En août, profitez de 2 mois offerts sur Djaboo avec le code : DJABOO26 → J'en profite

Modèle de solde de tout compte

Chaque rupture de contrat de travail, qu’elle soit à l’initiative du salarié ou de l’employeur, impose à l’entreprise de remettre un document récapitulatif des sommes versées : le solde de tout compte. 


    5/5 - (562 votes)

    Ce document est une obligation légale prévue à l’article L. 1234-20 du Code du travail. Il concerne tous les types de contrats, CDI comme CDD, et tous les motifs de rupture, sans exception. Pour les dirigeants et responsables RH de TPE et PME, bien maîtriser ce document, c’est éviter des litiges prud’homaux souvent coûteux et chronophages.

    Cette page vous présente les règles essentielles à connaître : contenu obligatoire, délais, types de rupture concernés, erreurs à éviter et réponses aux questions les plus fréquentes. Vous y trouverez également un modèle de document prêt à l’emploi, téléchargeable gratuitement.

    Qu’est-ce qu’un solde de tout compte ?

    Le solde de tout compte est un document établi par l’employeur qui dresse l’inventaire de l’ensemble des sommes versées au salarié à l’occasion de la rupture de son contrat de travail. Il est remis au salarié contre reçu : ce reçu s’appelle le reçu pour solde de tout compte.

    Ces deux notions sont distinctes : le solde de tout compte désigne les sommes elles-mêmes (salaire, congés payés, indemnités), tandis que le reçu est le document que le salarié peut signer pour attester les avoir perçues. La confusion entre les deux amène souvent des salariés à croire qu’ils sont obligés de signer pour être payés. Ce n’est pas le cas : la signature est facultative et ne conditionne pas le versement des sommes dues.

    Le document doit être établi en double exemplaire, mention en est faite sur le reçu lui-même. Un exemplaire est conservé par l’employeur, l’autre est remis au salarié. Cette formalité est imposée par l’article D. 1234-7 du Code du travail.

    Quand le solde de tout compte est-il obligatoire ?

    L’établissement du solde de tout compte est une obligation légale absolue, quelle que soit la taille de l’entreprise, la nature du contrat ou le motif de la rupture. L’article L. 1234-20 du Code du travail ne prévoit aucune exception.

    Le document doit être remis au salarié à la date de fin du contrat de travail, c’est-à-dire à l’expiration du préavis lorsque celui-ci est effectué. Si le salarié est dispensé de préavis par l’employeur, le reçu peut lui être remis le jour où il quitte physiquement l’entreprise.

    Le solde de tout compte est un document dit quérable et non portable : l’employeur a l’obligation d’informer le salarié que le document est tenu à sa disposition, mais il n’est pas tenu de le lui envoyer à domicile. En pratique, il est fortement conseillé de remettre le document en main propre contre décharge, ou par lettre recommandée avec accusé de réception, afin de conserver une preuve traçable de la remise.

    Un retard significatif dans la remise du document expose l’employeur à une demande de dommages et intérêts devant le conseil de prud’hommes, si le salarié est en mesure de démontrer un préjudice.

    Que doit contenir un solde de tout compte ?

    Pour être valable et produire un effet libératoire, le reçu pour solde de tout compte doit faire l’inventaire précis et détaillé de chaque somme versée. Une mention globale, du type « versement de X euros pour solde de tout compte », est insuffisante : la jurisprudence de la Cour de cassation exige que chaque poste soit identifiable séparément (Cass. soc., 14 février 2018, n° 16-16.617). Un renvoi au bulletin de salaire annexé, sans détailler chaque ligne dans le reçu lui-même, ne suffit pas non plus.

