • quotidiennement, par enregistrement des heures de début et de fin de chaque période de travail ;
    • chaque semaine, par récapitulation du nombre d’heures accomplies par chaque salarié concerné.

    Seuls les salariés soumis à un horaire collectif affiché et identique pour l’ensemble du service sont dispensés d’un décompte individuel. Pour tous les autres, y compris les salariés dont l’organisation du temps de travail est simplement individualisée, le suivi est obligatoire. La Cour de cassation l’a rappelé dans un arrêt du 13 novembre 2025 (n° 23-19.055) : l’absence d’horaire collectif suffit à déclencher l’obligation, quelle que soit l’organisation retenue.

    Le non-respect de cette obligation expose l’employeur à une amende administrative pouvant atteindre 4 000 euros par salarié concerné (article L. 8115-1 du Code du travail). En cas de litige sur les heures travaillées, l’absence de relevés fragilise également la position de l’employeur devant le juge.

    Pour les salariés au forfait jours, le décompte prend une forme différente : il s’agit d’un récapitulatif annuel du nombre de journées ou demi-journées travaillées, accompagné d’un suivi régulier de la charge de travail.

    Que doit contenir une feuille de temps ?

    Le Code du travail ne fixe pas de modèle imposé, mais les informations suivantes doivent figurer dans tout relevé pour qu’il soit exploitable et conforme :

    Colonne Contenu attendu Obligatoire
    Identité du salarié Nom, prénom, poste ou service Oui
    Période couverte Jour, semaine ou mois concerné Oui
    Heure de début Heure de prise de poste effective Oui
    Heure de fin Heure de fin de service effective Oui
    Pauses Durée et horaires des pauses non travaillées Oui
    Heures nettes travaillées Total journalier après déduction des pauses Oui
    Heures supplémentaires Heures au-delà de la durée contractuelle, à distinguer des heures normales Recommandé
    Absences et motifs Congé, maladie, jour férié, RTT Recommandé
    Projet ou client Affectation du temps à une mission ou un dossier Selon usage
    Signature Signature du salarié et, le cas échéant, du responsable Recommandé

    Selon les besoins de l’entreprise, d’autres colonnes peuvent être ajoutées : équipe d’appartenance, taux de majoration applicable aux heures supplémentaires, astreintes ou déplacements.

    Les différents usages de la feuille de temps

    Suivi des heures travaillées

    C’est l’usage le plus courant et le plus directement lié aux obligations légales. La feuille de temps permet de vérifier que chaque salarié respecte sa durée contractuelle, que les repos légaux sont bien observés et que les durées maximales de travail ne sont pas dépassées. Elle sert de base au calcul de la paie et constitue la pièce justificative en cas de contrôle de l’inspection du travail ou de l’URSSAF.

    Refacturation client

    Pour les entreprises de services, les agences, les cabinets de conseil ou les équipes de freelances, la feuille de temps est l’outil central de la facturation. Chaque heure passée sur un dossier est enregistrée et rattachée au client concerné. Le relevé devient alors la base du bon de travail ou de la facture émise. Sans ce suivi, il est impossible de justifier le montant facturé ni de défendre sa position en cas de contestation.

    Analyse de la rentabilité d’un projet

    En rapprochant le temps réellement passé sur un projet du budget initialement prévu, le dirigeant peut mesurer si la mission a été rentable. Un projet facturé à forfait peut se révéler déficitaire si les heures réelles dépassent les heures estimées. La feuille de temps rend cette réalité visible et permet d’ajuster les devis futurs, de renégocier certains contrats ou d’identifier les tâches qui consomment trop de ressources par rapport à leur valeur produite.

    Gestion des heures supplémentaires

    La feuille de temps est le seul document permettant de tracer de façon fiable les heures effectuées au-delà de la durée légale ou contractuelle. Elle permet de calculer les majorations dues (25 % pour les huit premières heures supplémentaires, 50 % au-delà, sauf dispositions conventionnelles différentes), de suivre le cumul des heures depuis le début de l’année et de gérer les repos compensateurs acquis. En cas de litige, c’est ce document que le juge demandera en premier.

    Feuille de temps papier, tableur ou logiciel ?

    Trois formats coexistent, chacun avec ses avantages et ses limites selon la taille de l’équipe et la complexité des besoins.

    La feuille papier reste utilisée dans certaines structures de très petite taille ou pour des équipes terrain sans accès à un outil numérique. Elle est simple à mettre en place, mais difficile à centraliser, à analyser et à conserver dans de bonnes conditions sur la durée.

    Le tableur (Excel ou Google Sheets) est la solution la plus répandue dans les TPE et PME. Il offre une flexibilité de mise en forme, permet de créer des formules de calcul automatique et s’adapte facilement aux besoins spécifiques de chaque entreprise. Ses limites apparaissent quand l’équipe grandit : la consolidation des données devient chronophage, les risques d’erreur de saisie augmentent et la traçabilité des modifications est difficile à garantir.

    Le logiciel de gestion du temps apporte une réponse aux limites du tableur. La saisie est centralisée, les calculs sont automatisés, les données sont sécurisées et accessibles en temps réel par les responsables. Pour les entreprises qui gèrent simultanément plusieurs projets, plusieurs clients ou des équipes de freelances, le passage à un outil dédié représente un gain de temps administratif significatif et une meilleure fiabilité des données.

    Combien de temps conserver les relevés ?

    L’article L. 3243-4 du Code du travail impose de conserver les documents justificatifs relatifs aux heures de travail et à la paie pendant cinq ans. Cette durée correspond au délai de prescription en matière de salaires et couvre les éventuelles contestations ou contrôles.

    Cette obligation s’applique quelle que soit la forme du document : papier, fichier Excel ou données issues d’un système de pointage automatisé. L’employeur doit s’assurer que les données restent lisibles, intactes et accessibles pendant toute cette période. En cas de contrôle de l’URSSAF ou de l’inspection du travail, ces documents peuvent être réclamés à tout moment.

    Pour les données issues d’un système de pointage automatique, le RGPD impose par ailleurs de ne pas conserver les données personnelles au-delà de ce qui est nécessaire à leur finalité. La durée de cinq ans est cohérente avec les obligations légales, mais il est recommandé d’anonymiser ou de supprimer les données qui ne sont plus utiles une fois ce délai écoulé.

    Les erreurs les plus fréquentes

    Ne pas saisir les heures en temps réel

    Remplir la feuille de temps en fin de semaine ou en fin de mois de mémoire est une source d’imprécisions. Les heures oubliées, les pauses mal mémorisées ou les débuts de journée approximatifs s’accumulent et faussent le relevé. La bonne pratique est de saisir les heures chaque jour, idéalement au moment de la prise et de la fin de poste.

    Omettre les pauses

    Les pauses doivent être déduites du temps de travail effectif. Ne pas les mentionner gonfle artificiellement le total d’heures et peut entraîner des erreurs de paie ou des contestations. Le Code du travail impose de documenter les temps de pause : leur omission peut être relevée lors d’un contrôle.

    Confondre temps de présence et temps de travail effectif

    Le temps de travail effectif est le temps pendant lequel le salarié est à la disposition de l’employeur et se conforme à ses directives. Une pause déjeuner, une période d’astreinte non active ou un trajet domicile-travail ne sont pas du temps de travail effectif au sens légal. Intégrer ces temps dans le décompte fausse les calculs et peut créer des droits à heures supplémentaires non justifiés.

    Ne pas faire valider le relevé

    Une feuille de temps non signée par le salarié et le responsable a une valeur probatoire limitée. En cas de litige, l’absence de validation contradictoire affaiblit la position de l’employeur. Il est recommandé de mettre en place un circuit de validation régulier, hebdomadaire ou mensuel, avec signature des deux parties.