    Le tableau ci-dessous liste les éléments à faire figurer selon la situation du salarié :

    ÉlémentObligatoire dans tous les casPrécisions
    Salaire du dernier moisOuiCalculé au prorata des jours travaillés jusqu’au dernier jour du contrat, heures supplémentaires et primes du mois incluses.
    Indemnité compensatrice de congés payésOuiCouvre les jours de congés acquis et non pris. Calculée selon la méthode la plus favorable au salarié : 1/10e de la rémunération brute de la période de référence ou maintien de salaire (art. L. 3141-24 du Code du travail).
    Indemnité compensatrice de préavisSi le salarié est dispensé de préavis à la demande de l’employeurÉquivaut au salaire brut que le salarié aurait perçu s’il avait travaillé pendant la durée du préavis (art. L. 1234-5 du Code du travail). Non due en cas de faute grave ou lourde.
    Heures supplémentaires non régléesSi applicableToutes les heures supplémentaires réalisées et non encore rémunérées à la date de rupture.
    Primes dues (13e mois, ancienneté, objectifs…)Si prévues au contrat ou à la convention collectiveVersées au prorata temporis si le salarié quitte l’entreprise en cours de période de référence.
    Jours de RTT non prisSi applicableDoivent être soldés à la rupture, sauf accord collectif prévoyant un traitement spécifique.
    Indemnité légale ou conventionnelle de licenciementEn cas de licenciement (après 8 mois d’ancienneté)Calculée selon le barème légal (1/4 de mois par année jusqu’à 10 ans, 1/3 au-delà) ou le barème conventionnel si plus favorable (art. L. 1234-9 et R. 1234-2 du Code du travail). Non due en cas de faute grave ou lourde.
    Indemnité spécifique de rupture conventionnelleEn cas de rupture conventionnelle homologuéeAu minimum égale à l’indemnité légale de licenciement.
    Indemnité de fin de CDD (prime de précarité)En cas de fin de CDD, sauf exceptions légalesÉgale à 10 % de la rémunération brute totale versée pendant le contrat (art. L. 1243-8 du Code du travail). Non due notamment pour les contrats saisonniers ou d’usage, ou en cas de faute grave du salarié (art. L. 1243-10).
    Mention du double exemplaireOuiLe reçu doit mentionner qu’il est établi en deux exemplaires originaux dont l’un est remis au salarié (art. D. 1234-7 du Code du travail).

    Le salaire de référence utilisé pour calculer les indemnités est la moyenne la plus favorable entre les trois et les douze derniers mois de salaire brut (art. R. 1234-4 du Code du travail). Les remboursements de frais professionnels sont exclus de cette assiette.

    Les types de rupture concernés

    Le solde de tout compte est dû pour toute cessation de contrat de travail, sans distinction de motif ni de type de contrat. Voici les situations les plus courantes en TPE et PME :

    Démission

    Le salarié en CDI qui démissionne a droit à un solde de tout compte. Il perçoit son salaire du mois en cours, l’indemnité compensatrice de congés payés et les éventuelles primes dues. En revanche, il ne perçoit pas d’indemnité de licenciement ni, en principe, d’indemnité compensatrice de préavis s’il effectue son préavis. Si l’employeur le dispense d’effectuer ce préavis, l’indemnité compensatrice correspondante est due.

    Licenciement

    Qu’il soit pour motif personnel, pour faute simple, pour faute grave ou pour motif économique, le licenciement ouvre droit à un solde de tout compte. La composition de ce solde varie selon la gravité de la faute : en cas de faute grave ou lourde, ni l’indemnité de licenciement ni l’indemnité compensatrice de préavis ne sont dues. En cas d’inaptitude d’origine professionnelle, l’indemnité spéciale de licenciement est égale au double de l’indemnité légale, et l’indemnité compensatrice de préavis reste due même si le salarié ne peut l’exécuter (art. L. 1226-14 du Code du travail).

    Rupture conventionnelle

    La rupture conventionnelle homologuée donne lieu à une indemnité spécifique de rupture conventionnelle, dont le montant ne peut être inférieur à l’indemnité légale de licenciement. Ce mode de rupture est soumis à une contribution patronale spécifique, dont le taux a été porté à 40 % depuis le 1er janvier 2026 (LFSS 2026, art. 15). Le solde de tout compte doit mentionner cette indemnité distinctement.

    Fin de CDD

    À l’échéance d’un CDD, l’employeur doit verser une indemnité de fin de contrat, dite prime de précarité, égale à 10 % de la rémunération brute totale versée pendant toute la durée du contrat (art. L. 1243-8 du Code du travail). Cette indemnité n’est pas due dans plusieurs cas limitativement prévus par la loi : contrat saisonnier ou d’usage, faute grave du salarié, rupture à l’initiative du salarié, ou refus par le salarié d’un CDI proposé pour le même emploi, au même lieu et à une rémunération au moins équivalente (depuis la loi du 21 décembre 2022).

    Le reçu pour solde de tout compte et son délai de dénonciation

    La signature du reçu par le salarié produit un effet juridique important, mais encadré. Conformément à l’article L. 1234-20 du Code du travail, le reçu signé peut être dénoncé par le salarié dans un délai de six mois à compter de sa date de signature. Ce délai court à partir de la date apposée sur le document, et non à partir du dernier jour travaillé.

    Passé ce délai de six mois sans dénonciation, le reçu devient libératoire pour l’employeur : le salarié ne peut plus contester les sommes qui y sont expressément mentionnées. Cet effet libératoire est strictement limité aux sommes détaillées dans le document. Une somme absente du reçu, ou formulée de manière trop vague, reste contestable dans les délais de prescription de droit commun, soit trois ans pour les créances salariales (art. L. 3245-1 du Code du travail).

    La dénonciation doit être effectuée par lettre recommandée avec accusé de réception adressée à l’employeur, en identifiant les sommes contestées (art. D. 1234-8 du Code du travail). Elle peut être globale ou ne viser qu’un poste précis.

    Si le salarié ne signe pas le reçu, le document ne produit aucun effet libératoire. L’employeur ne peut pas conditionner le versement des sommes dues à la signature du salarié. En l’absence de signature, les délais de prescription applicables varient selon la nature des sommes contestées :

    • 1 an pour les sommes liées à la rupture du contrat (indemnité de licenciement, indemnité de préavis) ;
    • 2 ans pour les sommes liées à l’exécution du contrat (remboursements de frais, par exemple) ;
    • 3 ans pour les créances salariales (salaires, heures supplémentaires, primes).

    La Cour de cassation a confirmé dans un arrêt du 14 novembre 2024 (Cass. soc., n° 21-22.540) qu’un reçu non signé ne constitue pas une preuve du paiement des sommes qui y sont mentionnées, et que l’absence de signature ne suspend pas automatiquement les délais de prescription.

    Les erreurs les plus fréquentes

    Les erreurs sur le solde de tout compte sont une source fréquente de contentieux prud’homaux. Voici les plus courantes, côté employeur comme côté salarié.

    Omettre de proratiser les éléments variables

    Le 13e mois, les primes d’objectifs ou les primes d’ancienneté doivent être versés au prorata temporis lorsque le salarié quitte l’entreprise en cours de période de référence. Cet oubli est l’une des sources d’erreur les plus fréquentes et les plus facilement contestables aux prud’hommes.

    Mal calculer l’indemnité compensatrice de congés payés

    L’indemnité de congés payés doit être calculée selon deux méthodes, et l’employeur est tenu d’appliquer la plus favorable pour le salarié : la règle du 1/10e de la rémunération brute totale perçue sur la période de référence, ou le maintien de salaire. Appliquer systématiquement l’une sans comparer les deux est une erreur fréquente.

    Appliquer le barème légal de licenciement sans consulter la convention collective

    La convention collective applicable à l’entreprise peut prévoir un barème d’indemnité de licenciement plus favorable que le barème légal. Dans ce cas, c’est le barème conventionnel qui s’applique obligatoirement. Ne pas vérifier ce point avant de calculer l’indemnité expose l’employeur à un rappel de sommes majoré.

    Rédiger le reçu avec des mentions trop vagues

    Un reçu qui mentionne une somme globale sans détailler chaque poste n’a pas de valeur libératoire, même s’il est signé par le salarié et que le délai de six mois est dépassé. La jurisprudence est constante sur ce point (Cass. soc., 18 décembre 2013, n° 12-24.985).

    Oublier de mentionner le double exemplaire

    L’article D. 1234-7 du Code du travail impose de mentionner sur le reçu qu’il est établi en deux exemplaires originaux dont l’un est remis au salarié. Cette mention, souvent omise, est une condition de forme du document.