    Utiliser un modèle non adapté à l’activité

    Un modèle générique peut ne pas prévoir les colonnes nécessaires à votre activité : affectation par projet, distinction entre types d’heures, suivi des astreintes ou des déplacements. Un relevé incomplet est un relevé inutilisable pour la facturation ou le pilotage. Prenez le temps de paramétrer votre modèle selon vos besoins réels avant de le déployer.

    Ne pas conserver les relevés assez longtemps

    Supprimer les feuilles de temps après quelques mois, ou ne pas les archiver correctement, expose l’entreprise à une incapacité à justifier les heures travaillées en cas de contrôle ou de contentieux. L’obligation légale de conservation est de cinq ans : mettez en place un archivage systématique, numérique de préférence, dès la validation de chaque relevé.

    Djaboo permet de suivre les heures travaillées, d’affecter le temps par projet ou par client et de générer des relevés prêts à l’emploi, depuis une interface conçue pour les dirigeants de TPE et PME. Créez un compte gratuit sur Djaboo pour accéder au modèle de feuille de temps et commencer à structurer votre suivi du temps dès aujourd’hui.

    Questions fréquemment posées

    FAQ sur nos modèles de feuille de temps

    La feuille de temps est-elle obligatoire pour les auto-entrepreneurs et freelances ?
    Un auto-entrepreneur ou un freelance n'est pas soumis aux obligations du Code du travail en tant que salarié. Cependant, tenir une feuille de temps est fortement recommandé pour justifier le temps passé sur chaque mission, établir des factures détaillées et défendre sa position en cas de litige avec un client. Certains contrats de prestation l'imposent explicitement.
    Peut-on utiliser un système déclaratif, où c'est le salarié qui renseigne lui-même ses heures ?
    Oui. Le Code du travail n'impose pas de mode de décompte précis. Un relevé auto-déclaratif est admis, à condition qu'il soit régulièrement vérifié et validé par l'employeur. Le Conseil d'État a précisé, dans une décision du 17 avril 2025 (n° 492418), qu'un système prérempli avec correction ultérieure est valide dès lors que les corrections sont effectuées pour chaque jour et chaque semaine de travail.
    Faut-il une feuille de temps différente pour chaque projet ?
    Pas nécessairement. Un seul document peut suffire si une colonne permet d'affecter chaque ligne de temps à un projet ou à un client. Pour les entreprises qui gèrent de nombreux projets simultanément ou qui facturent au temps passé, un relevé ventilé par projet facilite la facturation et l'analyse de rentabilité. La structure du modèle doit être adaptée à la réalité de votre activité.
    Un salarié peut-il refuser de remplir sa feuille de temps ?
    Non. Dès lors que l'employeur a mis en place un système de décompte du temps de travail, le salarié est tenu de le renseigner. Le refus de remplir les relevés peut constituer une faute professionnelle. Il appartient à l'employeur de communiquer clairement les règles et de s'assurer que le circuit de validation est respecté.
    La feuille de temps suffit-elle à prouver des heures supplémentaires ?
    Elle constitue un élément de preuve important, mais pas nécessairement suffisant à elle seule. En cas de litige, la Cour de cassation applique un régime de preuve partagée : le salarié présente des éléments suffisamment précis sur les heures qu'il prétend avoir accomplies, puis l'employeur doit y répondre avec ses propres justificatifs. Une feuille de temps régulièrement tenue, signée et archivée renforce considérablement la position de l'employeur.
    Peut-on conserver les feuilles de temps uniquement au format numérique ?
    Oui. Le Code du travail n'impose pas la conservation sur support papier. Un fichier numérique est admis, à condition qu'il soit intègre, lisible et accessible pendant toute la durée légale de conservation. Si vous utilisez un logiciel de gestion du temps, vérifiez que les données exportées ou archivées restent exploitables indépendamment de l'outil, en cas de changement de solution ou de contrôle externe.