    Conditionner le paiement à la signature du reçu

    L’employeur ne peut pas subordonner le versement des sommes dues à la signature du reçu par le salarié. Cette pratique est irrégulière et expose l’entreprise à une action prud’homale. Le salarié qui refuse de signer doit tout de même percevoir les sommes qui lui sont dues.

    Remettre le document en retard

    Le solde de tout compte doit être remis à la date de fin du contrat. Un retard significatif, notamment de deux à trois mois, peut justifier l’allocation de dommages et intérêts au profit du salarié par le conseil de prud’hommes, si celui-ci démontre un préjudice.

    Vous souhaitez télécharger un modèle de reçu pour solde de tout compte conforme aux exigences du Code du travail ? Créez un compte gratuit sur Djaboo pour accéder au modèle, le personnaliser en quelques minutes et le conserver dans votre espace documentaire RH, aux côtés de vos autres documents de fin de contrat.

    Questions fréquemment posées

    FAQ sur nos modèles de solde de tout compte

    Le salarié est-il obligé de signer le reçu pour solde de tout compte ?
    Non. La signature du reçu pour solde de tout compte est facultative pour le salarié. Le Code du travail ne l'impose pas. Le refus de signer ne constitue pas une faute et ne peut pas justifier un retard ou un refus de paiement de la part de l'employeur. La signature a uniquement pour effet de déclencher le délai de dénonciation de six mois et, à l'expiration de ce délai, de conférer un effet libératoire à l'employeur pour les sommes précisément mentionnées dans le document.
    Que se passe-t-il si une somme est oubliée dans le reçu ?
    L'effet libératoire du reçu signé ne couvre que les sommes expressément mentionnées dans le document. Une somme due mais absente du reçu reste contestable par le salarié dans les délais de prescription de droit commun, soit trois ans pour les créances salariales (art. L. 3245-1 du Code du travail), et ce même si le délai de six mois est dépassé. C'est pour cette raison que le détail poste par poste est indispensable.
    Un salarié licencié pour faute grave a-t-il droit à un solde de tout compte ?
    Oui. Le reçu pour solde de tout compte est dû quelle que soit la cause de la rupture, y compris en cas de faute grave ou lourde. Seules certaines composantes du solde sont écartées dans ces situations : l'indemnité légale de licenciement et l'indemnité compensatrice de préavis ne sont pas dues en cas de faute grave ou lourde. Le salarié perçoit en revanche son salaire du mois en cours et son indemnité compensatrice de congés payés.
    Comment le salarié peut-il dénoncer le reçu ?
    La dénonciation doit être adressée à l'employeur par lettre recommandée avec accusé de réception, dans les six mois suivant la date de signature du reçu (art. D. 1234-8 du Code du travail). Le courrier doit identifier les sommes contestées. Il peut viser l'ensemble du document ou un seul poste. La dénonciation n'a pas à être motivée, mais plus elle est précise et documentée, plus elle sera efficace en cas de litige ultérieur devant le conseil de prud'hommes.
    Quelle est la différence entre le solde de tout compte et le certificat de travail ?
    Ce sont deux documents distincts, remis simultanément à la fin du contrat, mais qui n'ont pas le même objet. Le solde de tout compte récapitule les sommes versées au salarié à l'occasion de la rupture. Le certificat de travail, lui, atteste de la durée de l'emploi et des fonctions exercées dans l'entreprise : il est indispensable au salarié pour sa recherche d'emploi. L'employeur doit remettre les deux documents en même temps que le dernier bulletin de paie et l'attestation France Travail.
    Que faire si l'employeur refuse de remettre le solde de tout compte ou tarde à le faire ?
    Le salarié peut adresser une mise en demeure à l'employeur par lettre recommandée avec accusé de réception, en citant l'article L. 1234-20 du Code du travail et en demandant la remise du document dans un délai raisonnable. En l'absence de réponse, il peut saisir le conseil de prud'hommes en référé pour obtenir la remise du document, éventuellement assortie d'une astreinte journalière. Il peut également demander des dommages et intérêts si le retard lui a causé un préjudice démontrable, par exemple en l'empêchant de faire valoir ses droits à l'assurance chômage.